‹ Œuvres de M. de BonaldChapitre 85 sur 300 · LIVRE iir · texte numérisé non relu

LIVRE iir

n'est que son parent; et il est dans la nature de l'homme qu'il ne soit pas jaloux de son Gis. D'un autre côté, le successeur désigné pourrait être tenté d'usurper la couronne sur son parent; et il est dans la nature de l'homme qu'il ne soit pas tenté de l'usurper sur son père.

3° Il est dans la nature que les femmes soient exclues de la succession :

V Parce que la nature n'a pas destiné ce sexe à ùire pouvoir, puisqu'elle ne lui a pas donné la force.

2*" Que, par conséquent, il est contre la nature qu'elle dirige la force publique, première fonction du pouvoir général.

3° Parce que la femme est destinée par la nature au mariage, c'est-à-dire à être dépendante, et qu'il est contre la nature du pouvoir que celui qui l'exerce soit assujéti, ou contre la nature delà société qu'il transporte de lui-même le pouvoir en d'autres mains.

Dès que le droit successif héréditaire à la couronne était (ixé dans l'aîné des mâles de la maison régnante, les mariages que les individus de cette famille pouvaient contracter ne devaient plus être indrfférents à la société : il était dans la nature de la société qu'elle ratifiât, par l'organe de sa volonté générale, des alliances qui devaient assurer la perpétuité de la succession.

La nécessité du consentement que donne la société, par l'organe du monarque, aux alliances que. contractent les membres de la famille régnante, est donc une loi politique, conséquence nécessaire, quoique médiate, de la loi fondamentale du pouvoir unique.

Ce rapport n'a été entièrement développé en France, et consacré par une loi positive, que dans le siècle dernier.

La régence n'est pas fixée en France, parce que la régence est une place de confiance, et qu'il est contre la nature des choses qu'une loi fixe, à l'avance et sans le connaître, celui qui doit occuper une place de confiance.

Le régent doit être désigné par le prince régnant; parce

qu'il est dans la nature de la société que son pouvoir-conservateur prenne à sa conservation l'intérêt le plus vif et le plus éclairé : et il est dans la nature de l'homme que personne ne prenne à la personne du fils un intérêt plus vif et plus éclairé que le père.

Mais si le prince régnant n'a pu faire ce choix, il est incontestable que la régence appartient de droit au plus proche parent du roi mineur; parce que, iteprésentant le chef de la famille dans l'ordre de la nature, il a tlroit, dans l'absence ou l'empêchement du chef, à représenter le pouvoir dans l'ordre de la constitution, et qu'ainsi l'on peut dire qu'il faut une loi pour l'exclure, mais qu'il n'en faut pas pour l'appeler. Telles sont les saines maximes, telle est la loi en France, parce que telle est la loi de la nature.

Quand Louis XVT, n'osant pas exclure son neveu de toute part aux affaires, nomma un conseil de régence, au lieu de nommer un régent, il commit une grande faute: il divisa le pouvoir : il manqua à la loi fondamentale; et par le fait, il déféra la régence au duc d'Orléans. On croit que le peu d'égard qu'eut le parlement de Paris pour les dernières volontés de ce prince, entraîna de grands malheurs : mais qui peut connaître les désordres qu'eût entraînés le mépris de la loi fondamentale du pouvoir unique?

Je passe aux distinctions sociales : elles ont subi des développements qu'il importe de remarquer.

Le sacerdoce ne pouvait plus être une profession héréditaire sous une religion qui prescrivait le célibat à ses ministres; mais, comme tout y était spirituel, la succession devint spirituelle : l'effet politique, c'est-à-dire Teffet de limiter le pouvoir par l'indépendance de la profession et l'inamovibilité de la personne, n'en acquit que plus de force; mais, par la faute de l'homme qui met partout ses passions à la place de ses devoirs, cette force quelquefois devint excessive.

Les besoins de l'homme en société se multipliaient, et les besoins réels créent les arts utiles, comme les arts superflus

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