‹ Œuvres de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 61 sur 142 · VI · texte numérisé non relu

VI

rien , et court à l'abîme : hors de cette vérité, tout est théorie, chimère, illusion.

Ceux donc qui ne se sentiroient pas attachés à la famille royale par tous les sentiments de respect , d'admiration et d'amour, y doivent au moins tenir par leur intérêt personnel. Verser le sang d'un Bourbon , c'est ouvrir les veines de la patrie : dans l'état actuel des choses , la légitimité est la vie môme de la France. Imaginez , calculez , combinez toutes les sortes de gouvernements illégitimes , en dernier résultat vous ne trouverez rien de possible , rien qui vous présente une apparence de durée, une existence lolérablede quelques années , ou même de quelques mois. Les Bourbons retirés , le droit disparoît ; alors s'ouvre l'immense carrière des faits, qui tous ont un égal droit à vous opprimer. La légitimité est en Europe le sanctuaire où repose la souveraineté, par qui seule les gouvernements subsistent. Violez ce sanctuaire , et la souveraineté n'est plus qu'une divinité sans asile , exposée au milieu des ruines aux outrages de toutes les ambitions.

Aucune usurpation ne se pourroit accomplir sans faire naître en France la guerre civile , sans fournir un prétexte aux entreprises européennes, sans exposer notre pays aux ravages et aux contentions de la politique étrangère. La nation prétendroit-elle se gouverner elle-même? Elle l'a déjà essayé : une nouvelle démocratie amèneroit un nouveau bouleversement de propriétés , la destruction de tous les intérêts nouveaux, puisque les anciens sont anéantis. Ah ! que ceux quèse sont laissé entraîner à des exagérations populaires se repentiroient alors î Triomphants le premier jour, le second ils seroient conduits à l'échafaud , la tête encore ornée des couronnes de leur victoire.

Seroit-ce une élection militaire que l'on prétendroit mettre à la place de l'hérédité légitime? Elle eut aussi lieu à Rome cette élection : l'armée nommant son maître , et no le recevant plus des lois , méprisa bientôt son ouvrage. Les barbares, introduits peu à peu dans les légions, s'accoutumèrent eux-mêmes à faire des empereurs ; et quand ils furent las de donner le monde , ils le gardèrent.

Si tous les hommes de pcobité et de talents se veulent enGn réunir dans un système monarchique, non-seulement ils épargneront à la France de nouveaux malheurs, mais ils sauveront l'Europe, que menace une grande révolution. En examinant le fond des principes, on s'aperçoit que ce qui nous divise réellement est peu de chose : ou cherche moins , pour se combattre , à agir sur la raison que sur les passions. Tantôt c'est la féodalité, détruite

depuis deux siècles, dont on veut faire peur aux peuples^ tantôt ce sont les misêionnaires qui vont établir la guerre en prêchant la paix. Aujourd'hui , c'est une puissance occulte qui combat la puissance visible : triste invention, en vertu de laquelle on secroiroit autorisé à traiter la légitimité de la douleur comme on a traité la légitimité politique! Mais non : il existe réellement une puissance occulte qui répare les erreurs de l'incapacité, comme elle déjoue les complots du crime. Depuis trente ans ce gouvernement secret a marché auprès de tous les gouvernements publics qui se sont succédé dans notre malheureuse patrie. Placé au-dessus de nous dans des régions inaccessibles , nos passions peuvent s'en plaindre , mais elles ne peuvent le renverser. Cette puissance occulte, c'est rétemelle raison des choses : c'est cette justice du Ciel qui rentre dans les aflaires humaines à mesure qu'on s'efforce de l'en bannir ; c'est, en un mot , là Providence qui n'auroit besoin que de se retirer un moment pour détruire l'ordre de l'univers, et replonger le monde dans le cliaos.

