SM
jectious contre la iliscipline. \ oyons les i>remières.
Objeciiom 2)hilosophlqiies '. La création est absurde. Quelle volonté peut tirer une parceili; de matière du néant ? 'Joutes les raisons imaginables ne renverseront jamais cet axiome commun : lAien ne se fait de rien. Mais les Écritures mêmes ne l'admettent pas, le néant : Et l'Esprit (le Dieu reposait sur les euur. Voilà donc la matière coexistante avec l'Esprit , voilà donc un chaos.
Dieu , dites-vous, a été rarchitecte ? Ce n'est plus le système chrétien. Mais voyons si cela même peut être admis.
Si Dieu a arrangé la matière , c'est un être impuissant et borné. Le chaos étant la première forme est de nécessité la meilleure, puisqu'elle est la forme naturelle, puisque les vices, les souffrances, les chagrins y dorment passifs. Qu'a fait Dieu '? il a tout séparé, tout divisé , et, en classant les maux, il n'a fait qu'un monde vulnérable dans toutes ses parties, d'un univers engoiudi et tranquille; il adonné une àmeà la douleur, et rendu les peines sensibles ". 11 s'est donc mépris ; et son prétendu ordre est un affreux désordre.
Mais nous vous abandonnons la majeiue.
Nous supposons, pour un moment, que tout est émané de Dieu. Ce Dieu, en créant l'homme, lui a dit : Tu ne pécheras point, ou lu mourras ; et il avoit prévu qu'il pécheroit et qu'il mour-
raisonnements des autres sans les adinrltre ; que je n'ctois pour rien dans les chapitres cpii alloient suivre : ce sont pourtant ces chapitres qui ont servi priiiiipalement d'acte d'accusation contre moi. En vérité , plus on lit V/^ssai. plus on l'examine , et moins on me trouve coupable. Cependant je ne prétends point me faire un bouclier du passage qui donne lieu à cette note; j'ai eu tort, très-grand tort, de rapporter les objections des philosophes contre le christianisme; d'autant plus tort qu'il est évident (pie je m'y complais, (luetout en disant quelles ne sont pas de moi , ce ipii est vrai , j'ai pourtant l'air d'y applaudir. (N. ED.")
' Il seroit impossible de citer à cha(|ue ligne les auteurs doutées rai<onnenrients sont empruntés, parce (pi'ils se trouvent répétés dim bout à l'autre de leins livres, et (pi'il faiidroit pour ainsi dire noter toutes les pages. Je les rassemblerai donc en comnmn à la hn de cha(pie chapitre.
" Voyez, pour la réfutation de toutes ces belles choses , les Notes e( Éclnircisscinents du Gvnio du Chrislianîsme. (>' En.)
KEVULirTOWS ANGIli.NMiS.
roit : tu seras bon , vertueux, on je le condamnerai aux peinesde l'enfer; et Dieu savoii qu'il ne seroit ni bon ni vertueux; et c'étoit lui qui l'avoitcréé ! Dieu , répondez-vous, vous a fait libre ? Ce n'est pas là la question. A-t-il prévu que je tomberois, que je serois à jamais malheureux ? Oui, indubitablement. Eli bien, votre Dieu nest plus qu'un tyran horrible et absurde. Il donne aux hommes des passions plus fortes que leur raison , et il s'écrie : Je t'ai donné la raison ! — Sans doute, et les passions aussi; et tu savois que celles-ci l'emporteroient ; et tu prévis des millions tle siècles avant ma naissance , que je serois vicieux , que je serois condamné à ton tribunal aux éternelles douleurs. Qui t'obligeoit à me tirer du néant ? qui te forçoit, Etre tout-puissant, à faire un misérable ? Ne pouvois-tu me rendre fort et vertueux au degré nécessaire pour me rendre heureux ? tu te crées des victimes , et tu les insultes au milieu des tourments, en leur parlant d'un franc arbitre, sur des choses que ta prescience t'avoit fait couuoitre de toute éternité, et qui, par la raison même que tu les avois prévues, dévoient nécessairement arriver 1
Dieu ne pouvoit vous empêcher de naître dans la chaîne des êtres, où votre place se trouvoit marquée : — d'accord; mais ceci n'est plus le Dieu des Juifs, c'est la destinée, autre système qui a ses inconvénients. Vous vous^ leti-anchez dans le grand argument, et vous dites que nous ne pouvons pas plus comprendre le grand Être, qu'un ciron ne sauroit comprendre un homme : celte Taison, excellente en elle-même, ne prouve rien pour les Écritures. Je m'en tiens à ce que je ne puis comprendre Dieu ; et là-<lessus je n'ai pas plus de motifs d'en croire Moïse que Platon, excepté que celui-ci raisonne mieux (jue celui-là.
