Acte IV, scène iv, page 38o, vers
alors commence un cinquième acte que Voltaire a supprimé tout entier, et duquel s'épanchent les plus abondantes expressions du pathétique. La pitié s'empare du sujet par la touchante peinture de la mort de Jocaste et du supplice de son époux , dont toutes les circonstances sont relevées avec adresse par la plus élégante diction.
Seule au fond du palais elle s'est retirée; Elle a fermé la chambre à l'hymen consacrée. C'est là que , suppliante , elle adresse à genoux Des vœux et des sanglots à son premier époux: Elle invoque, en pleurant, la couche solennelle, Autrefois vertueuse, aujourd'hui criminelle, Où, sur la foi d'hymen et des autels chéris. Au fils de son amour elle a donné des fils.
Et plus loin :
La mort décolorait son front sans diadème; Cet éclatant tissu, marque du rang suprême, Prêtant au désespoir un horrible secours. De ses jours malheureux avait tranché le cours. Tout gémit. Le roi seul, dans un affreux silence, Contemple ces débris, et tout-à-coup s'élance: Une agrafe, où brillaient l'or et les diamans, Et qui de votre reine ornait les vétemens. Devenant pour OEdipe une arme meurtrière. De ses yeux déchirés arrache la lumière.