‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 21 sur 94 · ÉTABLISSEMENTS · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENTS

leur précédent. Je ne réclame en leur faveur que les bienfaits de la concurrence et de la liberté, avec les leçons du temps et de Texpérience.

J'insiste seulement pour que vous n'alliez pas courir le risque de compromettre, même indirectement, ces précieux établissements par un mol inséré dans la loi.

Je pense que dans un «moment où tout le monde se plaint de Tégoïsme, de Tindividualisme qui règne dans la société, il est bon de ne pas témoigner de défiance à ce nombre infiniment petit d*bommes et de femmes qui, loin d'être égoïstes, ont la manie , si l'on veut l'appeler ainsi , de se dévouer à autrui; qui trouvent avantageux pour leur salut d'endurer toutes sortes de fatigues et d'ennuis; et tout cela, moyennant 60 cent, par jour et par aliéné, qu'ils reçoivent de la part des départements, comme à Maréville, en Lorraine. C'est là un dévouement qui malheureusement n'est pas épidémique [On rit)^ comme on le disait dernièrement, et qui mérite tous les encouragements.

Je voudrais donc que M. le ministre revînt sur ce que j'appellerai son obstination à cet égard, et qu'il permit à la commission de faire triompher ses vues. Il me semble d'ailleurs que la Chambre des députés l'a reconnue elle-même dans sa dernière discussion. Dans tous les cas. Messieurs, nous ne devons pas montrer une sorte d'indifiërence pour la consolation et l'adoucissement de la misère la plus déplorable qui puisse frapper nos concitoyens.

En réponse à quelques observations de M. le baron Pelet (de la Lozère), M. de Montalembert ajouta :

Je demande à dire quelques mots en réponse à M. le baron Pelet. Je suis persuadé que cette direction uniforme qu'il réclame est des plus funestes, au moins pour les éta-

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blissements religieux. Je fais une distinction fondamentale entre les établissements régis par les lumières et la science de l'administration et ceux régis par l'esprit de la charité. La science se prête parfaitement à Tunité, à la régularité, la charité ne s'y prête nullement. Lorsqu'on Voudra soumettre à des règles venues de Paris des établissements formés par des congrégations religieuses, chacune dans des esprits différents, et n'ayant d'unité entre elles que cette charité chrétienne f;[ui vaut bien l'unité ministérielle, on ne fera rien de bon. Vous ne pouvez ni réglementer ni administrer la charité, pas plus que vous ne poun iez l'inventer : vous ne pouvez que la tuer, la bouleverser comme on l'a fait dernièrement pour les hospices et les enfants trouvés : et voilà ce que je redoute pour les aliénés {Approbation partielle).

L'amendement de la commission fut rejeté.

(Eltrait da Moniteur du 8 février 1838}

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