‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 42 sur 300 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

force de mouvement et non force d'inertie : c'est-à-dire qu'elle était dans les hommes, parce qu'elle n'était pas dans les institutions, et qu'elle se trouvait dans les révoltes de la soldatesque ou dans l'insurrection populaire; et comme cette limite était désordonnée, elle était toujours excessive, et ne savait contenir les abus du pouvoir que par la déposition ou la mort du despote, c'est-à-dire par la destruction du pouvoir lui-même, ce qui n'est autre chose que la dissolution de la société.

La société n'était pas mieux défendue contre les passions de l'homme revêtu du pouvoir. Comme il était né dans la guerre et pour la guerre, il était guerrier et conquérant ; et parce qu'il n'y avait pas de classe déterminée de citoyens voués par leur naissance à la profession militaire, tous les citoyens étaient soldats, toutes les propriétés étaient impôt; et il se faisait une effroyable consommation d'hommes et de propriétés. Si l'ambition opprimait un sexe, la volupté opprimait l'autre : quand le gouvernement devint oppresseur, la religion devint cruelle : le sang des hommes coula dans les combats pour assouvir l'ambition des despotes, et sur les autels, pour apaiser la colère de ces affreuses divinités.

Je n'ai voulu parler que du despotisme chez les anciens peuples, et tel qu'il existait en Asie; je traiterai ailleurs des empires de l'Orient, que nous appelons despotiques, qui doivent leur naissance à d'autres causes, et produisent des effets différents.

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