II. Antiquités de peuples provenant tïorigine européenne
Au titre de cette division , l'on sourira peut-être , en se rappelant qu'à peine trois siècles se sont écoulés depuis que les Européens ont pénétré dans ces contrées ; cependant on me permettra de le conserver, parcequ'on trouve quelquefois des obje s provenant des relations établies , depuis plus de cent cinquante années , entrâtes Indigènes et diverses nations européennes, et que ces sujets sont souvent confondus avec d'autres qui sont réellement très anciens. Les François sont les premiers Européens qui aient parcouru le pays que comprend aujourd'huf l'état de rohio. Je n'ai pu m'assurer exactement de l'époque ; mais nous savons , par des documents authentiques , publiés à Paris dans le dix-septième siècle ' , qu'ils avolent, en 1655, de vastes établissements dans le territoire Onondaga, appartenant aux Six nations.
Charlevoix , dans son Histoire de la Nouvelle-France , nous apprend que l'on envoya, en 1654, à Onondaga, des missionnaires qui y bâtirent une chapelle; qu'une colonie françoise s'y établit, en 1656 , sous les auspices de M. Dupuys, et
• Hisloriœ CanadentiSf Hve Novo^Frandœ, libii dfcem, ad annum utque christi 1661 ; par le jésuite françois Creuxiu».
se retira en 16&8. Quand Latalle partit du Canada et redescendit le Mississipi, en 1679 , il découvrit une vaste plaine, entre le lac des Hurons et des Illinois, oà il trouva un bel établissement appartenant aux Jésuites.
Dès lors , les François ont parcouru tous les bords du lac Érié, du fleuve Ohio et des grandes rivières qui s'y Jettent ; et suivant l'usage .d<^ Européens d'alors , iisprenoient possession du pays au nomade leur souverain, et souvent , après un TeDeum, ils consacroient le souvenir de l'événement par quelque acte solennel, comme de suspendre les armes de France, ou déposer des médailles ou des monnoies dans les anciennes ruines, ou de les Jeter à l'embouchure des grandes rivières.
n y a quelques années que M. Grégory a trouvé une de ces médailles é l'embouchure de la rivière de Mnskhigum. C'est une plaque de plomb de quelques pouces de diamètre , portant d'un c6té le nom françois Pet iu- Belle- Rivière , et de l'autre celui de Louii XI y.
Près de Portsmouth, à l'embouchure du Scioto, on a trouvé, dans une terre d'alluvion , une médaille franc-maçonnique représentant , d'un côté, un cœur d'oè sort une branche de casse , et de l'autre , un temple dont la coupole est surmontée d'une aiguille portant un croissant.
A Trumbull , on a trouvé des monnoies de Georges II ; et dans le comté d'Har« rison, des pièces de Charles.
On m'a dit que l'on a trouvé , il y a quelques années , à l'embouchure du Darbycreek , non loin de Cheleville, une médaille espagnole bien conservée ; elle avoH été donnée par un ambrai espagnol é une personne qui étoit sons les ordres do De Soto, qui débarqua dans la Floride en 1&38. Je ne vois pas qu'il soit bien difficile d'expliquer comment cette médaille s'est trouvée près d'une rivière qui se Jette dans le golfe du Mexique, quelle que soit sa distance de la Floride, si l'on se rappelle qu'un détachement de troupes que De Soto envoya pour reconnoltre le pays ne revint plus auprès de lui , et qu'on n'en entendit plus parler. Ainsi cette médaille peut avoir été apportée et perdue dans le lieu même où on l'a trouvée par la personne é qui elle avoit été donnée ou par quelque Indien.
On trouve souvent, sur les rives de l'Ohio , des épées , descanons de fusil , des haches d'armes, qui sans doute ont appartenu à des François , dans le temps où ils avoient des forts k Pittsbourg , Ligonier , Saint-Vincent , etc.
On dit qu'il y a dans le Kentucky , à quelques milles sud-est de Portsmouth » une fournaise de cinquante chaudières ; Je ne doute pas qu'elle ne remonte à It même époque et é la même origine.
On dit que l'on a trouvé près de Nashville , dans la province de Tennessee , plusieurs monnoies romaines , frappées peu de siècles après l'ère chrétienne, et qui ont beaucoup occupé les antiquaires ; ou elles peuvent avoir été déposées à dessein par celui qui les a découvertes , comme il est arrivé bien souvent , ou elles ont appartenu k quelque François.
En un mot , je ne crains pas d'avancer qu'il n'est dans toute l'Asie , dans toute l'Amérique septentrionale , médaille ou monnoie portant une on plusieurs lettres d'un alphabet quelconque , qui n'ait été apportée ou frappée par dçs Européens ou leurs descendants.
m. Antiquités du peupls qui habitoit jadis Ut parties occid^nUUes des
Etats-Unis.
Cette dasse, sans contredit la pins Intéressante pour l'antlqaaire et le phflosophe , comprend tous les anciens forts , des toint>eaux , quelquefois très vastes , flCTés en terre ou en pierres , des cimetières , des temples , des autels , des eamps , des YiHes , des tlliages , des arènes et des tours , des remparts entourés de fossés ; «nfin des ouvrages qui annoncent un peuple beaucoup plus civilisé que ne le sont les Indiens d'aujourd'hui, et cependant bien inférieur, sous ce rapport, aux Européens. En considérant la vaste étendue de pays couverte parces monuments , les lÉvvaux qu'ils ont coûté, la connoissance qu'ils supposent des arts mécaniques, la privation où nous sommes de toute notion historique et même de toute tradition, fintérét que les savants y ont pris , les opinions fausses que l'on a débitées , enfin la dissolution complète de ce peuple , j'ai cru devoir employer mon temps et porter mon attention à reelierdher particulièrement cette classe de nos antiquités ilont on a tant parlé et que fon a si peu comprise.