Si la mort de M^ le duc de Berry devoit nous laisser tels que nous sommes; si elle ne nous enseignoit rien sur l'excellence du sang de nos rois, sur le danger des doctrines qui ont produit le crime de Louvel , alors que l'on confie à notrc^iété les cendres de notre illustre prince. Nous irons déposer sur quelques rives lointaines le germe de la légitimité : la vertu attachée à ces cendres formera bientôt une société des François qui les auront suivies, et ils échapperont à l'arrêt que le Ciel prononce enfin contre les peuples sans jugement et rebelles à l'expérience.

nN DES MEMOIRES SUR LE DUC DE BERRY.

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Lettre de Monsieur {depuis Louis XyHI) h MM, Us officiers , sous-ojfficiers, grenadiers et soldats du régiment irlandais de Berwick.

A Schœnbornslust, le 38 juillet 1791 .

J'ai reçu, Messieurs, airec une vraie sensibilité la lettre que tous m'ayez écrite. Je ferai parvenir au roi ( Louis XVI) , le plus tôt que je pourrai , l'expression de vos sentiments pour lui. Je vous réponds d'avance qu'elle adoucira ses peines , et qu'il recevra avec plaisir de vous les mêmes marques de fidélité que Jacques II reçut il y a cent ans de vos aïeux. C4ette double époque doit former à Jamais la devise du régiment deBerwick : on la verra désormais sur vos drapeaux *, et tout ce qu'il y aura de sujets fidèles au roi y lira son devoir, et y reconnotlra le modèle qu'il doit imiter. Quant à moi , Messieurs , soyez bien persuadés que l'action que vous venez de faire restera toujours gravée dans mon ame , et que Je m'estimerai heureux toutes les fois que Je pourrai vous donner des preuves de ce qu'elle m'inspire pour vous.

• Signé Louis-Stamislâs -Xavier.

Fragment des Mémoires de la Maison de Condé,

La gelée, quiavoil raffermi les chemins, permit aux républicains de faire avancer leur grosse artillerie. Après s'en être servis pour battre les retranchements de ce village , centre de la position du prince , comme ils l'avoicnt déjà fait la veille. Us s'avancent avec rapidité. Les légions de Mirabeau et de Hohcnlohc défendent leur position avec la plus grande valeur ; mais l'acharnement des républicains semble s'accroître avec leur nombre ; ils pénètrent dans le village avec des cris aflk^ux.

Ce premier succès pouvoit devenir décisif : un coup d'œil du prince l'en avoit averti ; et déjà sa résolution est prise. C'étoit la seule qui convint au fils du grand Condé. Il saute en bas de son cheval ; et , tirant l'épéc , il se place à la tète de ses deux bataillons gentilshommes : « Messieurs , s'écrie-t-il , vous êtes « tous des Bayards ; il faut reprendre ce village. »

On ne lui répond que par es cris : A la baïonnette I Et l'on se précipite à tra-

> Voulant consacrer à jamais IVpoque de 1691, où le régiment de Derwick sortit d'Irlande pour servir le roi Jacques II, et répoquede1791, où ce môme régiment quitta la France pour servir Tinfortuné Louis XVI , Monsieur ordonna ((ue ses drapeaux porteroient cette légende :

169t. Semper tt ubiqut fidelis. 1791. Tonjoan at partout fldèlo.

vers le fea le plus terrible d'artillerie et de mousqueterie. I^es haies vives , les maisons , les rues , tout est emporté en dix minutes : des cris de vive le Roi ! poussés à l'extrémité du village , annoncent de loin à la réserve que les républicains en sont chassés.

Pendant ce temps , le fils et le petit-fils se montroient dignes d'un tel père *.

A la tète de la seconde et de la troisième division de la cavalerie noble, le due de Bourbon s'élance sur la cavalerie républicaine, et la chasse devant lui. Un ravin profond se présente : emporté par son ardeur, le prince le ft-anchit avec une poignée de gentilshommes. Les républicains se hAtent de profiter de leur avantage , et se flattent de les accabler : la mêlée est sanglante ; le prince est grièvement blessé. Mais le reste des escadrons survient : les cavaliers républicains fuient, et laissent deux pièces d'artillerie légère au pouvoir de leurs vainqueurs.

