‹ Œuvres de M. Le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 138 sur 201 · TUDI-S · texte numérisé non relu

TUDI-S

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Probiis passa en Egypte, défit, dans la Thé-, baïde , les Blemmyes, sauvages d'Ethiopie, dont on ne sait presque rien ; de là il marcha contre les Perses. Assis à terre , sur Iherhe , au haut d'une montagne d'Arménie, mangeant dans un pot quelques pois chiches, habillé d'une simple casaque de laine teinte en pourpre , la tête couverte d'un chapeau , parce qu'il étoit chauve , sans se lever , sans discontinuer son repas , Probus reçut les ambassadeurs étonnés du grand roi. Il leur dit qu'il étoit 1 empereur ; que si leur maître refusoit justice aux Romains , il rendroit la Pe rse aussi nue d'arbres et d'épis que sa tète l'étoit de cheveux; et il ôta son couvre-chef. « Avez-vous faim ? » ajouta ce Popilius de l'Empire, « partagez mon repas; sinon, retirez-vous ^ »

Probus donna des terres en Thrace à cent mille Bastarnes (nation scythe ou gothique) , qui s'attachèrent au sol. 11 en avoit partagé d'autres aux Gépides , aux Juthongues , aux Vandales , aux Francks : tous cenx-ci se soulevèrent à divers intervalles.

On peut fixer aux règnes de Probus la fin de la première grande invasion des Barbares , bien que les mouvements s'en fissent encore sentir sous Carus , Carin, Numérien, et qu'ils se prolongeassent sous Dioclétien jusqu'à l'avénement de Constantin à l'empire.

Probus, délivré des guerres étrangères, étouffa les révoltes de Saturnin, de Proculus

set, adductis Carthagine copiis, nihilominus domum redire nuUum passa detriraentum potuit. (Zosui., lib. I, pag. 20 , edit. Basileae.)

* Quo in habitu deprehensum a legatisCarinum aiunt. Purpurea vestis humi per lierbam jacebal ; cibus auteni erat pridianum ex ipsis elixis pulmentuin , in hiscpie Trusta quœdam et inveterata porcinarum caniium salsamenta. Eos ergo (Parthorura legatos) cura vidisset , neque surrexisse, neque quidquam mutasse fertin-, sed, e vestigio vocatis dixisse : Se quideni illos scire ad sese venire, se enini Cariuum esse; juveuique régi in eadem die renuntiarent jubere.ni saperet, omnem ipsoruin saltum, cainpumque omnem intra lunare spatium Carini cipite fore nudiorem, siraulque dicentem detracto pileo caput ostendisse nihilo galea adjacente villosius : ac si quidem esurirent, ut manum una in oUam imraitterent permissurum ; sin minus, jubere se eadem hora recedere.

Synesii episcopi Cyrenes de regno ad Arcadiumimperat. , interprète Dionysio Petavio Jesu Presbytero. (Pag. 18. Lutetiœ, 1635.) — On sait qu'il y a erreur dans le texte de Synésius, et qu'il faut rapporter à Probus ce ((u'il attribue à Carin.

et de Bonose. Dans le retour d'une si grande paix , il affirmoit qu'on n'auroit bientôt plus besoin d'armée. Il occupa les troupes oisives à planter des vignes dans la Pannonie , la Mœsie et les Gaules ; et, selon Vopiscus, jusque dans la Grande-Bretagne : on croit que la Bourgogne liù est redevable de ses premières richesses. Probus, guerrier si digne du sceptre, n'en fut pas moins tué jjar ses soldats dans une guérite de fer, d'où il surveilloit les légions employées au dessèchement des marais de Sirmich , sa patrie ' .

* Carus , qui vint après Probus , étoit né à Narbonne , selon les deux Victor. II se disoit originaire de Rome , et il n'est pas sûr qu'il vit jamais cette capitale du monde , dont il étoit souverain. Il fut foudroyé après des victoires remportées sur les Perses , non loin de Ctésiphon, qu'il avoit pris ^. Quand la guerre fatiguée discontinuoit le meurtre de ses prin* ces , le ciel s'en chargeoit .

** Les fils de Carus, Carin et Numérien, reconnus empereurs, célébrèrent à Rome les jeux romains ^ , que Calpurnius ou Calphurnius , poëte oublié comme ces jeux , a chantés ^

niCT.. Bp., ECT.