€es anciens ouvrages sont répandus en Europe , dans le nord de l'Asie ; on pourroil en commencer le tracé dans le pays de Galles ; de lA traversant l'Irlande, là Normandie , la France , la Suède , une partie de la Russie , Jusqu'à notre continent. En Afrique , les pyramides ont la même origine ; on en voit en Judée , dans la Palestine et dans les steppes (plaines désertes) de la Turquie.
GTest au sud du lac Ontario , son loin de la rivière Noire (Black-river) , que l'on trouve le plus reculé de ces monuments dans la direction nord-est ; un autre , sur la rivière de Chenango , vers Oiford , est le plus mértdlénal , A l'est des Alto* ghanys. Ces deux ouvrages sont petits , très anei<ens , et semMelit indiquer dans celle direction les bornes des établissements du penpto qui les érigea. Ces peuplades venant de l'Asie , trouvant nos grands lacs et suivant leurs bords , ont-elles élé reponsffées par nos Indiens , et les petits forts dont nous avons parlé ont-ila été construits dans la vue de les protéger contre les Indigènes qui s'étoient établis sur les côtes de l'Océan Atlantique ? En suivant la direetkm occidentale du lac Érié , à l'ouest de ces ouvrages , on en trouve çA et là , surtout dans le pays de Oenesée , mais en petit nombre et peu étendus , Jusqu'à ce qu'on arrive A l'embouchure du Catarangus-creek , qui sort du lae Érié , dans le pays de New-York ; c'est lA que commence, suivant M. Clinton , une ligne de forts qui s'étend au sud A plus de cinquante milles sur quatre milles de largeur. On dit qn'M y a nnt autre ligne parallèle A celle-là , mais qui n'est que de quelques arpents , et dont lee remparts n'ont que quelques pieds de hauteur. Le Mémoire de M. Clinton renferautnt une description exacte des antiquités des parties occidentales de New-York , Aous ne répéterons point ici ce qu'il a si bien dit.
SI , en effet , ces ouvrages sont des forts , ils doivent avoir été oonstmlts par an peuple peu nombreux , et ignorant complètement les arts mécaniques. En avançant au sud-ouest , on trouve encore plusieurs de ces forts ; mais lorsque l'on arrive vers le fleuve Licking , près de Newark , on en volt de très vastes et très Inléressants r aIa^ qn'en s'avancant vers Circlevilte. Il y en aveU quelques-uns A Ghillicothe , mais ils ont été détruits. Ceux que l'on trouve sur les bords du Pointcreek surpassent A quelques égards tous les autres , et paroissent avoir renfermé une grande ville ; il y en a aussi de très vastes à l*embouchure du Scioto et du Haskinguoi ; enfin , ces monuments sont très répandus dans la vaste plaine qui
s'étend da lac Érié au goffè du Mexique , et offrent de plus grandes dimensions à mesure que Ton ayance , vers le sud , dans le voisinage des grands fleuves , et toqjours dans des contrées fertiles. On n'en trouve point dans les prairies de rohlo , rarement dans des terrains stériles ; et si l'on en voit , ils sont peu étenduf et situés A la lisière dans un terrain sec. A Salem , dans le comté d'Ashtabula, près de la rivière de Gonnauglit , à trois milles environ du lac Erié , on en voit un de forme circulaire , entouré de deux remparts parallèles séparés par un fos5é. Ces remparts sont coupés par des ouvertures et une route dans le genre de nos grandes routes modernes , qui descend la colline et va Jusqu'au fleuve par une pente douce , et telle qu'une voiture attelée pourroit facilement la parcourir^ et ce n'est que par là que l'on peut entrer sans difficulté dans ces ouvrages. La végétation prouve que dans l'intérieur le sol étoit beaucoup meilleur qu'à l'extérieur.
On trouve dans l'intérieur des cailloux arrondb , tels qu'on en voit sur les bords du lac, mais Ils semblent avoir subi l'action d'un feu ardent ; des fragmenta de poterie d'une structure grossière et sans vernis. Mon correspondant me dit que l'on y a trouvé parfois des squelettes d'hommes d'une petite taille : ce qui prouveroit que ces ouvrages ont été construits par le même peuple qui a érigé nos tombeaux. La terre végétale qui forme la surface de ces ouvrages a au moins dix pouces de profondeur ; on y a trouvé des objets évidemment confectionnés par les Indiens, ainsi que d'autres qui décèlent leurs relations avec les Européens. Je rapporte ce fait ici pour éviter de le répéter quand je décrirai en détail ces monnments , surtout ceux que l'où voit sur les bords du lac Érié et sur les rivages des grandes rivières. On trouve toujours des antiquités Indiennes à la surface ou enterrées dans quelque tombe, tandis que les objets qui ont appartenu au peuple qui a érigé ces monuments sont à quelques pieds de profondeur ou dans le lit des rivières.
En continuant d'aller au sud-ouest , on trouve encore ces ouvrages ; mais leurs remparts , qui ne sont élevés que de quelques pieds , leurs fossés peu profonds et leurs dimensions décèlent un peuple peu nombreux.
