‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 2)Chapitre 38 sur 71 · LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT

Je ferais, je l'avoue, peu de cas du cœur et du jugement de l'homme qui approcherait sans émotion de ce palais du parlement anglais, de ce temple de l'histoire et de la loi, de l'éloquence et de la liberté. On ne doit fouler ce sol qu'avec respect : il est plus sacré mille fois que celui du Pnyx d'Athènes ou du Forum romain, car il est depuis mille ans le sanctuaire politique et législatif d'un peuple chrétien et le berceau des libertés du monde moderne.

Là pendant de longs siècles le droit des peuples et la dignité de l'homme ont lutté victorieusement contre le pouvoir absolu et l'omnipotence d'un seul. Là s'est brisée en éclats la théorie humiliante de l'inamissibilité du pouvoir et de l'autocratie des princes. Là s'est célébré le triomphe de cette liberté disciplinée qui implique et maintient le respect de l'autorité, et qu'exprime si bien le terme anglais : The liberty of the subject. Là se sont débattues les plus nobles causes que la parole humaine ait eu à défendre de nos jours : la cause de la liberté et de l'humanité contre la révolution, plaidée et gagnée par le génie de Burke et de Pitt ; la cause des esclaves noirs contre le féroce égoïsme de l'industrie coloniale, plaidée et gagnée par l'intrépide et persévérante vertu de Wilberforce ; la cause des catholiques d'Irlande et d'Angleterre contre trois siècles de préjugés et de persécutions, plaidée et gagnée par la bouillante éloquence d'O'Connell et de Sheil ; enfin la cause de l'ouvrier et du pauvre contre

l'aveuglement de la grande propriété , plaidée et gagnée par le mâle bon sens de Peel.

Là du moins la parole humaine ne sera point accusée de stérilité et d'impuissance. Sans doute on s'y laisse entraîner, comme ailleurs, à d'étranges illusions, à de funcste3 emportements ; mais la raison n'y a jamais été condamnée sans appel. Sans doute l'erreur, le mensonge y ont souvent exercé, y exercent encore aujourd'hui leur détestable empire ; mais la vérité n'y est jamais restée longtemps sans défenseurs. La justice y a été, sinon toujours exaucée, au moins toujours entendue, et le droit y a sans cesse triomphé de la force par les seules armes de l'éloquence et de la raison.

Le monument répond à la majesté de sa destination. 11 est à coup sûr le produit le plus magnifique de la renaissance de l'architecture au dix-neuvième siècle. On pourrait désirer un style moins fleuri, une richesse moins monotone dans les décorations de ce splendide édifice. On regrette que l'architecte ne se soit pas laissé inspirer par la noble simplicité de l'abbaye de Westminster, plutôt que par le voisinage trop immédiat de la chapelle de Henri VII, ou par le style flamboyant de l'ancien cloître des chanoines de Saint- Étienne, qu'il a bien fait de conserver scrupuleusement au centre de son œuvre moderne, mais dont il pouvait se dispenser de faire le type et le motif dominant du palais régénéré. Mais n'importe : l'ensemble est incomparable. Cette masse énorme découpée à jour, cette foret de pignons, de créneaux, d'arcslioutants, cette profusion de sculptures au dehors et au dedans, ces tours colossales, ces innombrables clochetons, celte façade sur la Tamise avec sa double terrasse baignée par les flots du fleuve qui viennent jeter aux pieds du législateur la grandeur navale et commerciale de l'Angleterre, tout cela mérite bien le cri d'admiration que jeta l'empereur Nicolas à la vue