Je passe une multitude d'autres raisons philosophiques, telles que celles tirées des diverses espèces de l'homme , de l'ancienneté du globe , etc. , et je viens aux raisons historiques et critiques'.
*Baïle: LKlIrcs du Diderot au Roi de Pnis.sc; TOLAND; VoLT., Dictionn. Philosoph.; Hcme's Pl.iLsopli. Esxni ; Le Bouciikii , Blffon , f te.
CHAPjïIŒ xlv
ôiijections bisloriqucs et critiques.
tM!
ES prophètes d'Israël avoienl depuis longleuips annoncé la mission du Filsde Dieu. Et jl est venu ce Fils de Dieu, et la lettre des prophéties a jélé accomplie.
Une cause uesl pas prédite parce qu'elle arrivera, mais elle arrive parce qu'elle est prédite. De cela les Évangiles mêmes font preuve; ils ont la naïveté de nous dire à chaque ligne : " Et Jésus fit cette chose , afin f/iie Ja parole du j.rophétf fût (ucomplie. » Mais, sans nous arrêter à combattre ^ otre futile argument , nous vous montrerons que cette annonce du Christ ne vient que de la lionteuse ignorance des Juifs : ils convertirent en prédictions le calendrier céleste des Égyptiens , qu'ils n'entendoientpas. Là, on voyoit tout le mystère de la Vierge et de son Fils , qui ne signifioit autre chose que le lever et le coucl.er de diverses constellations. Les Hébreux , en sortant d'Egypte, emportèrent ces signes, et les transformèrent bientôt en des fables les plus absurdes.
Il y a bien plus : c'est quil n'est pas du tout démontré qu'il exista jamais un hommeappelé Jésus, qui se fit crucifier à Jérusalem. , Quelles sont vos preuves de ce fait ? Les Évangiles. Admettriez-vous , dans un |)rocès, comme valides, des papiers visiblement écrits par une des[»arties? Nous raisonnons ici comme si nous croyions à l'autlienticité du Nouveau-Testament ( ce que nous sommes bien loin de faire , comme on le verra par la suite ). Loin de rien trouver dans l'histoire qui" admette la vérité de l'existence du Christ , nous voyons d'après les auteurs latins, qui parlent avec le dernier
H L voLiTio Ns A N Ci i:n m: S
nirpris de la secte naissante ', ([ue les Evani^iles n'étoienl pas même entendus à la lettre parles premiers chrétiens. C'étoientdes espèces d'allégories , des mystères auxquels on se faisoit initier comme à ceux d'Eleusis.
Mais encore il vous a plu de supprimer une multitude d'Évangiles que vous appelez apocryphes , qui cependant ne le sont pas plus que les autres. Là , on remarque tant de contradictions (contradictions que vous n'avez pu même faire disparoître des Évangiles que vous nous avez laissés ), qu'il faut nécessairement en conclure (pie, dans le principe, l'histoire du Christ étoit un conte qu'on brodoit selon son bon plaisir.
Les premiers schismes de l'Eglise viennent à l'appui de cette opinioa. Les Pères ne s'enlendoient pas plus sur le fond que sur la forme. Comment se peut-il qu'étant si près de l'événement, ils ignorassent la vérité? 11 est trop clair , par ce choc de sentiuienls opposés , (pie, le système chrétien n'étant pas encore formé , (Jiacun le modifioit à sa manière. Rien ne paroit donc moins prouvé (jue l'existence du Christ.