On m'a dit que , dans la partie septentrionale du comté de Médina (Ohio) , on a trouvé , près de l'un de ces monuments , une plaque de marbre polie. C'est san^ doute une composition de terre glaise et de sulfate de chaux , ou de plâtre de Paris , comme j'en ai vu souvent en longeant l'Ohio. Un observateur ordinabre t dû s'y méprendre.
jinciens ouvragée près de JVewark,
En arrivant vers le sud , ces ouvrages , qui se trouvent en plus grand nombre , plus compliqués et plus vastes , annoncent une population plus considérable et un progrès de connolssances. Cenx qui sont sur les deux rives du Licking, près de Newark, senties plus remarquables. On y reconnott :
1° Un fort qui peut avoir quarante acres compris dans ses remparts, qui ont généralement environ dix pieds de hauteur. On volt dans ce fort huit ouvertures (ou portes) d'environ quinze pieds de largeur , vis-à-vfe desquelles est une petite élévation de terre, de même hauteur et épaisseur que le rempart extérieur. Cette élévation dépasse de quatre pieds les portes que probablement elle étoit destinée à défendre. Ces remparts , presque perpendiculaires , ont été élevés si habilement que l'dn ne peut voir d'où la terre a été enlevée.
2'' Un fort circulaire , contenant environ trente acres , et communiquant aa premier fort par deux remparts semblables.
3<> Un observatoire construit , partie en terre , partie en pierres , qui dominoit une partie considérable de la plaine, sinon toute la plaine, comme on pourroit 8*en convaincre en abattant les arbres qui s'y sont élevés depuis. Il y a voit sous cet observatoire un passage , secret peut-être , qui eonduisoit à la rivière , qui , depuis , s'est creusé un autre lit.
4*" Autre fort circulaire , contenant environ vingt-six acres, entouré d'un rempart qui s'élevoit, et d'un profond intérieur. Ce rempart a encore trente-cinq à quarante pieds de hauteur , et quand j'y étois le fossé étoit encore à moitié rempli d'eaû , surtout du côté de l'étang '. Il y a des remparts parallèles qui ont cinq à six perches de largeur et quatre ou cinq pieds de hauteur.
5<* Un fort carré , contenant une vingtaine d'acres , et dont les remparts sont semblables à ceux du premier.
6<* Un intervalle formé par le Racoon et le bras méridional du Licking. Nous avons lieu de présumer que , dans le temps où ces ouvrages étoient occupés, ces deux eaux baignoient le pied de la colline ; et ce qui le prouve , ce sont les passages qui y conduisent.
V L'ancien bord des rivières qui se sont fait un Ht plus profond qu'il ne l'étoit quand les eaux baignoient le pied de la colline : ces ouvrages étoient dans une grande plaine élevée de quarante ou cinquante pieds au-dessus de l'intervalle , qui est maintenant tout unie , et des plus fertiles. Les tours d'observation étoient i l'extrémité des remparts parallèles, sur le terrain le plus élevé de toute la plaine; elles étoient entourées de remparts circulaires qui n'ont aujourd'hui que quatre ou cinq pieds de hauteur.
8<* Deux murs parallèles qui conduisent probablement à d'autres ouvrages.
Le plateau, près de Newark, semble avoir été le lieu, et c'est le seul que J'ai vu, où les habitants de ces ouvrages enterroient leurs morts. Quoique l'on en trouve d'autres dans les environs , je présumerois qu'ils n'étoient pas très nombreux , et qu'ils ne résidèrent pas longtemps dans ces lieux. Je ne m'étonne pas que ces murs parallèles s'étendent, d'un point de défense à l'autre , à un espace de trente milles , traversant toute la route , Jusqu'au Hockboking , et , dans quelques points , à Quelques milles au nord de Lancastre. On a découvert , en divers lieux , de semblables murs , qui , selon toute apparence , en faisoient partie , et qui s'étenàpient i dix ou douze milles; ce qui me porte à croire que les monuments du Licking ont été érigés par un peuple qui avolt des relations avec celui qui habitolt les rives du fleuve Hockboking , et que leur route passolt au travers de ces murs parallèles.
S'il m'étoit permis de hasarder une conjecture sur la destination primitive de ces monuments , Je dirois que les plus vastes étoient en effet des fortifications ; que le peuple habitoit dans l'enceinte , et que les murs parallèles servoient au double but de protéger , en temps de danger , ceux qui passoientde l'un de ces ouvrages dans l'autre , et de clore leurs champs.
On n'a point trouvé d'âtres , de charbons , de braises , de bols, de cendres , etc., objets que l'on a trouvés ordinairement dans de semblables lieux , cultivés au-
> Cet éUng couvre cent cinquante à deux cents acres ; il étoit à sec il y a quelques années, en sorte que l'on flt une récolte de blé là où Ton voit aujourd'hui dix pieds d*eau ; quelquefois cet éUng baigne les remparts du fort : il attenoit lés remparts parallèles.
jourd*hai. Cette plaine étoil probablement couverte de forêts ;Je n'y ai trouvé que quelques pointes de flèches.
Toutes ces ruines attestent la sollicitude qu'ont mise leurs habitants é se garantir des attaques d'un ennemi du dehors ; la hauteur des sites , les mesurei prises pour s'assurer la communication de l'eau ou pour défendre ceux d'entre eux qui alioient en chercher ; la fertilité du sol , qui me parolt avoir été cultivé; enfin, toutes ces circonstances , qu'il ne faut pas perdre de vue , font foi de la sagacité de ce peuple.
\ quelques milles au-dessus de Newark , sur la rive inéridionale du Ucking, on trouve des trous profonds que l'on appelle vulgairement des puits , mais qui n'ont point été creusés dans le dessein de se procurer de l'eau ft'alche ou salée.