Sur un autre point, le duc d'Enghien conduisoit au combat les chevaliers de la couronne. Presque seul , il court enlever une pièce de canon ; ses habits sont criblés de balles et de coups de baïonnette ; il est entouré , il se défend eo héros jusqu'à ce que l'on vienne le dégager : il ramène la pièce.

Le résultat de cette brillante , mais sanglante journée , ne fut que la gloire d'avoir conservé une mauvaise position que quelques jours plus tard il fallut abandonner.

liC maréchal de Wurmser et plusieurs généraux autrichiens , malgré la froideur qui régnoit entre eux et l'armée royale*, vinrent le soir même féliciter le prince de Condé et ses compagnons d'armes. « Eh bien , M. le maréchal , lui dit « le prince, comment trouvez-vous ma petite infanterie?» — « Monseigneur, « elle grandit au feu, » répondit le maréchal. Les Autrichiens furent peu étonnés d'apprendre que des chevaliers françois s'étoient battus avec un courage héroïque ; mais ils ne purent refuser des larmes d'admiration à des traits comme celuiHîi :

Un soldat de la légion de Mirabeau, blessé, jetoit les hauts cris A côté d'un chevalier de Saint-Louis qui avoit une jambe emportée * : « Songez , mon ami , « lui dit cet Intrépide ofBcier, que votre Dieu est mort sur la croix , et votre roi « sur l'échafaud I nous devons nous trouver heureux de mourir pour leur « cause. »

Trois jours après, les républicains attaquèrent de nouveau Berstheim , et de nouveau ils furent repoussés avec une perte considérable. Désespérant de forcer le corps de Condé -dans cette position , ils essayèrent de se faire jour sur un point de la ligne autrichienne , et furent plus heureux. Le comte de Wurmser fit entrer son armée dans les redoutes qu'il avoit élevées en avant d'Haguenan , depuis le Rhin jusqu'aux montagnes.

I C'est au récit de cette Journée que Delillc s*écria dans sa langue :

Angoalème, Berry, soatlennent leor irrand nom. Qa'OD ne me vante plus ce triple Géryon , Dont trois âmes mouTolent la masse ëpooranlable. J'aime à rolr, surpassant les récits de la fable , Un m^me mprit rnooToir trois héros à la fols. Coadë , Bourbon , Enghieo le foDt d'autres Rocrois, Et, prodlfues d'un sang chéri de la Ticloire, Trub générations Tont eosomble à la gloire.

> G'étoil M. de Barras, oflScier de marine , frère du Directeur.

MoMsnuR (depab Louis XVin ) , qoi étoit alors à Turin , n'eut pas plutôt appris la nouvelle de ce combat, qu'il éfinyH au prince de Condé :

A Turin , ce 38 décembre 4793.

Ce n*est qu'en arrivant ici , mon cher cousin , que J'ai reçu avec quelque certitude la nouvelle de la glorieuse affaire du 2 de ce mois dont un bruit vague m'avoit entretenu sur mon chemin. 11 me scroit difficile de vous exprimer la Joie qu'elle m'a causée. Ce n'est pas assurément que Je doutasse de ce que peut la valeur de la noblesse f^ançoise ; mais il étoit temps que les rebelles sussent ce qu'elle peut toute seule; et l'affaire même de IVerstheim ne le leur avoit appris qu'imparfaitement. Celte Joie seroit cruellement empoisonnée , s'il me restoit la moindre inquiétude sur la blessure de votre fils : mais , tranquille à cet égard , Je vous félicite et de cette blessure même , et de la conduite que son fils et lui ont tenue. Jouissez , mon cher cousin , de cette belle journée, comme bon François , comme général , comme vaillant chevalier et comme père. Pour moi , iodépendanmient de ma tendre amitié pour vous et du bien de l'État , je dois vous avouer que mon amour-propre Jouit de voir trois héros de mon saog , où jus- ((u*k présent Je n'étois sûr d'en trouver qu'un. Mais mon sentiment pour vous ne doit pas me faire oublier celte brave noblesse qui s'est si fort distinguée sous vos ordre» : parlez-lui bien du double sentiment que je ressens de sa conduite , et comme gentilhomme fk'ançois et comme régent du royaume. Adieu , mon cher cousUi : vous connoissez bien toute mon amitié pour vous.