' Carus emp., et ses deux fils, Carin et Numérien. Euticliien , pape. An de J.-C. 282-285.

- Ctesipliontem usque pervenit... ut alii dicunt morbo . ut plures, fulmine interenii)tus est. Negari non potesl eo tempore quo periit , tantum fuisse subito tonitruum . ut multi terrore ipso exanimati esse dicantur : cuni igitur aegrotaret atque in tentorio jaceret , ingenli esorta tempestate , immani coruscatione , immaniori , ut diximus, tonitru exanimatus est. (Carus, Hist. Aug.. pag. 666.1

"Carin et Numérien P»', emp. Caius, pape. An de J.-C. 28'*.

3 September habet dies 50. — 27. — Ludi romaniani. Mgidii Bucherii.

4 Venlmns ad sedes, uhl puMa sorrilda veste, Inter femlneas speclabat tiirba cathedras. I\am qucEcunique patent sub aperto libéra coplo Aut eques aut iilvel loca densavere tribuni.

' Stabam defiius....

Tum mihl senior.... Quid !

Ad tanlas mlrails opes? qui nesclus auri

sordlda tecta, casas et sola mapalla nostl

En epo et Isia

Facius In urbe senex, stupco tamen

Balteus en genamis, en lllita poiticus auro Cerlalim radiant. Nec non ubi Cnls arcna;, rroxima ma' nioreo peraglt spectecula tnnr.i : Sterullur adjunctis ebur nilrablle truncis.

HISTORIQOI-S.

Nnmérien, revenant de la Perse, fut tiu' par Aper, préfet du prétoire, dont il avoit épousé la fille. !Monies(iuieu remarque (jue les préfets du prétoire étoient à celte époipie auprès des empereurs ce que sont les vizirs auprès des sultans *. Le jeune prince avoit versé tant de larmes sur la mort de son père , que sa vue en et oit affoiblie ; on le portoit dans une litière au milieu des léiîions. Aper , qui convoitoitla pourpre, s'éloil trop hâté; son forfait avoit devancé ses brigues ; le cadavre de jN'umérien , assassiné dans la litière fermée, tomba en pourriture avant que le meurtrier eût pu s'assurer du suffrage des soldats. La présence du crime et le néant des grandeurs

et coït In rotnlatn, tereli qua lubrltus aiis Imposilos sublia vcr;lgiQe fallerel ungues, Eicuter.lquc feras. Auro quoijue lola refulgent Relia , quae toriis In arenam denlibus rxtani

Denlibusôcquatis

.. ..Vidigenus omne fi'rarum, Illc niveos iepures , et noa siue cori.lbus apros

Menticoram

Vidlmus ei tauros

AEquoreos ego cura certantibus ursis

Speclavl Nilulos

Ah! irepidi quoUes arcLae

Vidlmus lu pones, ruptaque voragine leri ae , liinerslsse feras : et elsdtm saepe lalcbris Aurea cum croceo creveruol arbuta libro.

(CAU'tiKMi ecloga seplima.)

J'ai pris place sur fies bancs , au milieu des sièges (Tes femmes, d"où l.i populace, dans les sales habits de sa misère, rcgardoit les jeux; car toute l'enceinte <pii se trouve en plein air est occupée par les tribuns aux toges blanches ou par les chevaliers.

J'adniirois Alors un vieillard :

Pourquoi t'ctonner de tant de richesses? toi qui ne connois pas l'or et n'as jamais habité que sous un toit au hameau , puisque moi-même , (jue cette ville a vu

vieillir, je suis éifloui L'or res[)leiidit au portique,

et les pierreries au pourtour. Au bas du mur de marbre qui environnoit farèiie étoit une roue formée de morceaux d'ivoire rai)portés avec art . qui , par sou axe arrondi et par sa surface glissante, fujvjit subitement sons les ongles des bêtes féroces et empéchoit leur approche. Des hlets dorés étoient enlacés sur l'arène à des dents d'éléphant toutes égales J'ai vu toutes sortes d'animaux, des lièvres blancs, des sangliei's armés de cornes. imementicore f un phoque , des taureaux, des veaux marins, coniliattant contre des ours.

Ah ! combien de fois n'ai-je pas été saisi de frayeur, lorsque l'arène s'eiitr'ouvrant , des bètes sauvages surtoient du gouffre ! souvent aussi du brillant abime poussoient des arbousiers aux liges safranées.