11 y a au moins un millier de ces trous , dont quelques-uns ont encore aujourd'hui une trentaine de pieds de profondeur. Ils ont excité vivement la curiosité do plusieurs personnes : l'une d'elles s'est ruinée dans l'espoir d'y trouver des métaux précieux. M'étant procuré des échantillons de tous les minéraux qui se trouvent dans ces trous et aux environs , J'ai vu qu'ils se bomoient à quelques beaux cristaux de roche , & une espèce de pierre (arrow-stone) propre à fahre des pointes do flèches et des lances , à un peu de plomb, de soufre et de fer, et Je suis d'avU qu'en effet les habitants , en creusant ces trous, n'avolent aucun but que de se procurer ces objets , sans contredit très précieux pour eux. Je présume que, si l'on ne trouve pas dans ces rivières des objets faits en plomb , c'est que ce métal s'oxyde facilement.
Monuments du comté de Peny ( Ohio ).
Au sud de ces monuments , à quatre ou cinq milles au nord-ouest de Somerset, on trouve un ancien ouvrage construit en pierres.
C'est une élévation en forme de pain de sucre , qui peut avoir douze à quinxe pieds de hauteur ; il y a un petit tombeau en pierres dans le mur de clôture.
Un rocher est en face de l'ouverture du mur extérieur ; cette ouverture oflye un passage enlre deux rochers quisontdans le mur, et qui ont de sept à dix pieds d'épaisseur. Ces rocs présentent à l'extérieur une surface perpendiculaire de dix pieds de hauteur ; mais après s'être étendus à une cinquantaine d'acres dans l'inlérieur , ils sont de niveau avec le terrain. Il y a une issue.
On y voit aussi un petit ouvrage dont l'aire est d'un demi-acre ; ses remparts sont en terre , et hauts de quelques pieds seulement. Le grand ouvrage en pferres renferme dans ses murs plus de quarante acres de terrain | les murs sont construits de grossiers fragments de rochers , et l'on n'y trouve point de ferrure. Ces pierres, qui sont entassées dans le plus grand désordre, formeroient, régulièrement placées , un mur de sept à huit pieds de hauteur , et de quatre à six d'épaisseur. Je ne pense- pas que cet ouvrage ait été élevé dans un but militaire ; mais, dans le cas de l'affirmative , ce ne peut avoir été qu'un camp provisoire. Des tombe4iux de pierres , tels qu'on les érigeoit anciennement , ainsi que des autels ou des monuments qui servolent â transmettre le souvenir de quelque événement mé« morable, me font présumer que c'étolt une enceUite sacrée où le peuple célébroit, â certaines époques , quelque fête solennelle. Le sol élevé et le manque d'eau rendoieul ce lieu peu propre à être longtemps habité.
fS4 NOTES.
monuments que Von trouve a Marietta (Ohio).
En descendant la livfère de Moskfngam , à ton emboachare à Mtrietta , on voit pkiiienrs ouvrages Urès-cuienz , qui ont été bien décrits par divers auteurs. Je fais rassembler id tons les renseignements que J'ai pu en recueillir , en y ajoutant mes propres observations.
Ges ouvrages oeeupent une plaine élevée au-dessus du rivage actuel du Musklngum, i l'orient et a un demi-mille de sa jonction avec TOhio; ils conaislent en ■nrs et en remparts alignés , et de forme circulaire et carrée. *
Le grand fort carré, appelé par quelques auteurs la yuu^ renferme quarante acres entourés d'un rempart de cinq à dix pieds de hauteur » et de vingt-cinq à Ircirte pieds de largeur ; douEe ouvertures pratiquées k distances égales semblent «voir été des portes. Celle du milieu , du côté de la rivière , est la plus grande ; de là , i reitérieur , est un chemin couvert formé par deux remparts intérieurs de Yingl-un pieds de liauteur , et de quarante-deux pieds de largeur à sa base ; mais à reitérieur , ils n'ont que cinq pieds de liauteur. Cette partie forme un passage d'environ trois cent soixante pieds de longueur , qui, par une pente ^graduelle , s'étend dans la plaine et attcignoit sans doute jadis les bords de la rivière. Ses remparis commencent à soixante pieds des remparts du fort , et s'élèvent à mesure que te chemin descend du c6té de la rivière , et le sommet est couronné par un grand olwniin bien construit.
Dans les murs du fort, au nord-ouest, s'élève un rectangle long de cent quatre-vingt-huit, large de cent trente-deux, et haut de neuf pieds, uni au sommet et presque perpendiculaire aux côtés. Au centre de chacun des côtés, on voit des degrés , régulièrement disposés , de six pieds de largeur, qui conduisent au sommet. Prés du rempart méridional , s'élève un autre carré de cent cinquante pieds sur cent vingt, et de huit pieds de liauteur, semblable au premier, à la réserve qu'au lieu de monter au côté , il descend par un chemin creux, large de dix i vingt pieds du centre, d'où il s'élève ensuite, par des degrés, jusqu'au sommet. Au sud-est, on voit s'élever encore un carré de cent huit sur quatre- vingtquatorze pieds, avec des degrés à ses côtés, mais qui ne sont ni aussi élevés, ni aussi Irien construits que les précédents ; un , au sud -ouest du centre du fort, est une élévation eircnlaire d'environ trente pieds de diamètre et de cinq pieds da hauteur, près de laquelle on voit quatre petites excavations â distances égales, et opposées l'une à l'autre. A l'angle , au sud-ouest du fort , est un parapet circolaire avec une élévation qui défend l'ouverture du mur. Vers le sud-est est BB autre fort plus petit contenant vingt acres , avec une porte au centre de chaque eôté et de chaque angle; cette porte est défendue par d'antres élévations eircnlaires.
