VI
£h ! messieurs , combien de fois encore fmdra-t-il rassarer la révolution? Ceux qui veulent la justifier ne s'aperçoivent-ils pas que c'est ta déclarer coupable que de la représenter si alarmée : ce qui est innocent est tranquille. La vente des bois de TÉgliae n'opérera point la merveille que vous en attendez ^ elle ne rassurera point d'abord les acquéreurs des biens des émigrés, des hôpitaux et des fabriques , puisqu'on a rendu le reste de ces biens , non encore aliénés , aux anciens propriétaires et aux anciennes fondations; elle ne rassurera pas davantage les possesseurs des biens communaux , puisqu'on a retiré des propriétés nationales ce qui pouvoit encore appartenir aux communes. Tous aurez beau multiplier les aliénations , il n'est pas en votre pouvoir de changer la nature des Gsiits. Le temps seul peut guérir la grande plaie de la France. On distingue encore en Irlande les propriétés dont l'origine remonte à des confiscations. Loin de nous en affliger , félicitonsnous de trouver parmi les peuples ce sens moral, que le succès ne peut corrompre , qui n*admet pas même la prescription centenaire. C'est cette conscience du genre humain qui est le principe de la société y elle survit aux nations , et elle les recommence. Il y a de quoi trembler pour notre malheureuse patrie, lorsqu'après vingt-cinq années d'une révolution épouvantable, knrsqu'apràs avoir vu égorger les prêtres , le trône tomber avec l'autel , et nager dans le sang du meilleur des rois , nous voulons encore vendre la dernière dépouille de l'Église , comme les soldats tirèrent au sort le dernier vêtement du Christ ! £t sous quel monarque adopterions-nous une pareille mesure? sous le successeur de GloviSy qui dut sa couronne à la religion ; sous le successeur de Charlamagne , qui déclara sacrilège quiconque toucheroit aux bienade l'autel j sous le descendant de Hugues Capet , qui rendit ce ^ue les malheurs des temps avoient détaché du patrimoine de l'Eglise ^ sous l'héritier de saint Louis, sous le frère de Louis le martyr y sous le fils ataié de l'Église , sous le Roi très chrétien , sous l'auguste monarque, martyr lui-même de l'impiété de son siècle^ longtemps éprouvé par la malheur , rentré en France après un exil de vingt années , et ramenant avec lui pour toute garde le cortège vénérable des vieux confesseurs de la foi.
Depuis vingt -cinq ans en France, le soleil a souvent éclair les mêmes malheurs : la révolution est pour nous le triste ouvrage de Pénélope; nous la recommençons sans cesse. Que ne dit*on point dans l'Assemblée constituante et dans l'Assemblée législative sur le sujet qui nous occupe? Treilhard, insistant pour qua
l'Assemblée prononçât vite le décret fatal , s'éerii^ : N'en douteai pas , memeurs , vous assurerez les bénédictions du pautre au dedans , et au dehors l'admiration des nations. Est-ce une admiration pareille, fiont'-ce des bénédictions semblables qu'on promet à notre vote aujourd'hui? Je cède, à qui voudra la prendre , ma part de cette moisson de haine et de larmes. Toutefois , nos premières asseoH blées avoient une excuse : elles pouvoient ne pas prévoir l'avenir; elles pouvoient être frappées de quelques abus , égiirées par quelque théorie non encore éprouvée. De plus, une monstrueuse Constitution, confondant les trois branches de la législature , et accordant au Roi, pour toute défense, un veto suspensif, ne permettoit aucune réparation lorsqu'une erreur avoit été commise. Mais nous , à qui la division des pouvoirs offre tant de ressources contre une première foute, nous que l'expérience a dft instruire , rien ne pourroit nous justifier : l'incendie est à peîae éteint; ne serons- nous pas au moins éclairés par la lueur des débris quibrûleut eucure autour de nous? Allons, messieurs , que l'on achève de dépouiller le sanctuaire ! On y trouvera peu de chose , car les cendres mêmes de nos pères n'y sont plus^ et le vent qui les a dispersées ne les rapportera pas dans nos temples.