Signé Louis-Stam isLAS-XAvna.

Lettre de MoMSlina {régent du royaume) au duc de Bourbon,

Turin , le 28 décembre 479S.

Je reçois en arrivant ici , mon cher cousin , la nouvelle certaine de la gloire que vous venez d'acquérir et de la blessure que vous avez reçue. Cette dernière auroit empoisonné toute la joie de la première, si je n'avois su en même temps qu'elle n'est pas dangereuse. Je vous avoue que je vous l'envie : cependant je vous aime trop sincèrement pour ne pas vous en féliciter de tout mon cœur, en souhaitant cependant que pareille chose ne vous arrive plus. Ce n'est ni comme parent, ni comme ami que Je vous parle ainsi ; c'est comme régentdu royaume, c'est parceque Je sais mieux que personne la perte que l'Etat feroii en vous perdanL

Adieu , mon cher cousin. Puissiez-vous être bientôt guérl-ei voler à de nou- TcUes victoires ! Vous connoissez mou amitié pour vous.

Signé Louis-Stanislas-Xavikii.

Lettre de Monsieur {régent du royaume) à Monseigneur le duc d*Enghien»

A Turin , ce 28 décembre 4795.

J'ai appris , mon cher cousin , avec un plaisir que mon amour pour mon sang et l'amitié que vous me connoissez pour vous vous expliqueront facilement, la gloire que vous avez acquise à la journée du 2 de ce mois. Vous êtes à l'âge et vous portez le nom du vainqueur de Rocroy ; son sang coule dans vos veines ; vous venez de retracer sa valeur ; vous avez devant les yeui l'exemple d'un père ■et d'un grand>|)cre au-dessus de tous les éloges : que de motifs d'espérer que

Toas «erez an jour la gloire et l'appui de rÉtatl Vous pouvez croire, vous aimant comme je le fais, que je Jouis bien sincèrement de ces heureux présages* Adieu, mon cher cousin. Soyez bien persuadé de toute mon amitié pour vous.

Si(;né Louis-Stahislas-Xavisb.

ni.

Lettre de Monsieur , comte d'Artois , à Monseigneur le prince de Condé,

Edimbourg, 29 novembre 1795.

Vous avez bien justement apprécié , mon cher cousin , tous les sentiments que j'ai éprouvés en lisant votre lettre du 3 novembre et les pièces qui y étoient jointes , puisque vous êtes content de mon fils ' : je jouis de sa conduite. Je partage au fond de Tame la gloire et l'honneur dont vos compagnons de fidélité se sont couverts ; mais les nouvelles publiques n'ayant pas été aussi discrètes que vous sur un objet dont vous ne parlez point , permettez-moi de vous dire que conune parent, comme ami, et comme dévoué à la cause que nous défendons, Je trouve une jouissance aussi douce que solide à entendre juger votre conduite comme elle mérite de l'être, et à vous voir augmenter tous les jours une considération si flatteuse pour ceux qui vous aiment , si honorable pour ceux qui vous sont liés par le sang, et si importante pour les inlérèts de notre roi. Ceci n'est point un compliment , c'est l'expression simple de mon cœur et de ma raison.

Je joins ici ma lettre , que je vous prie de remettre de ma part au duc d'Enghien. Je ne lui parle que de mon amitié ;. mais c'est le roi , c'est la France entière que je félicite de ce qu'il est et de ce qu'il sera Un Jour , en suivant la glorieuse route que vous lui avez tracée.

Vous sentirez mieux qu'un autre , mon cher cousin , que celui qui remplit son devoir trouve dans sa propre conduite une compensation aux sacrifices les plus pénibles. Mais Je dois vous avouer que depuis le mois de juin j'éprouve un supplice difficile à exprimer de ma douloureuse inaction , et d'être privé de partager les dangers , les fatigues et la gloire de vos intrépides compagnons d'armes. Soyez du moins mon interprète auprès d'eux ; parlez-leur de mes regrets, de met sentiments , de mon admiration pour leur constance autant que pour leur valeur, etajoutez4eor qu'uniquement occupé de nos intérêts communs j'espère que le Ciel finira par protéger mes efforts et par rendre heureux les fidèles François qui ont toujours suivi le chemin de l'honneur.

