‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 46 sur 94 · NOMINATION · texte numérisé non relu

NOMINATION

majorité libérale, eut au moins la convenance d*y faire entrer ses partisans de la Chambre des députés avant que les électeurs les eussent rejetés. Il put détruire la force et la popularité de la Chambre des pairs, et par contre-coup la monarchie qu'il prétendait défendre ; mais au moins il ne porta pas atteinte à la considération de ce qu*on appelait alors à juste titre le premier corps de TÉtat. Il était réservé au ministère de M. le comte Mole et de M. le comte de Montalivet, tous deux sortis de la Chambre des pairs pour être ministres, il leur était réser> é de manquer ainsi à tous les égards envers le corps auquel ils appartiennent. {Violents murmures.)

M. LE COMTE MoLÉ. Jo demande la parole.

M. DE MoNTÀLEMBEBT. Je ne prétends pas, certes, que le refus du sufirage électoral doive être un titre d'exclusion permanente ; mais je dis qu'on ne doit pas sortir de la salle des élections où Ton vient de succomber pour entrer de plainpied dans la Chambre où nous siégeons; je dis qu'on ne doit pas déclarer effrontément, à la face du pays, que la pairie n'est plus qu'une fiche de consolation pour les candidats malheureux du ministère, et cette assemblée un hôtel des invalides pour ses débris. Voilà cependant ce qu'a fait un ministère qui s'appelait conservateur. Pour moi, je ne conçois pas ce qu'un ministère démagogique aurait pu faire de plus injurieux pour l'élément conservateur par excellence de notre constitution. Je le répète, je n'attaque pas les personnes, j'attaque un système que j'ai remarqué depuis cinq sessions que je siège ici, et qui consiste à payer par des dédains et des inconvenances de tout genre les services essentiels, les services pénibles que la Chambre des pairs a rendus à la monarchie de Juillet. Je sais bien que, depuis la révolution de Juillet, il y a eu une scandaleuse profusion de faveurs, de

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