‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 3)Chapitre 29 sur 46 · Eine Kœnigin von Frankreich · texte numérisé non relu

Eine Kœnigin von Frankreich

Nicht mochte getrageu eren gleich.

Tita Rhyt. I.e.

Dans tous les monuments du moyen âge, c’est toujours la reine de France qui est posée comme le type de la beauté et de la magnificence, tin Italie, de même.

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HISTOIRE

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qu’à une certaine distance. Puis il revint en toute hâte auprès de sa femme, et lui demanda comment elle avait fait pour se vêtir ainsi. Élisabeth lui répondit avec un pieux et doux sourire : « Voilà ce que sait faire le Seigneur quand « cela lui plaît 1 . »

Plusieurs auteurs rapportent une version différente de ce miracle 2 . Ils disent que, comme le bruit des vertus d’Élisabeth se répandait partout, un puissant seigneur (selon quelques-uns, c’était l’empereur lui-même) vint à traverser les Étals du Landgrave. Celui-ci alla au-devant de lui, et voulut le recevoir dans son château. Mais l’étranger refusa d’accepter son invitation, à moins que le duc ne lui promît en même temps de lui faire voir la duchesse, et de le laisser parler avec elle. Louis y consentit volontiers, et emmena le'seigneur à la Wartbourg. Après un grand festin , le seigneur rappela au duc sa promesse; celui-ci envoya dire à Élisabeth , qui était dans sa chambre à prier, de venir lui parler. Mais elle avait, selon sa coutume, donné aux pauvres tous ses habits et toutes ses parures ; de sorte qu’elle lit répondre en secret à son mari qu’elle le priait humblement de l’excuser pour cette fois, parce qu’elle n’avait pas de costume convenable pour paraître devant ses hôtes. Mais le seigneur insistant toujours, Louis se leva de table et alla la supplier lui-même de venir, en lui faisant quelques doux reproches de ce qu’elle ne lui avait pas obéi tout d’abord. Elle répondit qu’elle le suivrait sur-le-champ. «Beau doux sire,» ajouta-t-elle, « j’irai et je ferai votre volonté ; car ce serait une grande folie « à moi de vous contredire en rien. Je suis vôtre, sire, je « vous suis donnée , je vous ai loyalement obéi , et doréna-

1 Pie subridens : Talia, inquit, soit Dominus operare. Theod. lib. II, c. 8.

* Ce sont : le manuscrit franciscain de Heidelberg, celui des Bollandistes à Bruxelles, le poème du frère Robert à la Bibliothèque royale, le Passional, etc.

« vant je ferai aussi toute votre volonté ; car vous êtes, après « Dieu , mon Seigneur 1 . »

Puis quand il fut sorti, elle se mit à genoux et dit : « Sei- « gneur Jésus-Christ, père très-clément et très-fidèle, doux « consolateur des pauvres et de tous ceux qui sont en peine, « ami et auxiliaire fidèle de tous ceux qui se confient en toi, « viens à l’aide de ta pauvre servante , qui s’est dépouillée « de toute sa parure pour l’amour de toi. » Aussitôt un ange lui apparut, et lui dit : « O noble épouse du Roi des « deux, voici ce que Dieu , que tu as tant aimé, t’envoie du « ciel , en te saluant avec une tendre amitié 2 ; tu te vêtiras « de ce manteau et tu te couronneras de cette couronne , en « signe de ta gloire éternelle. » Elle remercia Dieu , mit la couronne et le manteau, et se rendit à la salle du festin. En la voyant si richement habillée et si belle, tous les convives furent effrayés, car son visage brillait comme celui d’un ange. Elle s’assit au milieu d’eux, et les salua avec cordialité et gaieté; puis elle leur tint des discours plus doux que le miel ; tellement qu’ils se trouvèrent plus nourris de ce qu’elle leur disait que par tous les mets du festin 5 . Le seigneur,

1 Biau doux sire, iou irai,

Et votre volonté ferai ;

Car grant folie ie feroie Se de riens vous contredisoie.

Yostre sui ; si vous sui donée,

Et loiauté vous ai portée,

Et ferai des or en avant.

Sire, trestot votre comm&nt ;

Car ie ne le dois contredire,

Vous estes, apres Dieu, nie sire.

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