▲ l'extérieur du plus petit fort est une élévation en forme de pain de sucre d'une grandeur et d'une hauteur étonnantes ; sa base est un cercle régulier de cent quinze pieds de diamètre, sa hauteur perpendiculaire est de trente pieds; elle est entourée d'un fossé de quatre pieds de profondeur sur quinze pieds de langeur, défendu par un parapet de quatre pieds de hauteur, coupé, du côté du fort, par une porte large de vingt pieds. U y a encore d'autres murs, des élévations et des excavations moins bien conservées.
La principale excavation , ou le puits de soixante pieds de diamètre , doit avoir eu, dans le temps de sa construction, vingt pieds de profondeur au moins; elle
n'est aujonrd'hiil que de douze à quatone piedf , pêj suite des éboalements caa« ses par les pluies. Celle eicavalion a la forme audenne ; on y descendoit par des marches , pour pouvoir puiser l'eau à la main.
Le réservoir que l'on voil près de l'angle septentrional du grand fort avoit vingtcinq pieds de diamélre , et ses côtés s'élevoient, au-dessus de la surface, par un parapet de trois à quatre pieds de hauteur. Il éloit rempli d'eau dans toutes les saisons ; mais aujourd'hui il est presque comblé , parcequ'en nettoyant la place , on y a jeté des décombres cl des feuilles mortes. Cependant, l'eau monte à la surfoce el oflye l'aspect d'un étang stagnant. L'hiver dernier, le propriétaire de ce réservoir t entrepris de le dessécher , en ouvrant un fossé dans le petit chemin couvert : il est arrivé â douze pieds de profondeur, et ayant laissé couler l'eau , il a trouvé que les parois du réservoir n'étoient point perpendiculaires , mais inclinées vers le centre en forme de cône renversé , et enduites d'une croûte d'argile fine et colorée , de huit À dix pouces d'épaisseur. Il est probable qu'il y trouvera des objets curieui qui ont appartenu aux anciens habitants de ces lieux.
J'ai trouvé , hors du parapet et près du carré long , un grand nombre de firagments d'ancienne poterie : ils étoienl ornés de figures curieuses et faits d'argile; quelques-uns étoienl vernis intérieurement; leur cassure éloit noire et parsemée de parcelles brillantes ; la matière en est généralement plus dure que celle des fragments que j*ai trouvés près des rivières. On a trouvé, à dilTérenles époques, plusieurs objets de cuivre, entre autres une coupe.
M. Duna a trouvé dernièrement à Walerford, à peu de distance du Muskingum, un amas de lances et de pointes de flèches : elles occupoient un espace de huit pouces de longueur sur dix-huit de largeur, à deux pieds de profondeur d'un côté, el à dix-huit pouces de l'autre ; il parolt qu'elles avoient été mises dans une caisse dont un côté s'est affaissé : elles paroissent n'avoir point servi. Elles ont de deux â six pouces de longueur ; elles n'ont point de bâtons , el sont de fi^re presque triangulaire.
Il est remarquable que les terres des remparts el les élévations n'ont point été tirées des fossés , mais apportées d'assez loin ou enlevées uniformément de la plaine, comme dans les ouvrages du Licking, dont nous avons parlé plut haut. On a trouvé surprenant que l'on n'ait découvert aucun des instruments qui doivent avoir servi à ces constructions ; mais des pelles de bois suffisent.
Monuments trouvés a Circleville (Ohlo).
A vingt milles au sud du Columbui , el près du point où il se Jette dam la tMto de Hangus, on trouve deux fbrts , l'un circulaire et l'autre ctrré :1e premier eit entouré de deux murs séparés par un fbssé profond ; le dernier n'a qu'un rnitr et point de fossé ; le premier avolt soixante-neuf pieds de diamètre ; le dernier, chiquante-cinq perches. Les remparts du fort circulaire avoient au moins vingt pMi de hauteur avant qu*on eût construit la ville de CIrclevifle. Le mur intérieur étoit d'une argile que l'on avoN , selon toute apparence , prise a« nord du fart , oé l'on voit encore que le terrain est le plus bas ; le rempart extérieur est formé de la terre d'alluvlon enlevée du fossé, qui a plus do cloquante pieds de profondeur. Aujourd'hui , la partie extérieure du rempart a cinq à six pieds de hauteur, €< le fossé de 11 partie intérieure a encore plus de quinze pieds. Ces moouneiila per« éefllkma les Jevs, ettereftt MeaMI eatlèreamt iélrails.LesfSBpani'iifQH
carré ont encore plas de dix pieds de haateur : ce fort avoit huit portes ; le fort circulaire n'en avoit qu'âne. On volt aussi, en face de chacune de ces portes, une élévation qui servoit à les défendre.
Comme ce fort étoit un carré parfait , ses portes étolent à distances égales ; ses élévations étolent en ligne droite.
irdevoit 7 avoir une élévation remarquable avec un pavé mi-drculaire dans sa partie orientale , en face de l'unique porte ; le contour du pavé se voit encore en quelques endroits que le temps et la main des hommes ont respectés.
Le fort carré Joignolt au fort circulaire dont nous avons parlé. Le mur qui environne cet ouvrage a encore dix pieds de hauteur ; sept portes conduisent dans ce fort, outre celle qui communique avec le fort carré ; devant chacune de ces portes étoit une élévation en terre, de quatre à cinq pieds , pour les défendre.
