LIVRE V
Si la liberté est l'essence du gouvernement républicain, pourquoi les républiques exercent-elles sur les provinces sujettes du corps de l'État une domination si tyrannique? Montesquieu prouve qu'une république ne peut gouverner ses États-sujets que despotiquement. [Esprit des lois, xi, 19.) En parlant de la république Romaine, il appelle les proconsuls les bâchas de la république; et il dit que « la liberté était au » centre, et la tyrannie aux extrémités. »
Voilà des faits, et voici des autorités qui ne seront pas suspects :
« La démocratie et l'aristocratie ne sont pas des États libres » par la nature... Les Goths conquérant l'empire Romain, » fondèrent partout la monarchie et la liberté; les peuples du » Nord de l'Europe l'ont conquise en hommes libres... Ils ont » été la source de la liberté de l'Europe, c'est-à-dire, de presto que toute celle qui existe aujourd'hui parmi les hommes. » [Esprit des lois, xi, 4.) Or les peuples du Nord ne fondèrent nulle part de république.
ques. Je crois que les mœurs des grands peuvent influer, en bien ou eu ma!, sur les mœurs publiques, et qu'ils sont même les seuls à qui la politique prescrive des mœurs décentes, et quelquefois des mœurs austères. Je crois que l'histriomanie a beaucoup aidé à la corruption de nos mœurs, parce qu'il ne convient pas de faire un amusement domestique de ce qui doit être tout an plus une institution nationale : je crois que ce qu'on appelait à Paris les petits spectacles étaient des établissements infâmes, indignes d'une nation, je ne dis pas chrétienne, mais policée; de véritables écoles de prostitution, où l'on corrompait des enfants, pour corrompre par eux le peuple. Ce ne sont pas les plaisirs qu'il faut lui procurer; il faut lui faire goûter son bonheur, et non pas chercher à lui faire oublier sa misère; car il est alors le peuple le plus dangereux qui existe, un peuple misérable et corrompu.