‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 19 sur 94 · ÉTABLISSEMENTS · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS

soin de œnclure librement des traités avec les établissements privés. C'est là une décentralisation qui me semble essentielle, utile, et nullement dangereuse pour le pouvoir. Tout ce qu*on demande, c'est que le préfet, qui est Tagent du ministre, ne soit pas obligé d'avoir recours à lui dans ce cas, et d'attendre peut-être longtemps son approbation. Ainsi, on ne peut pas nous dire, comme aux adversaires habituels de la centralisation, que nous voulons affaiblir le pouvoir. Nous lui laissons toute son énergie ; nous voulons seulement renfermer cette attribution dans un cercle plus restreint, dans celui de Taiitorité locale.

Au lieu de cela, M. le ministre veut ajouter à cet encombretaient des bureaux dont je parlais tout à Theure. Chacun peut en juger par ce qui lui est.personnel; car il n'est aucun d'entre nous qui n'ait quelque demande d'intérêt local à adresser aux bureaux du ministère. Pour moi, cela m'arrive aussi quelquefois, et alors je vois que M. le ministre souvent ne répond pas du tout : ou lorsqu'il le fait, je vois qu'il lui faut trois ou quatre mois pour franchir l'immense intervalle de la rue de Grenelle à la rue Saint-Dominique, où je demeure {On rit).

Je m'explique ceci par l'immense quantité d'affaires qui l'occupent ; mais je m'étonne qu'il veuille encore en augmenter le nombre. Il me semble, je l'avoue, qu'un ministre de l'intérieur a déjà une moisson assez abondante de grandes affaires , de grandes questions , pour n'avoir pas besoin d'absorber tout, et jusqu'au triste domaine des gens qui ont perdu l'esprit (/fircs).

Mais j'ai un autre motif plus grave pour défendre l'amendement ; et ici je m'exprimerai avec une entière franchise. Je suis assez jeune encore pour dire et même pour croire que la franchise est la meilleure des politiques.

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