Que de raisons morales et religieuses se présenteroient encore pour combattre l'aliénation du reste des biens de l'Eglise I Je demande , par exemple , à ceux qui se disent chrétiens et catholiques, s'ils ont le pouvoir d'aliéner des propriétés auxquelles sont attachés des services pieux. Ou nous croyons , ou nous ne croyons pas ; si nous croyons , ne mettons pas les morts contre nous , et laissons l'espérance à la douleur. Il n'y a qu'un moyen de diflr poser des biens de l'Église sans le concours de la puissance sprituelle : c'est de changer de religion ; tous les peuples qui ont été conséquents en ont agi de la sorte. Mais si nous restons catholiques/rien ne nous peut donner le droit à la puissance temporelle de s'approprier les dons faits à l'Autel. Buonaparte lui-même crut avoir besoin de la cour de Rome pour sanctionner la vente des propriétés ecclésiastiques : il renonça à l'éviction d'une partie des biens de l'Église du Piémont ; il fit même en France quelque justice , car il rendit à l'é vêché de Troyes des bois d'origine reUgieme, On a voulu justifier la vente des biens du clergé par les témoignages de l'histoire : je suis trop poli pour dire ce que je pense de eette érudition.
Tous ne rassurez donc ni les acquéreurs des biens d'émigrés , ni les acquéreurs des biens des communes , en vendant le reste
S0(( OttNrONS
des biens de TÉglise. Dire qu'on veut rassurer les acquéreurs est d'ailleurs un langage tout à fait inconstitutionnel , puisqu'il semble établir un doute sur les dispositions de la Charte. EnGn, si vous voulez absolument rassurer quelqu'un et quelque chose , ne devezvous penser qu'aux intérêts nouveaux? N'y a-t-il pas en France des millions de citoyens qui n'ont rien acquis? Ne forment-ils pas la majorité de la nation? Ces millions d'hommes ne sont -ils pas chrétiens , attachés aux principes de l'ancienne propriété , et n'alarmez-vous pas leur conscience comme leurs intérêts les plus chers en vendant le reste des biens de l'Église ? Que ne vous adressez -vous à cette classe nombreuse de François dans votre besoin d'argent? Si vous aviez voulu rendre à l'Église les biens qui lui restent , sous la condition d'en recevoir la valeur en argent , il n'y a pas de pauvre qui n'eût présenté son aumône , point d'inGrme qui n'eût donné son denier pour compléter la somme demandée. Depuis vingt ans le nombre des malheureux n'a pas beaucoup diminué en France , que je sache , et ils trouveront dans le trésor de leur misère de quoi racheter le patrimoine d'une religion qui les a si souvent consolés.
Yoyez maintenant s'il est vrai que la vente des biens nationaux mette un terme à la révolution : je prétends au contraire que c'est donner à cette révolution une nouvelle vie. Messieurs, on a souvent déclaré que la révolution étoit finie, et c'étoit toujours à la veille d'un nouveau malheur.
Comment finit-on une révolution? En rétablissant la religion, la morale et la justice ; car on ne fonde rien sur l'impiété , l'im- -moralité et l'iniquité. Comment prolonge-t-on une révolution? En maintenant les principes qui l'ont fait naître. Dans un sujet si philosophique et si grave, c'est aux pairs de France qu'il convient d'étendre leurs regards dans l'avenir.
L'histoire, messieurs, est pour les peuples ce que sont pour les magistrats les anciens arrêts. Ces arrêts font autorité; c'est par eux qu'on décide. On juge un procès comme il fut jadis jugé en cas semblable. On veut faire une chose parcequ'elle a été faite : les Anglois inventèrent le crime de la mort de Charles V\ et nous Tavons imité. Transportons -nous dans cinquante ans d'ici, au milieu de notre histoire présente , qu'y verrons-nous ? Des hommes qui ont tué leur Souverain , et qui sont comblés d'honneurs et de richesses. Nous les verrons , ces hommes , accueillis à cause de leur honteuse fortune, là où les serviteurs des rois étoient chassés à cause de leur honorable misère.
