SCENE VI
SOLIMAN, OSMIN
SOLIMAN appelle Osmin.
(A part.) Osmin! Enfin, ce cœur farouche De quelque espoir flatte mes vœux.
(A Osmin. 1 Enfin, mon cher Osmin, tu me verras heureux.
OSMlN.
Oui, seigneur, la sultane Elmire...
Roxelane a sa liberté.
Je l'aime, j'obtiendrai le bien que je désire: Conçois-tu ma félicité ?
Cet amour pur, né de l'égalité, Que réciproquement l'un à l'autre on s'inspire, Ce bien que j'ignorais, le l'imagines-tu?
OSMIN, en soupirant.
Non, seigneur.
152 FAVxVRT.
Ne crois pas que ce soit le caprice Qui m'entraîne vers elle, Osmin ; c'est la justice, C'est la raison, c'est la vertu. N'examinons plus rien : je l'aime- Avant de la connaître, une sombre langueur Au milieu des plaisirs engourdissait mon cœur; Je jouissais de tout sans jouir de moi-même ; Que dis-je ? rien ne pouvait me charmer. L'indifférence est le sommeil de l'âme.
Un feu triste et couvert cherchait à s'animer : Roxelane paraît, elle y donne la flamme : Je lui dois le bonheur d'aimer.
OSMlN.
Pauvre Elmire !
Elle aura toujours même avantage.
Nos lois admettent le partage.
Roxelane t'attend ; c'est pour te confirmer Un doux aveu, qui de mon sort décide, Un aveu que j'ai lu dans son regard timide. Et que sa bouche a craint de ra'exprimtr. Va, cours; de mon bonheur tu viendras m'informer,