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OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LE CARACTÈRE NATIONAL

Si Ton rapproche les applications que nous venons de faire, des observations précédentes, pour en déduire des conséquences I. 33

f^cnérales el pratiques sur les causes morales et physiques qui peuvent influer sur le caractère national, on remarquera :

1° Que chez les anciens, comme chez les modernes, les peuples qui ont montré le plus de caractère, ont été ceux qui, dans la société politique comme dans la société religieuse, ont eu le plus d'objets à leurs affections sociales, et des objets envers lesquels l'amour ^ principe des sociétés constituées, pouvait se tnanifester par les sens. Celte proposition ne peut être entièrement développée que dans la Théorie du pouvoir religieux;

2° Que le caractère national se formant par les habitudes el les affections religieuses et politiques, tout changement dans les unes ou dans les autres qui interrompt les habitudes, et déplace l'objet des affections, toute loi civile ou criminelle, tout mode de châtiment ou même de récompense qui choque les sentiments et les opinions d'une société constituée, ne peut qu'altérer le caractère national;

3" Que la loi politique la plus urgente, la dette la plus sacrée des souverains, le plus ferme appui de la constitution, comme Ja garde la plus fidèle de leur personne, est une éducation sociale ou publique, analogue aux professions des familles dont les impressions aussi aisées à former, que difficiles à détruire, impriment dans le cœur de la génération naissante, le respect pour les lois fondamentales et les propriétés sociales, le respect pour la religion, l'affection pour la personne du monarque et pour sa famille, la considération pour les professions distinguées;

4" Que puisqu'un des effets les plus marqués du caractère national est de donner à un peuple une haute opinion de luimême, et par conséquent une opinion moins avantageuse des autres peuples, tout gouvernement, dans une société constituée qui souffre qu'il s'introduise dans la langue, dans les mœurs, dans les usages, dans la littérature même, un goût général d'imitation de quelque autre peuple dont il semble avouer ainsi la supériorité, altère le caractère national. L'expérience vient à l'appui de cette observation. Le Français, sous Louis XIV,

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