Que verrons-nous encore dans notre histoire ? Un bouleversement presque général des propriétés , sans que le retour du roi légitime ait pu arrêter les aliénations. Que conclura la postérité de cet état de choses? Qu'on peut condamner les rois à mort et faire fortune ; qu'il est loisible de s'approprier le bien d'autrui. Quel ambitieux ne sera tenté de recommencer la révolution si elle est finiç, ou de la continuer si elle ne l'est pas? Lesi)ropriétaires nouveaux feront-ils valoir le titre de leur propriété nouvelle? On leur citera, pour les dépouiller , des héritages de neuf siècles enlevés sans résistance et sans indemnités à leurs antiques possesseurs. Au lieu de ces immuables patrimoines où la même famille survivoità la race des chênes , vous aurez des propriétés mobiles où les roseaux auront à peine le temps de naître et de mourir avant qu'elles aient changé de maîtres. Les foyers cesseront d'être les gardiens des mœurs domestiques; ils perdront leur autorité vénérable; chemins de passage ouverts à tous venants , ils ne seront plus consacrés par le siège de l'aïeul et par le berceau du nouveau-né. Messieurs, j'ose vous le prédire : sous la monarchie légitime, si vous n'arrêtez pas. la vente des biens nationaux , aucun de vous ne peut être assuré que ses enfants jouiront paisiblement de leur héritage. Vos fils auront d'autant plus à craindre , qu'ils se trouveront dans la position des hommes qu'on a dépouillés de nos jours. Gomme eux , ils occuperont les premiers rangs de la société -, comme eux, ils seront les principaux propriétaires de l'État ; comme eux , ils tiendront à l'ordre établi par leurs intérêts particuliers , leurs dignités et leurs droits politiques Jetez les yeux dans cette Chambre , interrogez les membres de Tancienne pairie , demandez-leur si dans le temps où la pi*opriété est attaquée , ce n'est pas un crime irrémissible d'être riche et pair de France? Et voyez quel progrès les idées révolutionnaires sur la propriété ont déjà fait en Angleterre ! Il est plus que temps d'arrêter le débordement de ce principe anti-social , qui menace l'Europe entière. Pairs de France , c'est votre cause que je plaide ici^ et non la mienne : je vous parle pour l'intérêt de vos enfants. Moi , je n'aurai rien à démêler avec la postérité : je n'ai point de fils , j'ai perdu le champ de mon père, et quelques arbres que j'avois plantés , bientôt ne seront plus à moi.
Je sais que dans ce siècle on est peu frappé des raisons placées au delà du terme de notre vie : le malheur journalier nous a appris à vivre au jour le jour. Nous vendons les bois*, nous voyons la conséquence physique et prochaine ^ quant à 1a conséquence mp-
sio oranoNs
rate et éloignée qui ne doit pas nous atteindre, peu nous importe. Messieurs , ne nous Bons pas tant à la tombe , le temps fViit rapidement dans ce pays : en France , l'avenir est toujours prochain ; il arrive souvent plus vite que la mort. Que de fois il nous a surpris dans le cours de la révolution ! 1793 étoit l'avenir de 1789 ; le iO mars 1815 étoit pour l'Assemblée des notables un avenir île ti^nte ans; et nous avons survécu à cet avenir.
Mais , dira-t-on , presque tous les biens de l'Église sont vendus ; ce qoi en reste est rien ou peu de chose ; on ne peut revenir sur le passé. Non , sans doute , la Charte a consacré la vente des biens nationaux , et il importe au salut de la France de s'attacher à la Charte ; mais ce n'est pas du fait matériel qu'il s'agit , c'est d'éviter de légitimer , pour ainsi dire , le principe de la violation des propriétés , en continuant à vendre les forêts de l'État sous le roi légitime. La Charte a aboli la peine de confiscation ; lés biens qui restent à l'Église et à l'ordre de Malte doivent donc leur être rendus. Maintenant les ventes aux termes de l'article 9 de la Charte , rendez les confiscations aux termes de l'article 71 : vous serez conséquents. Tous avez reconnu la justice de ces restitutions pour les émigrés et pour les communes ; la religion a-t-eBe moms de droits auprès de vous?