du monument encore inachevé : C'est un rêve en pierre

On entre, et Ton est comme écrasé par l'immensité de la salle qui sert de vestibule, du vieux Westminster-Hall avec sa \oûtc en bois portée sur des figures d anges qui servent d'entraits. Cette salle passe pour la plus grande de l'Europe et la plus hardie, puisque la voûte ne porte que sur les murs latéraux. C'est là que s'est célébré jusqu'en 1820 le banquet féodal qui terminait la cérémonie du sacre des rois d'Angleterre, et pendant lequel un champion armé de pied en cap entrait à cheval, flanqué du connétable et du comte maréchal, et jetait son gant au téméraire qui voudrait contester le droit du roi à la couronne qu'il venait de prendre sur le tombeau d'Édouard le Confesseur. C'est là aussi qu'ont été jugés tous les grands procès politiques qui donnent à l'histoire d'Angleterre un caractère si spécial, depuis celui du roi Charles I'r jusqu'à celui de la reine Caroline en 1820. C'est là surtout que le procès de Warren Hastings absorba pendant quinze ans toutes les merveilles de l'éloquence de Burkc, de Pitt, de Fox et dcSheridan. Ce sont bien là les propylées de la grandeur parlementaire.

On gravit l'escalier qui en sort pour conduire à l'enceinte des deux Chambres, et on y rencontre les statues des hommes d'Etat, des magistrats, des ministres, des grands citoyens qui ont le plus honoré l'Angleterre. En franchissant la porte principale, on passe entre Falkland et Hampden, les deux héros de la grande guerre civile, le royaliste intègre, conci-

1 Sir Charles Barry, auteur du plan préféré au concours ouvert aussitôt après l'incendie du vieux palais, en 1835, aura sans doute l'honneur de l'achever, car il ne reste plus guère que les deux tours principales à terminer. Il s'est du reste aidé, pour la partie ornementale, du talent hors ligne de l'architecte catholique Pugin, dont une mort prématurée a interrompu la carrière, mais non pas avant qu'il eût conquis la première place dans son art pour les quarante églises catholiques élevées par ses soins ou d'après ses dessins sur le sol émancipé de l'Angleterre.

i». — (KaTre* polém. et dit. 21

Liant et désintéressé, le parlementaire intrépide, modeste et chevaleresque, réconciliés par la mort et réunis par la gloire dans l'admiration commune d'une postérité reconnaissante. Ailleurs et partout , des peintures à fresque , qui pourraient être meilleures, reproduisent des sujets exclusivement empruntés à rhistoire ou à la poésie nationale, au lieu des allégories stupidement mythologiques qui présidaient aux délibérations du Luxembourg et du palais Bourbon. Rien de plus saisissant, de plus approprié à sa destination que la disposition et la décoration des deux salles des séances qui font face Tune à l'autre, aux deux extrémités des bras d'un corridor en forme de croix, dont les voûtes immenses appellent et étonnent le regard. La Chambre des lords offre un aspect splcndide : tout n'y est pas irréprochable au point de vue de l'art, mais de combien ne dépasse-t-elle pas en magnificence et en majesté tous les édifices analogues en Europe ! Les célèbres tapisseries qui représentaient la défaite de Y Armada espagnole par les flottes de la reine Elisabeth, et que consuma l'incendie de 1833, ont été remplacées par des vitraux où figurent ks rois et les reines d'Angleterre. Entre les fenêtres se dressent les statues des barons qui imposèrent en 1215 la grande charte au roi Jean : revêtus de leurs cottes de mailles, appuyés sur leurs glaives et leurs écussons armoriés, ils semblent promener un regard austère et paternel sur leurs descendants qui siègent à leurs pieds, et qui ont reçu d'eux l'inestimable patrimoine de la liberté et de l'honni ur. Partout le blason vient éclairer et expliquer l'histoire. Les armoiries des grands justiciers depuis le temps de la conquête normande , avec leurs noms et la date de leur installation, décorent avec une parfaite convenance l'enceinte où siège toujours la plus haute juridiction du pays. Les chanceliers qui ont de tout temps présidé la Chambre des pairs y ont aussi leurs annales

