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de les noorrir ; on ne les nourrit point : on iéur foaftiH de la tiatk infeeto de chien, et d'autres animaux nrarts de maladie ; un pain ooûtoit un eschire, un agneau six livres d'argent. Après ienrs esclaves ils n'eurent plus à livrer que le reste de leurs enfants*. On fit ( pareequ'enfln Rome devoit périr) d'un million d'alliés un milliM d'opprimés : la reoonnolssanee finit où l'injustice comffienee.
Les Ostrogoths ^ cessant de prier , passèrent le Danube , et se trouvèrent ennemis indépendants sur le territoire romain. Fritigern ^ eiisf des Visigoths , forma des liaisons secrètes avec les nouveaux ^migrants ^ et s'efforça de réunk les Gotlis dani le «léine ii^Mrét.
Maxime et Lupicinus , généraux de Valens ^ avoîent alors le oommandemeiit éuns les Thraces : ils éloient , par leur avarice et leur foibtesBo, la première cause de tous ces malheurs. La éisoorde éckile à MarcianopoHs , capitale de la Basse-Mœsie^ à soixante<lix milles du Danube : Lupicinus avoit invité les cheft des Goths à un reqpas ^ dans le dessein de les feire assassiner ; les gardes de ces chefs i restés aux portes de la ville ^ se prirent de querelle avec left soldats romains \ leurs clameurs pénétrèrent jusqu'à la salie dii festin. Fritigern et ses amis tirent leurs épées, s'ouvrent un passage i travei^ la foule , sortent de la ville , et ont le bonheur > d'échapper. « Ce jour-li ^ dit Jornandès , ôta la faim aux Goths et h « sûreté aux Romains ; les premiers ne se regardèrent plus comme « des vagabonds et des étrangers , mais comme des citoyens et « comme les seigneurs de l'Empire ^ >»
Lupicinus^ se fiant à la discipline des légions et à la supério^ rite de leurs armes , attaqua les Goths : ceux-ci , déployant leur bannière, firent entendre le lamentable son de cette corne, célèbre dans le récit de leurs combats , et i la ronOée de laqueHe devoii s'écrouler le Capitole^ \ les Romains furent vaincus.
Une troup#de Goths, avant la migration générale de ces peuples^ étoit entrée au service de Yalens , sous la conduite de Suérid et de GolisB ; attaquée par les habitants mutinés d'Andrinople, elle
< Cœperant duces (avaritia compellente) non solum oriunif bodmque carnes , Teram éîkéi cànuin, et tftinMndoniitfi «ttlmatlum, nrartlcAia els pro niafnito ecMitradeire : adea, ut quodlibet mancipium in unum panem aut deceni libras in unam carnem mercarentur.
(JOKt., oap. XXTI.)
* Amm. Marcill., lib. xxxi ; JoBN., eap. xxti.
3 nia naisque dies Gofthoruro famem Romanorumque securttatem adenit: cttpeninU|U6 Golhi jam non ut adven» el peregrini, sed ut ciyes et domini possessoribns imperare.
(JOftM., cap. XXTl.)
4 Rauca cornua. (Claudun., in Ruf.) Auditisquo triste sonantibus. (Ami. Miaciix., lib. XXXI.)
Um tepotfssa , et àTIa rejoîtidre le gl*and cotp^ ûè Ées doiint)atriôtes. tVrtIgem franchit l'Hémus , et mit le siège dèVânt Andrinôple , qu^i ne put prendre. Les ouvriers erôpioyés auit tnlnes du Rhodope se révoltent , se réfugient chez les Barbares , et leur servent ensuite de guides aux réduits les plus secrets déâ Romains. Les Goths délivrent leurs enfants captifs *, qui lêtir ràcontertt ce qu'ils ont eu à souffrir de la lubricité et de là cruatîté de leurs trttfûres. Une partie d^ Huns et des Alalns font alliance aveé les Goths.