Les auteurs de ces ouvrages ont mis beaucoup plus de soin à fortifler le fort circalaire que le fort carré : le premier est protégé par deux remparts, le second par an seul ; le premier est entouré d'un fossé profond , le dernier n'en a point ; le premier n'est accessible que par une porte ; le dernier en avoit huit, et qui avoient plus de vingt pieds de largeur. Les rues de GIrcleville couvrent aujourd'hui tout le fort rond et plus de la moitié du fort carré. La partie de ces fortifications qui reofermoit l'ancienne ville ne tardera pas àdisparottre.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans ces ouvrages , ce sont la précision et Texactltude de leurs dimensions, qui prouvent que leurs fondateurs avaient des connoissances bien supérieures à celles de la race actuelle de nos Indiens ; et leur position, qui colncldoit avec la déclinaison de la boussole, a fait présumer à plusieurs auteurs qu'Us dévoient avoir cultivé l'asttonomie.
Monuments sur les bords du Point' creek (Ohio).
Les premiers que l'on rencontre sont à onze, et les autres à quinze mllies i l'ouest de la ville de Chillicothe.
L'un de ces ouvrages a beaucoup de portes : elles ont de huit A vhigt pieds de largeur; leurs remparts ont encore dix pieds de hauteur, à partir des portes; ils ont été construits de la terre enlevée au lieu même. La partie de l'ouvrage earréa huit portes; les côtés du carré ont soixante- six pieds de longueur, et renferment une aire de vingt-sept acres et '/.o* Cette partie communique par trois portes au plus grand ouvrage ; l'une est entourée de deux remparts parallèles de quatre pieds de hauteur. Un petit ruisseau, qui coule au sud-ouest, traverse la plus grande partie de cet ouvrage , en passant par le rempart. Quelques personnes présument que cette cascade étoit , dans l'origine , un ouvrage de l'art ; elle a quinze pieds de profondeur et trente-neuf de surface ; il y a deux monticules , l'un est Intérieur, l'autre extérieur : ce dernier a environ vingt pieds de hauteur.
D'autres fortifications sont contlgués à celle-là ; l'ouvrage carré est exactement semblable i celui que nous venons de décrire.
Il n'y a point d'élévations dans l'intérieur des remparts ; mais on en trouve une de dix pieds de hauteur, à une centaine de perches i l'ouest. La grande partie Irréguliére du grand ouvrage renferme soixante-dix-sept acres ; ses remparts ont huit portes, outre celle que nous venons de décrire; ces portes, très diiïérenies entre elles, ont d'une à six perches de largeur. Au nord-ouest , on voit une autre élévation qui est jointe par une porte au grand ouvrage , et qui a soixante perches de diamètre, ikson ceatire est un autre cercle de six perches de diamètre , et dont
les remparts ont encore qualre pieds de hautear . On 7 remarque trois anciens puits, l'un dans l'intérieur, les autres hors du rempart. Dans le grand ouYrage de forme irréguliëre, on trouve des élévations elliptiques : la plus considérable, qui est près du centre, a vingt-HïInq pieds de hauteur ; son grand axe est de vingt, son petit de dix perches ; son aire est de cent cinquante-neuf perches carrées. Cet ouvrage est presque entièrement construit en pierres, qui doivent 7 avoir été transportées de la colline ou du lit de la haie ; il est rempli d'ossements humains ; il y a des personnes qui n'ont pas hésité à y voir les restes des victimes qui ont été sacrifiées dans ce lieu.
L'autre ouvrage elliptique a deux rangs : l'un a huit , l'autre a quinze pieds de hauteur ; la surface des deux est unie. Ces ouvrages .ne sont pas aussi conmiuns ici qu'au Mississipi et plus au sud.
Il y a un ouvrage en forme de demi-lune dont les hords sont construits en pierres que l'on aura sans doute prises à un mille de là. Près de cet ouvrage il y a une élévation haute de cinq pieds , et de trente pieds de diamètre , et tout entière formée d'une ocre rouge que l'on trouve â peu de distance de lé.
Les puits dont nous avons parlé plus haut sont très-larges : l'un a six et l'autre dix perches de contour ; le premier a encore quinze , l'autre dix pieds de profondeur ; on y trouve de l'eau ; on volt encore quelques autres de ces puits sur la route.
Un troisième ouvrage encore plus remarquable est situé sur une colline haute, à ce qu'on dit, de plus de trois cents pieds , et presque perpendiculaire en plasieurs points. Ses remparts sont des pierres dans leur état naturel , qui ont été portées sur le sommet que ce rempart couronne. Cet ouvrage avoit, dans le principe, deux portes qui se Irouvoient aux seuls points accessibles ; à la porte du nord , on voit encore un amas de pierres qui enrôlent suffi à construire deux grandes tours. De là à la baie , on voit un chemin qui , peut-être, a été construit Jadis , dont les pierres sont parsemées sans ordre , et dont la quantité auroit suffi pour en élever un mur de quatre pieds d'épaisseur sur dix de hauteur. Dans l'intérieur du rempart on voit un endroit qui semble avoir été occupé par des fours ou des forges ; on y trouve des cendres A plusieurs pieds de profondeur. Ce rempart renferme une aire de cent trente acres. C'étoit une des places les plus fortes.
