DU CATHOLICISME
Mais ce ne sont pas les victoires extérieures, dont on vient de faire l'incomplète et rapide énumération, c est le mouvement intérieur, c'est la conquête des âmes, qui doivent bien autrement exciter l'admiration et la reconnaissance, et d'où ressort, avec un bien autre éclat, le contraste entre le présent et le passé. Que servirait à l'Église d'avoir reconquis son influence et sa liberté au dehors, si au dedans elle n'était pas également victorieuse des tendances hétérodoxes, de la torpeur et de l'indolence des fidèles, de leur ignorance ou de leur dédain des gloires et des forces vitales du catholicisme? Or, c'est là surtout que se déploie l'immense progrès de l'esprit catholique depuis cinquante ans; c'est par la recrudescence de la foi, l'efflorescence de la charité, la vie nouvelle de la science, qu'il faut mesurer tout le terrain que l'esprit de vie a regagné sur l'esprit de mort.
C'en est fait d'abord, chez tous les croyants sincères, de cet esprit de révolte et d'indépendance à rencontre du centre de l'unité et de l'Église mère et maîtresse, qui avait infecté plus ou moins tous les royaumes catholiques depuis le quinzième siècle, et qui avait atteint, avant 1789, le comble de l'audace et de l'absurde. Il n'est plus question de ces églises gallicane, germanique, hispanique, lusitanienne, dont les traditions et les usages primitivement vénérables avaient fini par servir de masque à l'orgueil de quelques évêques et à la fausse