On a soutenu dans l'autre Chambre que , les biens de féglise «e trouvant saisis en vertu de certaines lois , ces lois , rfétant pas abrogées , commandent l'obéissance.
Cette doctrine de la passive obéissance aux décrets révolutionnaires nous mèneroit loin. Oublie-t-on que l'usurpateur en a ikit revivre quelques-uns pendant les Cent- Jours, notamment ceux qui proscrivent la ftmille royale , et qui sont bien dignes de figurer dans notre Code auprès de ceux qui proscrivent la religion ? Mais enfin, puisqu'on argumente des lois non abrogées contre les propriétés de l'Église , je dirai que je reconnois l'effet de ces lois podr tout ce qui est vendu , non pas en vertu de l'autorité de ces lois mêmes , mais en vertu de l'autorité de la Charte qui a sanctionné tine vente déjà plus régulière par le concours de la puissance spirituelle. Pour ce qui n'est pas vendu, les lois prétextées n'existent point j en voici la preuve : Louis XVI, partant le 20 juin 1791 pour se soustraire à ses oppresseurs , protesta dans un Mémoire contre tout ce qui avait été Âiit avant cette époque.
« Tant que le Roi, est-il dit dans ce Mémoire, a pu espérer
«« voir renaître l'ordre et le bonheur du royaume il n'auroit
« pas même argué de la nullité dota te défaut absolu detUtrii en-
« iaehê tontes ies démârehes qu'il a faites depuis U mois itoeiobre 1789, « 81 cet espoir eût été rempli -, mais aujoerd'bui que la seule ré- « compense de tant de sacrifices est de v<Hr la destruction de ta
« royauté les propriétés violées le Roi , après avoir solennd-
« iemeni prolesté contre tous les actes émanésde lui pendant sa capti- « vite , croit devoir mettre sous les yeux des François et de tout « l'univers le tableau de sa conduite et de celle du Gouvernement « qui s'est établi dans le royaume. »
Ainsi , mesâeurs , Louis XVI proteste solehnellement contre tout les actes émanés de lui peadant sa captivité. Dans ces actes sont compris nécessairement les décrets dont on s'appuie, aujourd'hui. Or, ces décrets , dépouillés , par la protestation du Roi , de la sanetion royale, sont illégaux et non avenus. Et ce qui rend cette protei^ tation plus forte, c'est que l'infortuné monarque l'a renouvdée dans ce moment redoutable où la vérité se montre tout entière aux hommes. On a justement appelé la voix de Louis XYI un oracle : écoutez donc cet oracle qui vous parle des portes de f Btemel.
« Je prie Dieu , dit Louis XVI dans son testament , de recevoir « le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom (quoique cela « fût contre ma votonté) à des actes qui peuvent être contraires « à la discipline et à la croyance de TEgiise catholique. »
Parmi les actes contraires à la discipline de l'Église , on doit nécessah^ment comprendre la vente des biens de l'Église fidte sans le concours , et encore plus contre l'autorité de la puissance spirîtudle : tons les canons sont formels à cet égard. Et nousreconnoltrions des actes dont la sanction a pu donner m repeinir profond au malheur, à la sainteté , à la vertu môme , au fils de saint Louis prêt à monter au ciel ! Nous reconnoîtrionsla validité des déiarets que Louis XVI , au moment de paroître devant Dieu , nous déclare avoir sanctionnés contre sa volonté ! La contrainte et la force, lorsqu'elles sont prouvées , rendent nuls les actes les plus solennels^ et nous dirions que les décrets frappés de réprobation par la protestation de Louis captif, par le testament de Louis mourant , ne sont pas al»x)gés ! Ah ! messieurs ! ce Testament divin a été une loi de grâce pour le crime : qu'il ne soit pas vainement invoqué par l'innocence !