Allons plus loin. Admettons la réalité de sa vieet l'authenticité des Évangiles. De la simple lecture de ceux-ci résulte le renversement de la divinité de Jésus. Nous voyons que tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens à Jérusalem, les prêtres, les magistrats, enfin cetleclasse d hommes <[ue, dans tous les temps, on croit de préférence à la populace, re^ardoit le Christ comme un imposteur qui cherchoilàse faire un parti. On lui demanda des miracles publics , et il ne put en faire; mais il ressuscitoit, il est vrai , des morts parmi la canaille. Dans ses réponses il ne s'explique jamais clairement, il parle obscurément , comme l'oracle de Delphes. Quant à sa résurrection , un peu de vin et d'argent aux gardes en explique tout le mystère. A (pii apparut-il après sa sortie triomphante du tomlieau ? A ses disciples , à des femmes crédules , à des gens qui avoient intérêt à prolonirer l'imposture. Il ne se montra pas aux prêtres, au peuple, aux magistrats qui le virent expirer, et
' « Afdicti siip|>llciis cliristiani , gcniis hoiniiiiim su- [lerstilioiiis nov:u ac inrilefîca;. » (SttT., in l\eru)i.} Tacite n'en parle guère mieux.
([ui étoient bien sûrs ipi'il n'étoil plus. Passons, aux dogmes ' .
ciiapitiil; xlvi.
Olijcctions contre L' (iofjniL-.
L paroît, par les preuves internes et externes, que les Evangiles ne furent jamais prêches par Jésus , ni écrits par ses disciples. Ils furent, en toute probabilité , composés à Alexandrie, dans les premiers siècles de 1 Église.
Après les conquêtes d'Alexandrie et l'érection du royaume égyptien par les Ptolémée , les écoles de la Grèce furent transférées à Alexandrie, où elles prirent un nouvel éclat. De la situation de cette cité , qui formoit le passage entre l'Orient et l'Occident , il en résulta que les opinions des brachmanes des Indes, (les mages de la Perse, des anciens prêtres de l'Egypte et des philosophes de lOuest, vinrent se concentrer dans ce foyer commun d'erreurs et de lumières. C'est au milieu de la bibliothèque d'Alexandrie et de cette foule de sectes, que les Évangiles furent visiblement compilés. Ils sont un mélange de diverses doctrines recueillies dans un corps, et revêtues du langage figuré de l'Orient. Leur auteur, ou leurs auteurs, furent sans doute doués d'un beau génie et d'une âme sensible. En rassemblant la morale de tous les sages , la simp'icilé et la pureté des leçons de Socrate , l'élévation des principes de Confucius, de Zoroastre, de Moïse , ils y mêlèrent une tendresse de conir (pii leur étoit propre ; et en y faisant entrer le roman toucliant et allégori(pie du Christ, ils parvinrent à répandre le plus grand charme sur leur ouvrage. Telle est l'histoire de la partie morale des Évangiles ; quant aux dogmes y les voici :
* Voyez les ailleurs cités aux chapitres précdilcnts.
lis
liEVOLUTlOiNS A>Cn:N>iES.
Le mystère de la Trinité est emprunté de l'école de Platon : Dieu, l'Esprit, ou les Idées, l'Ame du Monde, ou le Fils incorporé à la matière '. Du AYislmou des brachmanes vient le mystère de l'Incarnation - , <|ui correspond d'ailleurs à l'âme du monde des académiques.
* Voyez les tliffêrents syslèmes aux articles des philosophes grecs et persans. Il y a eu des niotlernrs qui ont avancé que Jésus-Christ n'étoit autre chose iiue Platon , qu'on disoit aussi sorti du sein dune vierge. Les Indiens avoient de même une trinité : Srce Mun ^arrain, Mhah Letchimy , une belle femme comme le fils , emblème de l'amour), elle Seiijent, ou l'esprit. {Shclchcs on thc Myikologii and Ciislnms of Ihe Hindoos. pag. 11."' * Thèse persons , » dit l'auteur du livre cité. « arc supposed by llie Hindoos to be wholly indivisible. The one is thn e , and the three are one. » (Pag t2.i
