‹ Œuvres de M. et Mme Favart; leur vieChapitre 58 sur 88 · SOLIMAN, ELMIRE · texte numérisé non relu

SOLIMAN, ELMIRE

Qu'elle soit confondue; Elmire, je l'exige. .

ELMIRE

Eh! que voulez-vous exiger?

Vengez-vous, vengez-moi d'une esclave insolente

ELMIRE

Croyez -moi, cessez d'y songer.

C'est une Française imprudente, Dont la légèreté détruit le sentiment ; Qui croit que tout est fait pour son amusement; Qui croit que le caprice est ce qui rend aimable,

Et dont le cœur n'est point capable

D'un véritable attachement.

Je sais qu'on peut être agréable Par une gaieté vive, un frivole enjouement : Mais ce n'est pas assez ; il faut être estimable

Pour fixer le cœur d'un amant; Et la raison rend seule respectable.

Ah! telle est Roxelane en sa frivolité :

Sa raison perce à travers sa gaieté ; D'un nuage léger c'est l'éclair qui s'échappe, Et dont la lumière nous frappe .

ELMIRE

Seigneur, c'est la défendre avec vivacité.

Non, je ne prétends point excuser Roxelane.

Mais qu'appréhendez-vous? N'êtes-vous pas sultane?

ELMIRE

L'orgueil est satisfait ; mais le cœur ne l'est pas.

Il le sera, croyez-en vos appas.

(Soliman aperçoit lloxclane vêtue en vilo esclave; elle s'avance à pas lents, en se couvrant le visage.) Je l'aperçois : elle est dans la tristesse , Et sa main cache un front humilié.

(A pan.) N'écoutons point un reste de pitié.

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