‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 20 sur 94 · D'ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

D'ALIÉNÉS

Je dirai donc que, quant à rintervention directe du ministre dans chaque traité à faire avec des établissements privés, certainement il n*entend pas exercer cette intervention par luimême. Ce serait impossible : il sera donc obligé d'avoir recours à Tagent préposé à cet ordre de relations. Je demande pardon à la Chambre d'entrer dans des détails qui paraîtront peutêtre personnels; mais ils se rattachent tout à fait au projet qui nous occupe. Cet agent, Messieurs, c'est Finspecteur général des maisons d'aliénés, c'est M. Ferrus. Eh bien! M. Ferrus, dans un livre sur les aliénés, s'exprime ainsi : « Dans les maisons destinées au traitement des aliénés, la « présence des sœurs et des religieux doit entraîner, à mon « avis, plus d'inconvénients que d'avantages.» (Note de la page 34 du livre de M. Breton sur les aliénés.)

Voilà ce qu'il dit à la face de la France. Or, je demande si ce ne serait pas faire courir un véritable danger à des établissements religieux dont tout le monde dans cette Chambre reconnaît l'utilité , que de confier à un médecin , quelque savant ou célèbre qu'il puisse être, leurs progrès ultérieurs, les bienfaits qui peuvent en résulter pour les malades, que de lui livrer l'existence même de ces établissements?

Quant à moi, je le crois; et j'avoue que c'est le motif principal qui me porte à combattre l'intervention de l'autorité centrale dans ces sortes d'affaires : elles me semblent être du ressort de l'autorité locale, qui reconnaît mieux les avantages que présentent les établissements religieux, notamment en Lorraine, en Normandie, en Bretagne, etc.

Je ne reviendra' pas sur ces avantages, satisfait comme je le suis de la manière franche et honorable dont M . le ministre de l'intérieur s'est exprimé à cet égard.

Quelle que soit ma haute estime pour ces maisons, je ne demande pas pour elles le monopole, comme l'a fait un ora-

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