' Grandeur et décadence des Romains.

bumaines furent dénoncés par l'odeur cpai s'en élevoit '.

L'armée tint un conseil à Cbalcédoine, afin d'élire le chef de l'état. Dioclétien , qui commandoit les ofliciers militaires du palais, fut choisi -. Tout aussitôt, descendant de son tribunal , il perce Aper de son épée , et s'écrie : « J'ai tué le sanglier fatal. » Unedruidesse de Tongres lui avoit promis l'empire (juand il auroit tué un sanfjUer , en latin aper •*. A cette élection, du 17 septembre 28}, commença l'ère fameuse dans l'Eglise, connue sous le nom de l'ère de DiocJciieu ou des I\larl\ rs ''.

Dioclétien livra divers combats à Carin, dont les mœurs rappeloient celles des princes déréglés , prédécesseurs des empereurs militaii-es. Carin triompha, mais ses soldats victorieux lui ôlèrentla vie à l'instigation d'un tribun dont il avoit déslionoré la couche. Ils se soumirent à Dioclétien.

Vous aurez à considérer plusieurs choses sous le règne des derniers emjiereurs , Gallus, Emilien , Valérien , Gallien , Claude , Aurélien. Tacite, Probus, Carus et ses fils, par rapport aux chrétiens.

Bien que tous les évèques portassent le nom de pape, l'unité de l'Église s'établissoit : un traité de saint C-yprien la recommande"*.

Gallus et Yalérien excitèrent des persécutions : outre ces persécutions générales , il y en avoit de particulières. Les empereurs a^ant publié des édits contradictoires au sujet de la

' Pâtre mortuo, cum nimio fletu cculos dolere cœpis-

set dum lectica portaretur, factioiie Arrii Apri so-

ceri sui, (jui invadere conabatur imperium, occisus est. Sed cum per phirimos dies de imperatoris salute quœi eretura milite, cocionareturque Aper idcirco illum videri non posse.cjuod oculos invalidos a vento et soie suhtraherct , felore tamen cadaveris res esset prodita : omnes invaserunt Aprum, euiiique aute signa et priucipia protraxere. (Flav. Vopisc. , yumerianux. Hùl. /4u'j., pag. 669.)

2 Doine!>Hciis regens. {Ckïi. Avg. /^i/., pag. 250.)

» Id. , ihid., pag. 2j2. Avant le meurtre d'Aper, il avoit coutume de dire ((u'il tuoit toujours des sangliers, mais qu'un autre les mangeoit : utitur pulpaiiienlo.

' Elle servit long-temps au comput de la fête de Pà- (jues, et elle est encore employée par les Copiites et les Abyssins.

5 De unitate Ecclesi;c catliolic.p, vulgo de simplicitate p.'-a.'Litorum. 'Opéra Ci/p., pag 2o6.)

KTi i)i:s

reli.ïion nouvelle , et ces tdits ne s'abrogeaiil ]ias imituelleiiieiil , il anivoit que les (Itlégucs (In pouvoir , selon leurs caractères , leurs principes et leurs préjugés , usoient de la tolérance ou de rintolémnce de la loi'.

Les papes Corneille , Etienne , Sixte II, succombèrent. Celui-ci avoit transporté les corps de saint Pierre et de saint Paul dans les catacombes qui servoient de temple et de tombeau aux clirétiens. En parlant des mœurs des fidèles , je vous raconterai quelque chose du martyre de saint Laurent.

Cyprien eut la tète tranchée à Carthage ; trois cents chrétiens sans nom ésalèrent , à Utifiue , la fermeté de Caton : ils furent précipités dans une fosse de chaux vive -. Théogène, cvèque, souffrit à Hippone, Fructueux à 'J'aragone , Paturin à Toulouse , Denis à Lutèce •* ; première illustration de cette bourgade inconnue : conune un arbre dans le clos des morts , le christianisme poussoit vigoureusement dans le champ des martyrs. Grégoire le Thaumaturge, près d'expirer, demande s'il reste encore quelques idolâtres dans sa ville épiscopale ; on lui répond qu'il en reste dixsept. (I Je laisse donc a mon successeur autant « d'infidèles que je trouvai de Chrétiens à Néo- « césarée ^. »

