‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 239 sur 300 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

lure : avec les arts utiles qui conservent la société, naissent les arts agréables qui l'embellissent; Jubal découvre l'art de varier les sons, et sans doute d'y adapter des paroles, car la poésie a dû naître aussitôt que la musique. La fable atteste toutes ces vérités par ses fictions, comme l'histoire par ses monuments, et la tradition par ses souvenirs.

On aperçoit chez les premiers hommes la croyance de peines éternelles pour le crime, de récompenses éternelles pour la vertu.

Un des pères du genre humain avait dérobé un meurtre à la connaissance des hommes; mais il n'avait pu échapper à ses remords ni à ses terreurs. Troublé de la pensée de son crime, Lamech dévoile à sa famille cet horrible mystère; dans sa frayeur, il désespère du pardon de son crime, et il en éternise le châtiment. J'ai tué deux hommes, dit-il, dans un accès de jalousie; mais j'en serai puni septante fois sept fois. On sait que ce nombre se prend, dans l'Ecriture, pour un nombre infini; et c'est dans ce sens que le divin fondateur du christianisme dit qu'il faut pardonner à son ennemi septante fois sept fois; quelques versets plus bas, il est dit qu'Hénoch, homme juste, ne meurt pas.

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