= Wisbnon n'étoit pas le seul dieu des Indiens qui se fût incarné. Voici l'histoire d'une des incarnations de Srce Mun Narrain: «SreeMunNarrain,la grande divinité des Indiens, avec ses inséparables associés»! bah Lelchimy et le Serpent.résolut de s'incarner, pour corriger d'énormes abus qui s'étoient glissés parmi les hommes Narrain prit la figure du guerrier Ram; Letchimy devint sa femme, sous le nom de Seetah Devce; et le Serpent métamorphosé joua le personnage de Letchimnm , frère et compagnon (le Ram. Un jour (lu'ilsvoyageoient dans un désert, Rau), se trouvant obligé de quitter Seetah , la confia , jusqu'à son retour, à la garde de son frère Letchimum. Celui-ci demeura quelipn' temps avec sa belle-scenr sans qu'il lui arrivât aucun accident ; mais un fameux magicien ay.-înt enfin aperçu Seetah, en devint éperdûmcnt amoureux. Pour la séparer de son fidèle gardien, il se transforma en un oiseau du |)lus brillant plumage. La foible éponse de Ram n'eut pas plutôt remarqué le perlide oiseau , qu'elle supplia Letchimum de l'attraper. C'est en vain ([ue celui-ci représente le danger: désir de femme est irrésistible. Seetah, sourde à toutes les raisons, daiisim moment de di'pit accuse son beau-frère d'avoir des vues criminelles sur elle. A cette horrible accu^sation , Lctchinumi ne balance plus ; mais , avant de (juitter l'ingrate beauté pour courir aprè-; l'oiseau, il trace un cercle autour d'elle, en lui apprenant (pie, tandis (|u'elle se tiendra dans cet espace , elle n'a rien à craindre. A jieine est-il parti, que le magicien , prenant la forme d'un vieillard décrépit, s'approche de Seetah, et la supplie de lui procurer un peu d'eau pour apaiser une .•■oif ardente. La malheureuse et compatissante épouse de Ram franchit le cercle fatal , et devient la proie du cruel enihanteur. n
L'auteur dont je tire cette historiette se tait sur la suite de l'aventure. 11 paroit seulement que le magicien n'obtint p.is le but de sa perfidie; car lorsque Ram eut retrouvé Seetah , ne se fiant pas trop aux protestations de sa femme, il ordonna l'épreuve par le feu S.'etah marcha surles fers rouges; « mais ses pieds, dit l'auteur, bronzés par l'innocence , les foulèrent comme un lit de Heurs. » [Skeldies of the Afi/lholo<jy < f llte Hindoos , pas.7'<-8l.)
La Vierge, comme nous l'avons déjà dit, renferme un emblème astronomique. La per.séculion, le martyre, et la résurrection du Christ, ne sont (jue le dogme allégorique persan concernant le bon et le mauvais princi|;e, dans lequel le méchant triomphe et détruit d'abord k' bon; ensuite le bon renaît, et subjugue à son tour le méchant. La doctrine de la rénovation des choses et de la résurrection des corps , après l'incendie général du globe , se tire de la secte de Zenon, ou des fatalistes. Il seroit aisé, disoient les philosophes, de morceler ainsi tous vos Evangiles et d'en montrer les pièces de rapport; mais tenons-nous-en ici : il suftit d'avoir fait voir oii vos dogmes fondamentaux ont été puisés. Nous allons maintenant parler de la discipline de votre Église ^
CH.VPITIŒ XLVII.
Olijectious contre la discipline.
OLS dites (pie c'est Dieu lui-même (jui a établi votre Église, où tout respire une origine divine. En vérité , il faut que vous supposiez les hommes bien sots ou bien ignorants.
Votre hiérarchie de cardinaux , d archevêques, d'évèqnes, de prêtres, de diacres, de sous-diacres, sont des institutions égyi)tiennes. Là se Irouvoit un hiérophante, d'où découloil une suite de prêtres, qui diminuoient d'ordres et de pouvoir en raison de leur plus ou moins d'éloignementdu chef suprême. L'Occident, et l'Orient surtout, vous fournirent le modèle de vos cérémonies et de vos costumes. Vous iuiitàles ies chaurs d'enfants, lamarche sur deux colonnes, les oscillations de l'encensoir, la génuflexion et le chant à de certains signaux n'-
f.es llninrs de Voluey et les auteurs prccéden's.
Il 1-: V tj I, l T 1 0 N s \ N C l E?S N R s.
guliers , d'après les pompes auliiiues et romaines. Vous retenez , de nos jours, dans vos cérémonies funèbres, l'air qu'on chanloit à Athènes , dans des occasions semblables , au siècle de Périclès ; et plusieurs de vos sectes marchent encore dans la sandale grecque.