Les chemins du rempart répondent à ceux du sommet de la colline , et l'oa trouve la plus grande quantité de pierres A chaque porte et à chaque détour du rempart , comme si elles avoient été entassées dans la vue d'en construire des tours et des créneaux. Si c'est là que furent les enceinus sacrées , tWeê étoient en effet défendues par les plus forts ouvrages ; nul militaire ne pourroit choisir une meilleure position pour protéger ses compatriotes, ses autels et ses dieux.
Dans le Ht de la Pint, qui iMigne le pied de la colline, on trouve qualre puits remarquables ; ils ont été creusés dans un roc pyriteux , où l'on trouve beaucoup de fer. Lorsqu'ils furent découverts, par une personne qui passoit en canot, ils étoient couverts de pierres semblables à nos meules, percées au centre; le trou avoit quatre pouces de diamètre , et semble avoir servi à y passer une anse pour pouvoir les Oter à volonté. Ces puits avoient plus de trois pieds de diamètre, et avoient été construits en pierres bien jointes.
L'eau étant très-large, je pus bien examiner ces puits; leurs couvercles sont cassés en morceaux, et les puits même sont comblés de pierres. 11 n'est pas douteux qu'ils n'aient été construits de main d'homme ; mais on s'est demandé quel
peut avoir été le bot de lear construction, puisqu'ils sont dans le fleuTe même? On pourrolt répondre que probablement Teau ne s'étendoit pas alors Jusqu'A cet endroit. Quoi quMl en soit , ces puits ressemblent à ceux que l'on a décrits en parlant des patriarches : ne remontoientrils pasà cet|e époque?
On reconnoft aussi un ouvrage circulaire d'environ sept à huit acres d'étendue, dont les remparts n\>nt aujourd'hui que dix pieds de hauteur et sont entourés (fan fossé» excepté en une partie large de deux perches, où l'on volt une on- Yertare semblable à celles des carrières de nos grandes routes ' , qui conduit dans un embranchement de la baie. A Fextrémité du fossé , qui rejoint le rempart de chaque cdlé de celte route, on trouve une source d'une eau excellente, et, en descendant vers le plus considérable, on découvre la trace d'un ancien chemin. Ces sources , ou plutôt le terrain où elles se trouvent a été creusé a une grande profondeur par la main des hommes.
La maison du général William Vance occupe aujourd'hui cette porte , et son Vtrger t enceinte sacrée.
Monuments de Portsmouth (Ohlo).
▲ rsubMichore du Seloto, on voit encore un ancien ouvrage de fortMcatlon qnl a'éleDë sor la eOta de Rentncky, près de la ville d'Alexandrie. Le people q«l habHoit ce pays paroit avoir apprécié llmportance de celle position.
Du côté de Kenlucky, sur l'Ohio, vis-à-vis de l'embouchure du Scioto, est un vatêe loti avec me grande élévation en terre près de l'angle extérieur dv sud- OMat f et des reMparti parallèles. Les reasparts parallèles orientaux onl nneporte ^ CMHtnH à la rivière par une penla très rapide de plus de dix perche» : ils ont GMon de quatre A six pieds de hauteur, et communiquent avec le fort par une porte. Deux petits ruisseaux se sont creuSé , autour de ces remparts , «tepcrlfl ^iKHa sent abandonnés , des Hts de dix A vingt pieds de profondeur : ce qnt peut Cilri Joger de Tantlquité de ces ouvrages.
Le flsrl, presque carré, a cinq portes; ses remparts en terre ont encore de qMiofae A vingt pieds de hauteur.
De la porte A l'angle nord-enesl du fort s'étendent , presque Jusqu'A l'Ohio, deox remparts parallèies en terre , qui vont se perdre dans quelques bas-fonds près da bord. La rivière perolt avoir un peu changé son cours depuis que ces nrmperts enl été élevés. On voM un monticule A l'angle extérieur sud-ouest du fort, n ne seuMe pas qu'il ait été destiné A servir de Heu de sépulture : il est trop vaste. Cest un grand ouvrage qui s'élève A plus de rlngt pieds , et dont la inrfoee, très unie, peut avoir un demi-acre; Il me parott avoir été destiné an Même usage que les carrés de Mariette. Entre cet ouvrage et l'Ohio, on voit une belle pièce de terre. On a trouvé dans les remparts de ce fort me grande quan- Ulé de haches , d'armes , de pelles , de canons de fùsll, qui ont évidemment été enfouis par les François , lorsqu'ils fUyoient devant les Anglois et Américains vietorleuiy A l'époque éb la prise du fort Duquesne, nommé plus tard fort fitt. On aperçoit» dans ces remparts et aux environs, les traces des fouilles que Ton a foltes pour chercher ces objets.
Phislears tombemx eut été owerts ; on y a trouvé des objets qui ne laissent, A mon avis, aucun doute sur leur» auteurs et sur répoque où ils ont été dé-
tTumpIteRoid.
