‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 121 sur 300 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

vement, et selon le besoin, le développement des autres lois politiques, ses grands eussent consenti à suspendre l'exercice d'un droit dont il est à désirer, pour toutes les sociétés, qu'elles ne fassent jamais usage. C'était le conseil de la raison, parce que c'était la volonté de la nature.

Rousseau lui-même est forcé d'en convenir : « Les Polo- » nais, dit-il, ont toujours eu du penchant à transmettre la » couronne du père au fils, ou au plus proche parent. » Philosophe aveugle! ce n'est pas un penchant dans les hommes, c'est la volonté générale de la société qui tend à se continuer. (( Il est étonnant, dit-il encore, il est prodigieux que la vaste » étendue de la Pologne n'ait pas cent fois opéré la conversion » du gouvernement au despotisme, abâtardi les armes des » Polonais, et corrompu la masse de la nation. » Dans cette phrase pompeuse, il n'y a que des mots et pas un raisonnement : il n'y a que la démocratie dont la conversion s'opère au despotisme, parce que ces deux formes de gouvernement sont essentiellement les mêmes; mais la conversion de la monarchie se fait nécessairement en une monarchie plus constituée, parce que la constitution monarchique a un principe intérieur de perfectionnement; ou la société se détruit, si des causes particulières s'opposent au développement de son principe intérieur.

Il était donc dans la nature des choses, que la conversion infaillible et prochaine du gouvernement de la Pologne se fît en une monarchie constituée, ou que cette malheureuse société achevât de se dissoudre; car une société assez puissante, pour avoir en elle-même le principe de sa conservation, qui ne peut pas remplir sa fin et conserver les êtres qui la composent, est contre les vues de la nature, et elle ne peut ni ne doit subsister.

236 THÉORIE DU POrV'OIR.

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