I.'ÉVEILLÉ
Moi? Eh mais... Tatigoi! aile est bien drôlette !
Ain : 0 ricaiidaiiie, ô ricandon.
Et pourquoi non, mon biau tendron ?
0 ricandaine, ô ricandon.
Quoique j'ayons l'air un peu rond,
J'en savons long. .
Avec ce petit bec mignon, Votre recharche n'est pas vaine.
Le joli minois que voilà !
Pour vous il me parle déjà.
(il rit.)
Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ali !
Çà puisque l'esprit est sur jeu, Par )a jarni, je sens bian que...
Oui, je vous en baillerai,
0 ricandaine ; Je vous en donnerai,
0 ricandé.
NICETTE
Air : Donnez, amant; mais donnez liicn.
(Vtuderille du MAo.MriQcs.)
Vos bontés me rendent confuse :
Me ferez- vous de tels présents ?
.\ moi qui n'ai que quatorze ans.
I,'ÉVE1LLÉ.
Jamais l'esprit ne se refuse...
Laissez faire, je vous donnerai tout ce (|ue j'en ai;
NICETTE
.\iii : Non, je ne veux pas rire.
i-Vpart.) Me donner tout l'esprit qu'il a ! (bit.) Vaux -je la peine de cela?
o-i FA VAUT.
l'éveillé.
Oui, ma petite reine, Vous en valez bian la peine, Vous eu valez biau la peine.
Oui da, Vous en valez bian la peine.
NICETTE
Am : Allons la voir à Saint-Cloud.
D'un pareil bienfait, hélas!
Je serai reconnaissante.
Surtout ne me trompez pas; Car je suis bien innocente.
l'Éveillé.
Par;;ué, j'en serais bian fàclié.
MCETTE.
11 faut nie l'aire bon marché ; Car je ne suis pas riche.
l'Éveillé.
Et, moi, je ne suis pas chiche.
Je suis un garçon fort sarviable, fort charitable ; j^ ne demandons que vot' aniiquic.
«ICETÏE.
C'est trop juste.
l'éveillé.
Aiii : Vaudovillc du lieloui' de l-oiilaiiieliloaii.
Gardez -vous, sur cet entretien,
De jaser avec Kiueltc.
Allez, je vous instruirons bien ; Çà, commençons, belle Nicette.
LA CIIEHCIIEISE D'ESTilli. o5