Soyons enfin chrétiens" comme Louis XVI : rétablissons cette religion qui lui a donné sa couronne céleste , et qui seule pest affermir sa couronne terrestre sur la tête de ses augustes héritiers. i>n peut attaquer la région dans son culte y dans ses biens , dans
ses minisires ; mais on ne peut pas faire qu'une société subsiste sans religion. Un moine ignorant , mais plein de foi , peut fonder un empire *, Newton incrédule pèsera les mondes , et ne pourra créer un peuple. Paris,. enseigné par les docteurs modernes, a produit une république de dix ans ; une monarchie de quatorze siècles est sortie du bourg de Lutèce où saint Denis prêcha l'Évangile. Youlons-nous sérieusement sauver notre patrie , revenons aux saines doctrines ^ remplaçons les prestiges de la gloire par la solidité des principes : ce n'est plus le temps des choses éclatantes , c'est celui des choses honnêtes. Défendons-nous de ceux qui pourroient vouloir la religion sans la liberté; mais craignons bien davantage ceux qui veulent la liberté sans la religion. N'introduisons pas le faux dans la morale ^ ne créons pas un système où le droit et la justice, ne pouvant trouver leur place, deviendroient des pièces gênantes et inutiles dans la machine : nous arriverions à cet affreux résultat , qu'il n'y auroit plus d'il*légitime en Friance que la légitimité.
Tous trouverez tout simple , messieurs , le ton religieux de ce discours : si j'avois besoin de m'appuyer d'un exemple , cet exemple me seroit fourni par un peuple voisin. Un orateur faisant partie du ministère anglois vient de prononcer dans la Chambre des communes un discours qui a réuni tous les suffrages. « Rappelons* « nous, dit-il, les scènes de la révolution françoise, dans lesquelles « le petit nombre triompha si constamment de la majorité. . . . . Quand « l'athéisme fut professé en France , qui eût pensé que jamais ces «^extravagances impies dussent prévaloir? On vit les suites de « ces doctrines insensées. Les professeurs firent des élèves , et la « grande nation , privée de sa religion et de sa morale , fut en •< même temps privée des armes qui pouvoient la défendre contre « l'anarchie...:. Ilétoit réservé à nos modernes de déraciner du « cœur de l'homme tout respect pour la Divinité , afin de préu parer leurs contemporains à devenir des assassins sans re- « mords. »
Yoilà comme parle un législateur et un ministre. Si je m'étois exprimé avec tant de franchise, on s'écrieroitque je veux faire rétrograder le siècle. Cependant nous pouvons nous tenir assurés que la religion seule peut nous empêcher de tomber dans le despotisme; les peuples n'ont jamais conservé leur indépendance qu'en la plaçant sous la sauvegarde du Ciel : à Athènes, les prêtres parurent avec la liljcrté , les sophistes avec l'esclavage.
C'est dans de pareils sentiments de religion et de liberté que je
vais descendre de celle tribune : ils animent également les nobles amis avec lesquels je m'honore de voler. Nous soutînmes dans la dernière session les intérêts religieux *, nous avons défendu dans celle-ci les libertés nationales : retranchés dans celle position , nous nous y maintiendrons, sinon triomphants, du moins avec dignité.
Pour moi , messieurs , si j'ai rendu quelques foibles services à la religion , j'en reçois aujourd'hui la récompense; je regarde comme une faveur du Ciel d'avoir été appelé par les circonstances à la défense de la dernière dépouille de Taulel. Quand la loi sera passée, le sacrifice sera consommé; le miraculeux édifice de tant de siècles sera détruit. On m'a montré au pied de la montagne de Sion quelques grosses pierres éboulées : c'est tout ce qui reste du temple de Jérusalem.
Je vole contre les articles du budget qui mettent en vente cent cinquante mille hectares de forêts de l'Etat pour l'année prochaine , et affectent le reste des forêts à la caisse d'amortissement. Si ces articles passent, je serai forcé de voter contre tout le budget ; et si le budget est adopté par la Chambre , je me soumettrai , mais à regret , à l'article 57 du règlement qui défend toute protestation.