‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 51 sur 300 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

voir si des lois qui lai ont paru sages comme législateur, lui conviendront comme sujet, je ne vois là plus rien de fondamental, rien de nécessaire. On peut élever des opinions contradictoires sur les occasions où le peuple devra ou ne devra pas faire des lois, et sur le plus ou le moins de probabilité qu'une loi qu'il a faite et même essayée, lui conviendra ou ne lui conviendra pas. Bien plus, dès que, malgré la loi fondamentale de sa souveraineté et de son pouvoir législatif, le peuple ne doit pas faire toutes les lois, ou qu'il n'est pas sûr de faire des lois qui lui conviennent; on peut dire que la démocratie peut périr par l'observation rigoureuse de ses propres lois fondamentales, comme la monarchie périt par l'inobservation des siennes.

Ces prétendues lois fondamentales ne sont donc que des lois politiques; et parce qu'elles n'ont rien de fondamental, rien de nécessaire, rien de fondé sur la nature de l'homme, ni sur celle de la société; mais qu'elles portent uniquement sur des convenances, des opinions et des volontés particulières; elles doivent changer comme les opinions, les volontés et les convenances.

Peut-être pourrait-on dire que la démocratie a réellement des lois fondamentales, mais négatives, parce qu'elle n'est pas une constitution, mais la négation de la constitution; en effet, ce qui constitue essentiellement la démocratie chez les modernes, est :

l'' Nulle religion publique; 2*" nul pouvoir unique; 3° nulles distinctions sociales permanentes. C'est parce que les lois fondamentales sont négatives, que ses lois politiques sont arbitraires; comme dans la monarchie, les lois politiques sont nécessaires, parce que les lois fondamentales sont positives.

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