Alors Valens songe à porter remède ati mal qu'il avoît fkît -, il relire les légiotis d*Artnénie , et demande des ôecourâ an jeune empereur Gratien , qui venoit de succéder à Valentinîen ,'son père : Rlchomer, comte des domestiques , est dépéché à VaJens avec les légions gauloises. Une première armée romaine , sous les orcfres de Trajan et Profulurus, s^pprocha des Visigoths campés vers Fembouchure lîiérîdiotiéfle du Danube , à soixante milles au nord de Tome , exil d'un poète : Fritigcm f^it élevefr des feux pour rappeler ses bander répandues dans le plat pays. Léâ Vîslgoths se lient d'un serment terrible , et entonnent les chants ft ta gîoire dé leurs aïeux ; les Romains y répondirerit par le barfitiis , ctl ttiilitaire commencé ptesqtMiàvoixbas^, allant toujours grossissant, et finissant par une explosion effroyable '. La batsttHe âe Salicés , qai a pris son nom des arbres paisibles sous lesquels elle fut donnée, dura la journée entière, et la victoire resta ifidécise. Les Yialgoths rentrèrent dans leur camp. Les Roihains n'osèrent renouveler le combat , et résolurent d'enfermer les Barbares dans ce Coin de terre entre le Danube , la mer Noire et le mont Hémus. Lés Û^ trogoths et le parti desHunsetdesAlaîns, avec lequel Frîtlgem 8'éCoît ménagé une alliance, les dégagèrent.
Yalens, suspendant sa guerre contre les moines, partît enfin d'Antioche avec une seconde armée. Arrivé à Gbnstantinoplë, il maltraita le général Trajan , ami de saint Basile. An bocft de quelques jours , il sortit de là capitale de IX>rietit , cTM^ pat lé mépris populaire et les clameurs de la fbule qui le presi^cyît de marcher â d'autres ennemis^.
' Eo maxiine wd^mneMo {jrttter genuinam erecti flduelani, quod conOoebat ftd eos M dies ex eadcm génie mullitudo , dudum a mercatoribus venuindali, a<Qectl9 plurlnls qnos primo iransgrefltu necaii Inédit, tIho «xili rM p«nis frwfli InirtCfete TlHssimis. (Amm. Makcbll., lib. XXXI, eap. yi.)
• El Romani quklem voci unUiqiMt mariia coneinentes, a minore sollta ad majorem pro»tolli, quam gcnlililalc appcllani iMirrilum , vires validas erigebanl. (Amm IIarcbll., Mb. XXII, rap. tii.)
^ Venit <>)ns(aniinopolim, nbi moratus paucimimos die», wditione fopnlarimn pnlMtus, Ole. (Amm., lib. xxxi, pag. 659. Parisiis, 1677.)
Le moine Isaac sort de sa cellule voisine des chemins où passoit Tempereur ; il s'avance au-devant de lui , et lui crie : u Où vas-tu? « Tu as fait la guerre à Dieu, il n'est plus pour toi. Cesse ton imu piété , ou ni toi ni ton armée ne reviendront. » L'empereur dit : « Qu'on le mette en prison. Faux prophète , je reviendrai et je te « ferai mourir. » Isaac répondit : « Fais -moi mourir si tu me « trouves en mensonge '. » Le moine chrétien remplaçoit le phi* losophe cynique : il n'en diflTéroit que par les mœurs.
Les Goths , après avoir encore une fois saccagé la Thrace et franchi l'Hémus , inondoient les environs d'Andrinople. Frigerid , général de.Gratien, avoit défait quelques alliés des Goths, entre autres les Taïfales, barbares débauchés dont les prisonniers furent transportés sur les terres abandonnées de Parme et de Modène*. Sébastien , maître général de l'infanterie de Yalens , s'étoit occupé à rétablir la discipline dans un corps particulier; ce corps avoit eu l'avantage sur un nombreux parti d'ennemis. Enivré de ces succès , Yalens s'apprête à triompher des peuples gothiques, et s'établit dans un camp fortifié sous les murs d'Andrinople.
Richomer, accouru de l'Occident, vient annoncer à Yalens que son neveu , vainqueur des Aliamans , s'avance pour le soutenir.
En même temps un évêque envoyé par Fritigern , politique aussi rusé que générai habile , se présente chargé d'humbles paroles et de soumissions. Il proteste publiquement de la ûdélité des Goths, qui , selon lui*, ne demandent qu'à paître leurs troupeaux dans la Thrace déserte v mais , par des lettres secrètes , Fritigern presse l'empereur de marcher ^, l'assurant que la seule terreur de son nom obligera les Goths à se soumettre. Yalens, jaloux de la renommée de Gratien , ne veut point attendre un jeune prince qui pourroit ravir ou partager l'honneur de la victoire : il lève son camp le 9' d'août, l'an 378. Le trésor militaire et les ornements impériaux furent laissés dans Andrinople.