écrites dans leur blason ; le nom de Thomas Becket y figure avec celui de tant d autres évèques, archevêques, cardinaux qui ont rempli comme lui cette charge illustre. Le culte de la tradition et de l'histoire, le vrai patriotisme, Ta emporté partout sur l'esprit de secte ou départi. Nulle part le protestantisme n'a posé son empreinte sur le. monument; nulle part ne se montre la solution de continuité qui a séparé par la réforme les Anglais du seizième siècle de leurs glorieux et invincibles ancêtres. Partout, au contraire, triomphent les formes et les souvenirs de l'art catholique : et on pourrait reprocher à l'ensemble des décorations, confiées au talent prodigieux du catholique Pugin, d'avoir affecté un caractère trop ecclésiastique, et de trop donner à cette enceinte législative l'apparence d'une cathédrale. Le trône où la reine vient ouvrir et clore les sessions annuelles du parlement, ce trône avec sou dais, ses candélabres, ses marches du style le plus riche et le plus liturgique, semble un véritable autel.

Jamais la royauté, la liberté et l'histoire n'ont eu de plus splendidc sanctuaire '.

L'effet de la Chambre des communes, plus simple, plus austère, eût été non moins grandiose, s'il n'avait fallu sacrilier en partie aux exigences de l'acoustique. Mais là aussi le caractère historique et traditionnel a servi de base à la décoration. Les représentants du peuple y siègent au milieu des insignes des Villes, des provinces, des rois et des reines dont l'autorité, les intérêts et la grandeur sont venus, après tant de siècles de conflits, s'absorber dans ce grand corps qui s'est

1 Par un bizarre et funèbre rapprochement, à quelques pas de celte enceinte, où la royauté anglaise apparaît dans toute ia pompe historique qu'elle a seule conservée parmi toutes les nations de l'Occident, on garde dans une armoire de la bibiolhéque des Lords l'expédition sur parchemin de la sentence de mort prononcée contre le roi Charles I", avec les signatures et les cachets armoriés de Cromwell, de Ludlow, et de tous les autres régicides.

longtemps vanté d être the first assembly of gentlemen in Europe; et là comme partout, sur le pavé comme sur le plafond, à leurs pieds comme au-dessus de leurs têtes, les fidèles Communes lisent la fière devise donnée par Richard Cœur de Lion à sa couronne et qui résume si bien l'histoire, la grandeur et la force de l'Angleterre : Dieu et mon droit.

C'est au milieu de toutes ces magnificences de l'art et de l'histoire que délibère le Parlement d'Angleterre et qu'il délibère avec une simplicité, une aisance et une tranquillité qui sont le gage des institutions fortes et sérieuses. Rien d'affecté, rien de théâtral. Quelques hommes en frac et en paletot, le chapeau sur la tète, s'y occupent des intérêts du plus grand empire de l'univers et y font, avec une lenteur salutaire, des lois qui vont régir les destinées de deux cent millions d'hommes répandus dans les cinq |>arties du monde. Ils parlent comme ils siègent, sans façon. Cette admirable et enviable simplicité est ce qui frappe le plus dans les discussions du palais de Westminster. Chacun s'y montre tel qu'il est, et, chose plus rare, chacun y prend facilement et rapidement la place qui lui appartient légitimement ; chacun y remplit le rôle auquel il est le mieux adapté, et que l'instinct de tous lui a reconnu. A côté de l'homme politique proprement dit, de l'homme d'affaires rompu au maniement des finances ou des bureaux, vient se placer le légiste, l'industriel, le chef de parti en qui se résument la force et le droit d'une moitié de l'Angleterre. A côté de l'enfant perdu d'une conviction isolée, le debater, c'est-à-dire l'homme qui sait mener et éclairer un débat, intervient, quand il le faut, avant et après l'homme qui ne sait faire qu'un discours méthodique et préparé. Point de tours d'inscription : chacun parle au moment qui lui convient le mieux et que nul ne songea lui contester.