La tenture, l'exposition des tableaux, la suspension des lampes, le dais, les vases d'or et d'argent vous viennent de l'Orient. Mais que disons-nous? vous portez sur vous-mêmes les marques du paganisme , sans vous en apercevoir. La tonsure sur votre tête, l'élole à votre cou , l'hostie et le sacrement rayonnant dans \ os mains ne sont-ils pas les mêmes symboles (jui, parmi les prêtres de la Perse , représentoient le disque et les rayons de l'astre qu'on y adoroit? Si les mages revenoient parmi nous, ne croiroient-ils pas, en voyant vos mitres, vos robes, vos surplis, vos chapes, que vous êtes des membres de leurs sectes, disséminés chez des peuples barbares?
Les détails de vos cérémonies offrent les mêmes rapports. On sait que la comnumion est une institution judaïque. L'époque de vos l'êtes correspond exactement à celle des fêtes chez les anciens. Vous avez conservé même dans vos prières les formes latines. La messe (les rameaux, dans le onzième siècle, où le l>eu[jle répétoit trois fois en chorus le cri d'un âne après r/<e missa esi, cachoit une des allégories les plus obscènes de l'antiquité. Le carnaval, avant le jour des Cendres, n'étoit qu'un reste de bacchanales. Enfin il est clair que vous dérivez votre discipline des pntres du polythéisme*.
JNous ne condamnons pas ceci absolument , ajoutoient les philosophes; nous vous en voulons seulement de n'être pas de bonne foi , et de vouloir faire passer tout cela comme provenant d'une origine céleste ^ Nous sentons fort
* Saint-Foix , Essai sur Paris ; les Piuines de Voliicy vl IcsaiitCHis cités.
' Jjinais l'Église n'a prétcnilii (lue les vcteineiits de SCS pi'clrcs, ([lie 1rs orncii:eiils de sis autels, clc, ciisseiit une origine célcsti'. J'ai mieux raisonné dans le t:c'nie du Ckiistianisme, lors |uc, pour faire aimer la inajrsté de notre culte, j'ai montré ([u'ilsc raitaclioitanx plus nobles coutiimes de l'anti.juité , ct aux traditions h stori(|ucs 1 s plus vénérables. (.N. Éd.)
bien que vous n'auriez jamais converti les peuples au christianisme sans la solennité du culte. C'est en quoi nous préférons la secte romaine. Il est ridicule d'être luthérien, calviniste, quaker, etc., de recevoir, à quelques ilifférences près, l'absurdité du dogme, et de rejeter la religion des sens, la seule (pii convienne au peuple. Il n'est pas plus difficile de croire le tout qu'une partie; el lorsqu'on admet l'incarnation, il n'en coûte pas davantage d'adopter la présence réelle.
l'elles étoient les objections des philosophes modernes contre le christianisme , objections dont je n'ai extrait qu'une très-petite partie. Je suis bien fâché que mon sujet ne me permette pas de rapporter les raisons victorieuses avec lesquelles les Abadie , les Houteville , les Bergier, les Warburlon, ont combattu leurs antagonistes , et d'être obligé de renvoyer ù leurs ouvrages \
Moi, qui suis très-peu versé dans ces matières , je répéterai seulement aux incrédules , en ne me servant que de ma foible raison , ce que je leur ai déjà dit : « Vous renversez la religion de votre pays, vous plongez le peuple dans 1 impiété, el vous ne proposez aucun autre palladium de la morale. Cessez cette cruelle philosophie ; ne ravissez point à linfortuné sa dernière espérance : qu'importe qu'elle soit une iUusion, si celte illusion le soulage d'une partie du fardeau de l'existence ; si elle veille dans les longues nuits à son chevet solitaire et trempé de larmes ; si enfin elle lui rend le dernier service de l'amitié, en fermant elle-même sa paupière , lorsque , seul , abandonné sur la couche du misériibie , il s'évanouit dans la mort ''? »
" Puisque j'a vois ci(é contre la religion d'.iussi misérables autorités que celles i!e Diderot . t!e 'i oland , de Saint-Foix, etc., je pouvois bien ciler pour la religion les Abadie, les Warburton, les Clarke , etc. (N. Ed.)
^ J'ai cité ce paragraplie dans la Préface de V Essai : réuni à celui où je déelare i\m je rup\)itrle les < bjeclions des autres sans les admettre, il détruit, en grande partie , l'effet de ces misérables et odieux chapitres. (N. ÉD.)
IIEVOLUTIONS A^CIENÎN ES.
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