A huit milles de cette ville on découvrit rangés en cercle les chariots des Barbares. Les Romains firent tristement leurs dispo-
> Quo pergU, imperator, qui Deo bellum intulbti « nec eum habes adijutorem ? Desine ergo bellum inferre ei... Nam neque reverteris, et exercilum praeterea amitiés...
Ad bœc imperator ira percitus :
Revertar, inquit, teque interflciam, et falsi yaticinii pœnas a te exigam.
Tom ille minas neutiquam reformidans : Interfice, inquit, si in verbb meis raendacium fuerit deprebensum. ( Thbodor., E^c.f Gyr., Eccles, Mst,i lib. it, pag. 495. Parisils , 4673. )
* Cum... trucidassel omnes ad unum... vivos omnes circa Mulinam, Regiumque et Parmam, iullca oppida, rura culturos extermiaaTit. (Amm. Mahckll., lib. xxxi, cap u.)
^ Ajhm. Marcbl., lib. XXXI, cap, xu.
sitions miliUiires , aux lugubres clameurs des Goths* : les Goths , pareillement étonnés du bruit des armes et du retentissement des boucliers que frappoient les légionnaires , envoyèrent proposer la paix ; leur cavalerie , sous la conduite d'Alathœus et de Saphrax , n'étoit point encore arrivée. Valens s'obstine à ne vouloir entendre que des négociateurs d'un rang élevé : le soldat romain s'épuise sous la chaleur du jour qu'augmentoit un vaste embrasement : le feu avoit été mis aux herbes et aux bois desséchés des campagnes '. Fritigem demande à son tour pour traiter un homme de distinction ; Richomer s'offre , et part du consentement de Valens, à qui le cœur commençoit à faillir. A peine approchoit-il des retranchements ennemis, que les sagittaires et les scutaires engagent le combat. La cavalerie des Goths revenoit alors renforcée d'un corps d'Alains : sans laisser le temps à Richomer de remplir sa mission , elle se précipite sur les troupes impériales.
Les deux armées se choquèrent ainsi que des proues de vaisseaux , dit Ammien ^ L'aile gauche des légions poussa jusqu'aux chariots ; mais , abandonnée de sa cavalerie , elle fut accablée sous le nombre des Barbares, qui tombèrent sur elle comme un énorme éboulement de terre ^. Les soldats romains s'arrêtent; serrés les uns contre les autres , ils manquent d'espace pour tirer l'épée ; jamais plus grand danger ne menaça leurs tètes sous un ciel où la splendeur du jour étoit éteinte^.
Dans ce chaos, Valens, saisi de frayeur, saute par-dessus des monceaux de morts , et se réfugie dans les rangs des lanciers et des matiaires, qui se défendoicnt encore. Les généraux Trajan et Victor cherchent vainement la réserve, formée des soldats bataves : les chemins étoient obstrués des cadavres des chevaux et des hommes. L'empereur, à l'approche de la nuit , fut tué d'une flèche ; d'autres disent qu'il fut porté blessé avec quelques eunuques dans la maison d'un paysan. Les Goths survinrent ; trouvant cette maison barricadée , et ignorant qui elle renfermoit, ils l'incendièrent^.
> Atque ul mos est, ululante barbara plèbe Terum et triste, Romani duces aciem struxere. (Amm. Margbll., lib. xxxi, cap. xii.)
« Miles fervore calefaclus «stivo , siccis faucibus commarceret reluccnte amplitudine camporum incendiis, quos lignis nutrimentisque aridis subditis , ut hoc fieret , iidem hosles urebant. {rd., ibid.) .
3 Deinde coUiss in inodum rostrorum naviuni acies. (/d., cap. xiii.)
4 Sicut ruina aggcris inagni oppressum atque dejectum est. (/d., ibid,)
s Dircmit hœc nunquam peusabilia damna (qua} magao rébus stetere romanis) nullo splendore lunari nox fulgcns. ( Jd , ibid. )
6 L'ndc quidam de candidaiis per fenestram lapsus , captusque a Barbaris, prodidit factum, et eos mœrorc afllixii, magna gloria dcfraudatos quod romanœ rei rectorem non ceperc superslilem. (/</., ibid.)
