‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 31 sur 236 · Acte III, scène ir, page 352, vers 3 et suiv · texte numérisé non relu

Acte III, scène ir, page 352, vers 3 et suiv

La concision de telles réponses vaut mieux que le faste prodigué dans les discours. Considérons aussi que les soupçons d'OEdipe envers son beaufrèie ont une vraisemblance plus raisonnable que ceux des Thébains contre Philoctète, étranger à leur ville et à la famille de leur prince. Tout se lie et se tient mieux dans la pièce grecque. L'intérêt s'y forme avec majesté dès l'exposition, s'accroît d'acte en acte , sans l'aide du moindre épisode, jusqu'à l'arrivée de deux vieillards: Policlès et Phorbas, qui achèvent, l'un après l'autre, de porter la terreur dans l'âme du principal personnage par les éclaircissemens qu'ils lui donnent sur son parricide et sur son inceste. La scène du vieux confident de Polybe avec le roi de Thèbes et avec sa mère , celle de la reconnaissance du vieux berger de Laïus , n'ont rien de comparable en beauté dans la tragédie de Voltaire , qui ne présente qu'une précieuse esquisse de ce tableau savamment tracé. Là, toutes les ressources de la terreur sont épuisées dans le cours d'un dialogue inimitable entre trois acteurs; et, quand OEdipe, frappé de l'anathème qu'il a prononcé de sa propre bouche

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contre l'auteur du meurtre qu'il voulait venger, s'écrie en s'éloignant :

O soleil! je t'ai vu pour la dernière fois,

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