Les Barbares , en entrant dans l'Empire , étoient venus chercher des missionnaires : les envoyés de la miséricorde de Dieu allèrent audevant des envoyés de sa colère , pour la désarmer. Des évèques , la chaîne au cou , guérissoient les malades en prêchant la sainte parole. Les maîtres prenoient conliance dans ces esclaves médecins ; ils se figuroient obtenir par eux la victoire , et demandoient le baptême. Les prisonniers se changeoient en pasteurs ; des Églises nomades commençoient au milieu des hordes guerrières rentrées dans leurs forêts comme sous leurs tentes. Ces diverses nations se combattoient les unes les autres, se formoient en confédérations, dissoutes et recomposées selon les succès et les revers ; gens

* PaCIVN.. 232; Cctal'fJ. BlCHClt.

^ PntBENT. PfRiSTEPH., 12.

' Martjfr., 14 mai.

' GREf.>iYSS., pag. lOOC. P.

féroces quibrisoient tous les jougs, et se soumettoient au frein de quelques prêtres captifs.

De tous les corps de l'état , l'armée romaine etoit celui où le cliristianisme faisoit le moins de progrès. Les chrétiens répugnoient à l'enrôlement, parce (|u'ils regardoient les festins, la mesure et la marque comme mêlés de paganisme. i\Iaximilien , appelé au service , disoit au proconsul Dion , à Tebeste en Numidie : « Je ne recevrai point la marque; j'ai « déjà reçu celle de Jésus-Christ *. » D'une autre part, le légionnaire attaché à se!5 aigles renonçoit difficilement à l'idolâtrie de la gloire.

Les hérésiarques et les philosophes continuèrent leur succession : Mauès , avec sa doctrine des deux principes , Plotin et Porphyre , beaux génies, ennemis du Christ.

* Dioclétien associa Maximien au pouvoir suprême , et nomma deux césars , Galère et Constance : l'Orient et l'Italie tomboient dans le di'partement des augustes ; les césars eurent la garde du Danube et du Rhin , en deçà desquels se plaçoient les provinces de l'Occident. La possession romaine se trouva divisée entre quatre despotats, ce qui prépara la séparation finale de deux empires d'Orient et d'Occident.

L'armée, obéissant à quatre maîtres, n'eut plus assez de force pour les créer ; il n'y eut plus assez de trésors dans l'une des quatre divisions territoriales pour fournir à un usurpateur le moyen d'acheter l'élection. Dioclétien diminua le nombre des prétoriens et leur opposa deux nouvelles cohortes, lesjoviens et les berculiens.

Mais ce qui fit la sûreté du prince causa la ruine de l'état : ces légions, qui choisissoieut les empereurs, repoussoient en même temps les Barbares: c'étoit une république militaire qui se donnoit des maîtres nationaux et n'en vouloit point d'étrangers. Lorsque Dioclétien eut opéré ses changements ; lorsque Constantin ,

* Milita et accipe signaciiliim. — Non accipio signaciilum. Jainliabeo sigiiiiu» Christi Dei niei. (Acta nincera rtuinaitii , pag. 510.)

• Dioclélien et Maximien, emp. Caius et Marcelin, p ipC9. An de J.-C. 285-30j.

iiiSTouiyi. i:s.

continuant la même politique , eut cassé les }»rétoriens; lorsque, au lieu de deux préfets du prétoire, il en eut nomnié quatre; lorsqu'il eut rappelé les légions qui gardoient les fronlii-res pour les mettre en garnison dans le cœur de l'Empire, le règne des légions expira, le |)Ouvolr domestique prit naissance. Le droit d'élection fut partagé entre les soldats et les eunuques ' : la liberté romaine, qui avoit commencé dans le sénat, passé au forum, traversé l'armée , alla s'enfermer dans le palais avec des esclaves à part de la race humaine ; geôliers de la liberté qui n'avoient pas même la puissance de perpétuer dans leur famille la servitude héréditaire.