On fait aux ministres trop de questions et des questions souvent indiscrètes ou inopportunes, qui n'obtiennent et ne méritent que des réponses évasives et dérisoires. Tout le monde y parle trop longuement pour notre goût, et c'est le grand défaut de leur système de discussion. Mais ce défaut même n'est que l'excès d'une vertu dont le nôtre était trop complètement dépourvu : le respect du droit individuel, et la tolérance des opinions adverses. Quelquefois on se dérobe, par la fuite, à une épreuve trop prolongée, et le désert se fait autour du membre malencontreux qui abuse de sa facilité, surtout s'il méconnaît les exigences de l'appétit ou du sommeil de ses auditeurs : mais, le plus souvent, on y sait supporter l'ennui comme la contradiction. On n'y a pas l'habitude d'interrompre un orateur par des murmures, par des exclamations, par des protestations contraires aux idées qu'il soutient. On sait bien que, s'il parle, c'est pour faire valoir ses propres idées, non celles de ses adversaires : ceux-ci attendent patiemment leur tour pour lui répondre. La réponse peut être aussi mordante, aussi violente que l'on voudra, mais, au moins, le préopinant aura pu rendre toute sa pensée, sans avoir eu à lutter contre les clameurs et les aboiements de ceux qui se figurent qu'une opinion refoulée par le bruit dans la poitrine d'un orateur est une opinion confondue et anéantie.

J'ai entendu non-seulement les grands orateurs à qui le prestige du talent pourrait faire supposer une autorité spéciale, mais des personnages de troisième et de quatrième ordre soutenir les thèses les plus impopulaires, les plus odieuses à l'immense majorité de l'assemblée, au milieu d'une chambre, sinon attentive, du moins respectueusement silencieuse.

Chose digne de remarque ! le Parlement anglais semble

devoir être la terre promise de l'hérédité du pouvoir et de leloquence politique, c'est-à-dire des deux forces qui répugnent le plus au système qui se partage la domination du inonde moderne ; mais ni la naissance, qui est le cauchemar des révolutionnaires, ni la parole, qui est le cauchemar des absolutistes, n'y exercent une influence abusive. L'histoire démontre que, depuis Somers jusqu'à Peel, les grands rôles y ont surtout été joués par des hommes dont la naissance était inférieure à celle de la plupart de leurs auditeurs et de leurs partisans, et qui n'eussent point fait partie de ce qui s'appelle la noblesse sur le continent. Et quant à l'empire abusif de la parole, cette patrie de l'éloquence politique est de tous les pays du monde celui où la parole, quand elle n'est que la parole, obtient le moins de faveur. Le vox et prœterea nihil n'y a aucune chance de succès. Un horflmc qui n'est qu'un beau parleur est aussitôt mis à sa place, c'est-à-dire très-bas. On lui préfère toujours l'homme de conscience ou d'affaires qui bégaye ou qui bredouille, mais qui parle le langage de la conviction, de l'expérience, ou de la passion. On sait que l'esprit de discipline et de pratique a fait comprendre de tout temps au parti du gouvernement, comme à celui de l'opposition, la nécessité d'avoir un chef avoué, ou. comme ils disent, un conducteur, a leader, dans chacune des «leux Chambres. On subit souvent sa domination en frémissant, mais on la subit toujours docilement tant qu'elle dure. Or, on a vu l'année ministérielle et, ce qui est plus étrange encore, l'opposition, conduite par des hommes qui étaient bien loin d'être éloquents. Ni lordCastlereagh, ni lord George» Bentinck n'étaient, à vrai dire, des orateurs ; sir Robert Peel l'élait peu, le duc de Wellington pas du tout, et je ne pense pas que lord Palmerston l'ait été plus d'une fois dans sa vie. Mais tous à certains jours donnés ont régné par l'empire de

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leur parole, parce que, sous une forme souvent inculte, elle reproduisait fidèlement l'autorité de leur position et la volonté de leur parti. Leurs vrais orateurs s'élèvent le plus souvent à l'éloquence sans y aspirer. Us y arrivent insensiblement, à travers les embarras techniques d'une discussion hérissée de chiffres ou de détails; mais montés à ce faite ils y planent avec un naturel et une majesté dont le charme et l'ascendant sont infinis. Alors l'Angleterre tout entière tressaille : elle reconnaît ce prestige éphémère , mais incomparable, qui fait de la parole humaine, à certains moments, le type suprême de la beauté, l'arme irrésistible de la vérité. Elle inscrit avec orgueil le nom de ce nouveau venu au premier rang de ses gloires; elle salue en lui un orateur; car les Anglais ne comprennent pas que, dans notre langage parlementaire, nous ayons été conduits à donner ce grand nom à tout homme qui parle.