354 ÉTUBfiS
Yalens périt au milieu des flammes. « Il fut brûlé avec une pompe « royale , dit Jornandès, par ceui^ qui lui avoient demandé la vraie u foi , et qu'il ^voit trompés, leur donnant le feu de la géhenne au « liei^ (li; fQu de la charité *. »
Les deux généraux Trajan et Sébastien \ Valérien, grand-écuyer \ îjquitius, maire du palais; Potentius, tribun des Promus; trente* cinq autres tribuns et les deux tiers de l'armée romaine restèrent sur la place. Selon l'auteur déjà cité, l'Hisloire n'offre paiDt de bataille où le carnage ait été aussi grand , excepté celle de Cannes '.
Les Qoths livrèrent l'assaut à Andrinople, qu'ils manquèrent : descendus jusqu'à Constantinople , ils admirèrent les édifîces pyramidant au-dessus des murailles qui meUoient la ville à l'abri : leur destin fut de voir Constantipople, et do prendre Rome \ entre cea deux bornes, le monde civilisé étoitla lice ouverte à leurs courses. Epouvantés de l'action d'un Sarrasin % ils rebroussèrent vers l'Hémus, forcèrent le pas de Suqucs, et se répandirent sur un pays fertile jusqu'au pied des Alpes Juliennes. Les lieux d'où s'étoit écoulée cette multitude n'offrirent plus que l'aspect d'une grèvo déserte et ravagée , quand le flux , qui avoit apporté des tempêtes et des vaisseaux , s'est relire.
Libaqius composa l'oraison funèbre de Yalens et de SQ^. armée : u Les pluies du ciel ont effacé le sang de nos soldats, mais leurs' « ossements blanchis sont restés , témoins plus durables de leur <t courage. L'empereur lui-même tomba à la tête des Romains. « N'imputons pas la victoire aux Barbares; la colère des dieux « est la seule cause de nos malheurs. » Libanius se souvenoit de Julien.
Ammien , qui termine son ouvrage à la mort de Yalens , cherche à rassurer les Ro^iains sur les succès des Goths : il rappelleLlea différentes invasions des Barbares depuis celle des Cimbres , aQn de prouver qu'elles n'ont jamais réussi : cette digression de riiistorien iQontre mieux que tout ce que je vous pourrois dire la frayeur dfiê peuples, et les pressentiments de l'avenir.
Ce même Ammien raconte (et ce sont presque les deruici*es lignea de ce fiiûldaLgree de la ville d'Antioche , qui écrivoit en latin ses souvenirs dans la ville de Rome), ce même Ammien raconte que le duc Julien, çpmmandant âu delà du Taurus, ordonna, par lettres secrètes, de massacrer à jour fixe et heure maixjuée les
1 Gum rcgali pompa crematus est, haud sccus quam Dci pi^rsus judicio, ut ab Ipsis igM conbureretur, quos ipse veram fldem petenles iu porfidiam decliuattet et igaeni charilalis a(i gehennœ iguem detorsisset. (Jobu., cap. xxyi.)
* Amii. MAacsLL.! Ub. zxxi, cap, xiu. — ' J'en parlerai ailieure.
&oOei8 dispersés dans les provinces de i'Aste. a Par ce prudent artia (ice , rOrient fut délivré sans brixiC et sans combat d'un grand « danger ' . » La leQon vonoit de Mithridate : elle ne profita ni au royapme de Pont, ni à TEmpire romain. Gratien vengea mieux Yalens , en élevant à la pourpre Tbéodose.
SECONDE PARTIR
La famille de Théodose étoit espagnole comine celle de Trajan J^^i/u" et d'Adrien. Théodose ne sollicita point la puissance : il n'eut'pour „^]J21'jiJI; intrigue que sa renommée, pour protecteurs que la nécessité. 11 suictus, papM* étoit exilé , et fils d'un père , grand général , injusteI^^^I; décapi^ 379>995. ' à Garthage '' *, il desirôit paix et peu , et il eut guerre et richesse ; un empereur qui n'avoit pas dix-neur ans le fit son collègue.
Sous Théodose, successeur de Yalens en Orient, les Goths se divisèrent et se soumirent. Les Yisigotl)s fUrent établis dans l|i Thrace , les Ostrogoths dans la Phrygie et daqs. la Lydie : introduits dans l'Empire, ils n'en sortirent plus. Un parti, çe(uideFrayit(a, païen de religion , vouloit rester fidèle aux Romains \ un autre ' parti , celui de Priulphe ou d'Ériulphe , soulenoit qu'on n'étoit pas obligé de garder la foi à des maîtres lâches et perfides. L'inimitié des deux chefs éclata dans un festin où Théodose les avoit invités : Fravitta suivit Priulphe, qui quittoit la table, et lui plongea son épée dans le ventre *.
