SOLIMAN, ELMIRE, ROXELANE
SOLIMAN, k Roxelane.
Approchez, approchez ; voilà votre maîtresse.
(A Elniire.)
Ordonnez de son sort.
ELMIRE
Je conçois ses regrets :
Elle est assez punie en perdant vos bienfaits.
Ah ! que ce sentiment augmente ma tendresse ! Je sors d'une honteuse ivresse.
(Regardant Roxelane. ) Je ne sais par quel art elle m'avait surpris :
De mon égarement innocente victime,
Voire cœur gémissait; j'en connais mieux le prix.
Qu'elle soit désormais l'objet de nos mépris.
(A Elmire tendrement.) Rendez-moi votre amour, et pardonnez mon crime.
ELMIRE
On n'est point criminel lorsque l'on est aimé.
(D'un ton plus bas.) Je vous pardonne tout. Mais mon cœur alarmé... SOLlMATt, baisant la main d'EIraire, mais regardant toujours Hoxelane
pour juger de l'état de son iinie.
il reprend sur le mien un éternel empire.
(Il examine Roxelane.) J'excite ses regrets... (Roxelane, pour examiner aussi le sultan, détourne un peu la main dont elle se couvrait le visage -.leurs regards se renfontrent; Roxelane rit, et Soliman marque la plus grande surprise. Ce moment doit faire situation. )
0 ciel! je la vois rire.
ROXKLA>"E, riant à gorge déployée.
Ah 1 ah! ah ! ah! seigneur, vous allez vous fâcher; Mais, malgré mon respect, je ne puism'empècher...
KLMIRE.
Quelle nouvelle insulte !
ROXELANE
Ah! ah! ah!
Quelle audacf !
ROXELANE
Ah ! laissez-moi rire, de grâce.
Ah ! ah ! ah ! ah !
Je veux savoir pourquoi . , .
ROXELANE
Il se peut qu'Elmire vous aime ; Mais vous ne l'aimez pas.
Qui donc aimé-je?
iU FA V ART.
ROXELANE
Moi. Je ne suis pas dupe du stratagème.
Vous que je dois punir, qui m'osez outrager!
nOXELANE.
Seigneur, on aime encor quand on veut se venger.
Si je vous suis indifférente, Renvoyez-moi : nous y gagnerons tous.
Déjà je commençais à me trouver contente. Pourquoi me rappeler? et quelle est votre attente ?
Espérez-vous un sort plus doux?
SOUMAN.
Eh bien ! préférez l'infamie A toutes les grandeurs...
EUIIRE.
Laissez ce cœur abject.
(A Roxelaiie.) Roxelane, sortez! vous perdez le respect.
ROXELANE
Fort bien ; c'est parler en amie, Et je vais éviter votre sublime aspect.
(Elle veut se retirer, Soliman l'arrêle avec colère. ) SOLIMAN.
(A Roxelane.) ^ (A Elraire.)
Demeurez, demeurez! Éloignez- vous, Elmire; Je me retiens à peine, et n'ose devant vous
Laisser échapper mon courroux.
Je vais l'humilier.
ELMIBE.
Seigneur, je me relire ; Mais songez que l'amour n'a que des fers honteux Lorsque le sentiment n'épure point ses feux.
(A pan, en soriaiil.) Si cet indigne objet remporte l'avantage. Il n'est point de terme à ma rage !
LI'S mois SULTA.M'.S.