‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 41 sur 300 · DESPOTISME CHEZ LES ANCIENS PEUPLES · texte numérisé non relu

DESPOTISME CHEZ LES ANCIENS PEUPLES

Lorsque les premières réunions d'hommes se faisaient la guerre, la nécessité créait un pouvoir, parce qu'il ne peut y avoir d'armée sans chef. Le chef se perpétua dans sa place, parce que la guerre était continuelle; la société fut une armée et fut toute dans le camp. Si au milieu du tumulte des armes il 3^ eut un culte public, il eut des distinctions religieuses, parce qu'il ne peut exister de culte public sans ministes; mais il n'y en eut point d'autres, parce que là où tout est soldai, il ne peut y avoir de profession particulière des armes : les commandements du chef militaire furent les lois, parce que dans une armée la volonté du chef doit être, par la nature des choses, la volonté générale. C'est le despotisme; et l'on voit qu'il a dû succéder aux sociétés naturelles dans l'état sauvage, et que, par une raison d'analogie, appuyée sur les faits, il est l'héritier naturel cl immédiat de tous les gouvernements qui ne sont pas constitués, et nommément de l'état populaire.

Le despotisme n'est pas une constitution, puisqu'il n'a pas toutes les lois fondamentales ; ce n'est donc qu'une forme de gouvernenient.

L'effet des distinctions sociales étant : 1" de défendre la société par la nature de leurs fonctions; 2'' de limiter h pouvoir par leur indépendance, là où il n'y a point des distinctions sociales, le pouvoir n'est pas limité et la société n'est pas défendue.

« Mais le pouvoir le plus absolu est toujours limité par » quelque coin, » dit Montesquieu. Le pouvoir du despote était donc limité; mais la limite était aç/<o;i et non résistance.

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