Gratien gouvernoit l'Occident , tandis que son frère , Valçnlinien II , encore enfant, résidoit en Italie. Le poète Ausone, qui professoit rhellénismê, avoit eu part à Téduçatiop de Gratien^, et saint Ambroise avoit composé pour ce prince, qu'il appelle Très Chrétien^, une instruction sur la Trinité. Gratien refusa de prendre la robe pontificale des idoles ^ , publia , ensuite rappela u^ édit de tolémnce 7, et exempta les femmes chrétiennes de monteur sur le théâtre*. Le Christianisme étoit un droit futur à la liber^p et un privilège actuel de vertu.
• Quoconsilio prudenii sine strepitu vel mora completo , ortcoUles pTQVinfis fUscrlml' nibuserepl» sunt magnis.(AMM. Margbll., lib. xxxi, cap. xvi.)
» Orosb, p. 319. — 3 EUMAPE, p. 24, c. d.; Zos., p. 7&5 et 777. — 4 AuflOMB, p. 403.
5 Cbristianissinie. (A«bb., dg fide, l. ir, p. 440.) — c Zoui^., lib. lY, p. 774, d.
7 Loi du 47 octobre 578, datée de Gonslantiuople; loi du 3 d'août 579, datée de MUan. {Çod. Theod.)
» cod, Theod,t xv, lit. tu, lib. iv, p. 3W.
Gratien , préférant la chasse à tout autre plaisir , donnoit sa confiance aux Alains de sa garde, particulièrement distingués comme chasseurs : les autres Barbares à son service en conçurent une profonde jalousie. Mellobaudes, roi d'une tribu des Franks ( ce Mellobaudes qui avoit voulu faire reconnottre Yalentinien II pour régner sous le nom d'un enfant ), étoit devenu , à force de souplesse, le favori de Gratien. Alors Maxime, soldat ambitieux, se laissa proclamer auguste dans la Grande-Bretagne, il fondit sur les Gaules , accompagné de trente mille soldats et suivi d'une population Bombreuse qui se fixa en partie dans l'Armorique. Gratien, qui scjournoit à Paris, prend la fuite, est arrêté par le gouverneur du Lyonnois, livré à Andragathius, général de la cavalerie de Maxime, et tué. Mellobaudes partagea le sort du maître qu'il avoit peut-être trahi '. L'empereur d'Orient toléra l'usurpation de Maxime.
Théodose rendit en faveur de la religion catholique un édit fameux : cet édit ordonne de suivre la religion enseignée par saint Pierre aux Romains , de croire à la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, autorisant ceux qui professoient cette doctrine à se nommer catholiques *.
Cependant l'arianisme triomphoit aux rives mêmes du Bosphore : Rome et Alexandrie repoussoient depuis quarante ans la commu- ' nion des évêques et des princes de Constantinople *, la controverse occupoit cette ville entière. « Priez un honHne de vous changer une pièce d'argent , il vous apprendra en quoi le fils diffère du père ^ demandez à un autre le prix d'un pain , il vous répondra que le fils est inférieur au père : informez- vous si le bain est prêt, on vous dira que le fils a été créé de rien^ »
Saint Grégoire de Nazianze essaya de fonder à Constantinople une église catholique : il y fut attaqué , et la discorde divisa son troupeau.
Théodose , après avoir reçu le baptême et publié son édit , enjoignit à Démophile, évêque arien , de rcconnoitre le symbole deNicée, ou de céder Sainte-Sophie et les autres églises à des prêtres de la foi orthodoxe. Grégoire fut installé dans la chaire épiscopale par Théodose en personne , au milieu de ses gardes. Mais les sanctuaires éloient vides , cl la poi)ulation arienne poussoit
• SocR., lib. V ; Zo8 , lib. vu; Pacat., panegyi'. ad Theod,
* Loi du 28 de février 380, datée de Tbessalonique. [Coa, Theod., ivi, lit. i, lib. u, pag.4el5.)
^ ioRTiN, Retnarquet tw ^hiêtoh'e ecclMatlique , i iv, p. 74 ; 5 vol. in-8^i 1673} ; et