Du reste, l'éloquence parlementaire, ou (pour nous servir d'un mot que les Anglais comprennent encore moins) la trifntne rencontre déjà une rivalité formidable dans la presse. Un des chefs de la nouvelle école radicale a prétendu prouver que le développement actuel de la presse périodique peut tenir parfaitement lieu des assemblées politiques, et que le Parlement anglais n'est qu'un rouage criard, importun et superflu. Cette pensée, déjà formulée en Angleterre, où tout se dit sans détour, explique ailleurs et sert à ménager plus d'une défection. Le radicalisme, qui déteste toutes les garanties politiques, parce que toute garantie est un frein ou une tradition, comprend, avec cet instinct propre aux démolisseurs, que si la tribune, tant qu'elle est debout et libre, oppose une barrière insurmontable au despotisme du club comme à celui de la caserne, elle sert aussi de boulevard à l'ordre et à l'autorité légitime, comme à la conscience et à la

liberté individuelle1. Il n'ignore pas que, par une sorte de fascination bienfaisante qui s'est exercée sur Mirabeau comme sur M. Berryer, les principes conservateurs ont en général fini par rallier les grands orateurs. L expérience a prouvé, en France comme en Angleterre, que les majorités législatives , gouvernées par la parole et préservées de toute violence extérieure, donnent toujours raison à la cause de la vieille société contre les utopistes et les niveleurs. La même expérience prouve au contraire que la presse radicale ou fanatique, implacable contre les pouvoirs contenus et modérés, sait de venir aussi souple et aussi soumise que l'exige le pouvoir absolu. En coexistant avec lui, elle s'efforce de l'enlacer ou de l'exploiter, de manière à poursuivre son œuvre sans relâche. Les vieux et sincères amis de la liberté n'en resteront pas moins fidèles à l'axiome qui regarde l'action réciproque de la presse sur la tribune et de la tribune sur la presse comme la condition fondamentale du gouvernement des pays libres.

Viendra-t-il jamais un jour où la dissolution sociale, opérée par une démocratie matérialiste, et fomentée par les

» En France, les opinions extrêmes professent à l'envi cette horreur du gouvernement parlementaire. On lit dans la Prme du 28 décembre 1855 ce qui suit :

« Jamais discussion terminée par un vote n'a enfanté une solution. Deux contre un ou onze contre dix n'ont jamais rien prouvé dans aucune assemblée, dans aucune académie, dans aucune conférence, dans aucun congres, sinon le défaut d'évidence, l'absence de certitude. »

Et plus loin :

« Avec le système constitutionnel, lequel exige des assemblées où tout se débat et aboutit à des questions qui se décident par des votes entre majorité et minorité, cela pouvait être une difficulté invincible; mais cela cesse d'en être une avec le régime rationnel, lequel n'a besoin que de journaux. »

L'Umtert du surlendemain reproduit avec solennité une partie de ces axiomes, et ajoute pour son propre compte :

« On ne saurait mieux dire... Espérons que l'absurdité du système deviendra enfin visible à tous les yeux. %

témérités de la presse, engloutira aussi le Parlement d'Angleterre? Verra-t-on là aussi une horde de barbares, conduite par des histrions, venir se répandre sous ses voûtes splendides pour violer la liberté et la majesté du sanctuaire de la vie nationale? Ou bien y verra-t-on encore apparaître un nouveau Cromwell pour ordonner à une escouade de soldats de jeter à la porte les bavards et les réfractaires? Cela se peut : mais ce ne sera pas de sitôt. Nul parmi nos contemporains n'aura cette joie ni cette honte.

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