Le sénat partagea l'abaissement des légions. Home ne vit presque plus ses empereurs ; ils résidèrent à Trêves , à IMilan, à Nicomédie, et bientôt à Constant inople. Dioclétien modela ia cour sur celle du grand-roi ; il se donna le surnom de Jupiter ; au lieu de la couronne de laurier, il ceignit le diadème , et ajouta au manteau de pourpre la robe d'or et de soie. iJes officiers du palais de diverses sortes, et partagés en diverses écoles , furent constitués : les eunuques avoient la garde intérieure des appartements. Quiconque étoit introduit devant l'empereur se prosternoit et adoroit. Les successeurs de Dioclétien, et peut-être luimême, se firent appeler votre Éternité, et ils vécurent un jour 2. Sachez néanmoins que les empereurs s'arrogèrent ce titre par une espèce de droit d'héritage. Rome se surnommoit la ville éternelle ; le peuple romain avoit vu dans l'immutabilité du dieu Terme le présage de la durée de sa puissance : en .usurpant les

' Adrien de Valois remarque qu'autre chose étoit milites chez les Romains et autre chose exeicilus ; à l'ap- [lui de sa remaKjue il cite le passage d'Jdace : -Ipud Constantlnopoli m Mavciunus à militibl's et ab exer- CITU, instante eliam sorore Thtodosis Pulchcria regina , efficitur iniperaloi: Le savant historien entend par exercitu la cour et les officiers du palais : il a raison. Grégoire de Tours et d'autres auteurs emploient la même distinction : la suite des faits démontre ((ue 1 élection étoit devenue doulili^. c'est-à-dire qu'elle s'opéroit par le concours des officiers du palais et de ceux (Je l'armée. Falesiana, pag. 79.

^ALU. ViCT., jjag. 323; EtTHOP. , pag. 386; Gbeg. NaZ., or. 3;ATU., ^pjlo(j. cont. ylrian. ; A>l'.li\%. Marcel., lil». XV.

pouvoirs politiques, les despotes usurpèrent aussi les forces religieuses. Toutefois cette transmission du sort de l'espèce au deslin de l'individu n'étoit (lu'ime fausseté impie : les nations qui changent de mœurs , de lois , (;e nom , de sang , ne meurent point , il est vrai ; mais est-il rien de plus vile et de |)lus mortel (jue l'homme ?

Ce ne fut guère que six ans après l'association de Maximien à l'empire que Dioclétien s'adjoignit les deux césars Galérius et Constance. On vit dans les Gaules , sous le nom de Bagaudes', une insurrection de paysans, assez semblable à celles qui éclatèrent en France dans le moyen âge. OElianus et Amandiis, chefs de ces paysans , prirent la pourpre. Leurs médailles nous sont parvenues - moins comme une preuve hisîorique du pouvoir d'un maître que comme un monument de la liberté : on a cru qu'OElianus et Amandus étoient chrétiens ^. Maximien soumit ces hommes rustiques dont le nom rei)arut au cinquième siècle. Salvien, à celte dernière époque, excuse leur révolte par leurs souffrances : la facliun de la misère est enracinée.

Carausius dans la Grande-Bretagne, Aquilée en Egypte , furent vaincus, l'un par Constance, l'autre par Dioclétien , après une usurpation plus ou moins longue. Galérius, d'a- Ijord défait par les Perses , les défit à son toiu-. Dioclétien , grand administraleiu', homme fin et habile ^, répara et augmenta les fortifica-

^ MB. ViCT.,pag. 524.

^ EuTHOP . pag. 3*3: GOLTZii mes. rei. nntiq., p. \î.

' f^it. S. Babol. in And. Du Ch. Hist. Fr. Scrip.

' J'ai tracé dans les Martyrs les portraits de Dioclétien. de Galérius et de Constantin, avec la fidélité historique la plus scrupuleuse : au lieu de les refaire, qu'il me soit permis de les rappeler.

« Dioclétien a d'éminentes qualités ; son esprit est 1 vaste, puissant, hardi; mais son caractère, trop sou- " vent foible , ne soutient pas le poids de son génie. « Tout ce qu'il fait de grand et de petit décoide de <i lune ou de l'autre de ces sources. Ainsi l'on remarque '< dans sa vie les actions les plus opposées : tantôt c'est « un prince plein de fermeté, de lumières et de courage. » qui brave la mort, qui connoit la dignité de son rang. « (jui force Galérius à suivre à pied le char impérial a comme le dernier des soldats; tantôt c'est un homme • liinide (jui tremble devant ce même Galérius, (pii a ilotte irrésolu entre mille projets, qui s'abandonne aux " superstitions les plus déplorabl-s, et qui ne se son-

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