Je n'avois pas attendu votre lettre pour solliciter auprès du gouvernement britannique les moyens qui nous sont nécessaires pour profiter utilement du succès des Autrichiens et de ceux de notre armée. La négociation entamée à Paris ne facilitoit pas mes démarches ; cependant, le départ de M. de Précy vous aun prouvé qu'elle n'avoit pas été totalement infructueuse. Je viens de les renouveler encore avec plus de vivacité que jamais : j'espère que les ministres seront frappés de la nécessité de vous procurer des secours extraordinaires, et je me flatte que vous en recevrez de sufilsants si vos tristes pressentiments ne viennent pas à se réaliser. Je n'entrerai pas dans plus de détails sur la situation des choses et des esprits ; mais Je compte envoyer le mois prochain un courrier au roi , et je le prierai de vous communiquer des détails intéressants et peut-être favorables.

Avant de terminer cette lettre , il faut que je vous parle d'un objet qui tient à

» Moiiseigoeur le duc de Bcrry.

mon cœar : il parott que mon fils s*esl conduit en joli garçon , et qu'il a du goût pour les coups de fusil. C'est toujours bon en soi-même ; mais cela ne suffit pas; dans sa position , il faut qu'il se mette promptement en état de bien servir son roi ; et c'est à vous que je m'adresse avec confiance , mon cher cousin , pour que vous employiez toute votre autorité de général , et toute celle que mon amitié a remise entre vos mains , à exiger qu'il occupe tout son hiver à travailler bien sérieusement au métier de la guerre, é se rendre digne de commencer l'année prochaine à conduire des troupes. Je ne vous indiquerai aucuns moyens à cet égard; personne ne saura mieux que vous exciter son émulation et lui inspirer le désir de l'instruction ; mais vous jugerez facilement combien je serai sensible à cette nouvelle preuve de votre amitié.

Adieu , mon cher cousin , je ne veux rien changer au rendez-vous que je vous al donné ; et c'est vers ce but que tendent tous mes efTorts. Je vous renouvelle du fond du cœur l'assurance de l'amitié bien tendre et bien constante qui m'attache à

vous pour la vie.

Signé CnARLES-PiiJLiPPE.

P, S. Je dois vous dire que tous trouverez mon fils tout prévenu sur ce que Je TOUS demande pour lui.

Lettre du roi Louis XyiU a Monseigneur le Prince de Condé,

Mon cousin, je suis touché, comme je dois l'être, des sentiments que vous m'exprimez au sujet de la perte irréparable que je viens de faire en la personne du roi, mon seigneur et neveu. Si quelque chose peut adoucir ma juste douleur , c'est de la voir partagée par ceux qui me sont chers à tant de titres. La France perd un roi dont les heureuses qualités, que j'avois vues se développer dès sa plus tendre enfance, annoncolent qu'il seroil le digne successeur du meilleur des rois ; il ne me reste plus qu'à implorer le secours de la divine Providence pour qu'elle me rende digne de dédommager mes sujets d'un si grand malheur. Leur amour est le premier objet de mes désirs , et j'espère qu'un jour viendra où , après avoir, comme Henri IV, reconquis mon royaume. Je pourrai, comme Louis XH , mériter le Utre de père de mon peuple. Dites aux braves gentilshommes et aux fidèles troupes dont je vous ai confié le commandement, que l'attachement qu'ils m'expriment par votre organe est déjà pour moi l'aurore de ce beau Jour , et que Je compte principalement sur vous et sur eux pour achever de le faire éclore. Je vous renouvelle avec plaisir l'assurance de tous les sentiments avec lesquels Je suis ,

Mon cousin,

Votre très affectionné cousin ,

Louis.

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