CHAPITRE XIII
l'anglicanisme.
Reste le clergé anglican, dont la richesse est en Irlande un mal sans raison d'être, sans excuse, et qui ne peut manquer de disparaître dans un prochain avenir. Mais on se tromperait gravement si Ton voulait confondre ou même assimiler le rôle et l'influence de ce clergé en Angleterre avec son existence abusive et délétère en Irlande. Il est bon de se faire une idée exacte de ce qu'est encore rÉglisc anglicane chez elle, là où elle est devenue l'Église nationale , traditionnelle , l'Église du peuple, surtout du peuple des campagnes. Nul parmi nous n'est tenté d'exagérer ses mérites. Mais gardonsnous aussi d'exagérer sa faiblesse et sa décadence, sous peine de renouveler les amers et ridicules mécomptes dont on a été plus d'une fois victime. Gardons-nous surtout de certaines déclamations injurieuses ou mensongères, et de nous délec- 1er à colporter certaines historiettes, authentiques ou non, qui rappellent exactement celles que l'on a débitées contre le clergé et les moines de l'ancienne France, celles que l'on débite chaque jour en Angleterre contre Rome, et qui ne prouvent rien, absolument rien, contre la vitalité de l'institution elle-même. C'est la gloire du catholicisme de n'avoir jamais à redouter la force ni la grandeur de ses antagonistes. Ce devrait être le privilège de ses défenseurs de laisser sans envie et sans regret aux fauteurs du schisme, de l'incrédulité et de la spoliation les lieux communs de l'invective, de la dérision et surtout de la calomnie déversée sur les personnes et les choses ecclésiastiques.