NOTES. iSê
Il y a, sur U rive septentrionale de la rivière, dea ouvrages plus vutet eneora et plus imposants que ceux que nous venons de citer
En commençant par le bas-fond , près de la rive actuelle du Scioto , qui seaibla avoir changé un peu son cours depuis que ces fortifications ont été élevées, on' voit deux remparts parallèles en terre , semblables à ceux qui se trouvent é% Tautre côté de TOhio , que nous avons décrits. De la rive du Scioto , ils s'étendent vers l'orient à huit ou dix perches , puis s'élargissent peu à peu , de distance en distance, de la maison de M. John Brown, et s'élèvent à vingt perchea. Cette colline est très escarpée , et peut avoir quarante à cinquante pieds de hauteur ; le plateau offre un terrain uni , fertile , et formé par les alluvions de l'Ohick On y voit un puits qui peut avoir aujourd'hui vingt-cinq pieds de profondeur % mais llmmense quantité de cailloux et de sable que l'on trouve après la eoneàa de terreau, peut faire juger que l'eau de ce puits étoit Jadis de niveau avec lu rivière , même dans le temps où ses eaux étoient basses.
n reste quelques traces de trois tombeaux circulaires élevés de six pieds aadessus de la plaine , et renfermant chacun près d'un acre. Non loin de là est on ouvrage semblable , mais beaucoup plus élevé , qui peut avoir enaore vingt pieda de hauteur perpendiculaire et contenir une acre de terrain. Il est circulaire, et l'on y voit des remparts qui conduisent jusqu'au sommet , mais ce n'étoit point un cimetière. Cependant il y en a un près de là , de forme conique, dont le sommet a au moins vingt-cinq pieds de hauteur, et qui est rempli de cendres du peuple qui construisit ces fortiGcations ; on en trouve un semblable au nord-ouest , qui est entouré d'un fossé d'environ six pieds de profondeur, avec un trou au milieu. Deux autres puits , qui ont encore dix ou douze pieds de profondeur, me paroissent avoir été creusés pour servir de réservoir d'eau , et ressemblent à ceux que j'ai décrits plus haut. Près delà, on voit un rempart d'un accès facile, mais élevé si haut qu'un spectateur, placé à son sommet , verroit tout ce qui se passe.
Deux remparts parallèles , longs de deux milles et hauts de six à dix pieds , conduisent de ces ouvrages élevés au bord de l'Ohio ; ils se perdent sur les bas-fonds prés de la rivière, qui semble s'en être éloignée depuis l'époque de leur construction. Entre ces remparts et le fleuve , il y a des terres aussi fertiles que toutes celles que l'on trouve dans la belle vallée de l'Ohio , et qui , cultivées , ont pu suffire aux besoms d'une nombreuse population. La surface de la terre, entre tous ces remparts parallèles , est unie , et semble même avoir été aplanie par l'art. C'étoit la route pour aller aux hautes-places ; les remparts auront servi à défendre et clore les terres cultivées.
Je n'ai vu , dans le pays bas, qu'un de ces cimetières, peu large , et qui parott avoir été celui du peuple qui habitoit la plaine.
Monuments qu'on voit sur Us bords du Petit^Miami.
Ces fortifications, dont plusieurs voyageurs ont parlé, sont dans une plaine presque horizontale, à deux cent trente- six pieds au-dessus du niveau de la rivière, entre deux rives très escarpées. Des portes, ou, pour mieux dire, des embrasures, conduisent dans les remparts. La plaine s'étend à un deml-mlIle à Test de la route. Toutes ces fortifications, excepté celles de l'est et de l'ouest , où passe la route, sont entourées de précipices. La hauteur du rempart dans Tinté* rieur varie suivant la forme du terrain extérieur, étant, en général , de hultàdil
pieds ; mais , dans la plaine , elle est de dii-neuf pieds et demi , et la base de quatre perches et demie. l>ans quelques endroits, les terres semblent avoir été entraînées par les eaux qui filtrent de l'intérieur.
A une vingtaine de perches à Test de la porte par laquelle la roule passe, on TOit, à droite et à gauche , deux tertres d'environ onze pieds de hauteur, dont descendent des gouttières qui parolssent avoir été faites â dessein pour communiquer avec les branches de la rivière, de chaque côté. Au nord-est de ces élévations , et dans la plaine, on voit deux chemins, larges d'une perche, et hauts de trois pieds, qui , parcourant presque parallèlement un espace d'un quart de mille , vont former un demi-cercle irrégulier autour d'une petite élévation. A l'extrémité sudouest de l'ouvrage fortifié , on trouve trois roules circulaires , de trente et quarante perches de longueur, taillées dans le précipice entre le rempart et la rivière ; le rempart est en terre. On a fait beaucoup de conjectures sur le but que s'étoient proposé les constructeurs de cet ouvrage , qui n'a pas moins de cinquante-huit portes ; il est possible que plusieurs de ces ouvertures soient l'efliet de l'eau qui , rassemblée dans l'intérieur, s'est frayé un passage. Dans d'autres parties , le rempart peut n'avoir point été achevé.
Quelques voyageurs ont supposé que cet ouvrage n'atolt eu d'autre but que l'amusement : J'ai toujours douté qu'un peuple sensé ait pris tant de peine pour on but si frivole. Il est probable que ces ouvertures n'étolenl point des portes , qu'elles n'ont pu même être produites par l'action des eaux , mais que l'ouvrage , pour d'autres causes , n'a pas été terminé.
Les trois chemins » creusés avec de grands efforts dans le roc , et le sol pierreux , parallèlement au Petit-Miami , parolssent avoir été destinés à servir de portes pour Inquiéter ceux qui passeroient la rivière- J'ai appris que, dans toutes leurs guerres , les Indiens font usage de semblables chemins. Quoi qu'il en soit , Je ne déciderai pas si (comme on le croit assez généralement) toutes ces fortifications sont l'ouvrage d'un même peuple et d'une même époque.
Quant aux routes , assez semblables à nos grandes roules , sf elles éloient destinées à la course, il est probable que les tertres senroienl de point de départ et d'an ivée , et que les athlètes en faisoient le tour. Le terrain que les remparts embrassent , aplani par l'art , peut avoir été l'arène ou ie lieu où Ton célébroit les Jeux. Nous ne l'affirmerons pas ; mais Rome et l'ancienne Grèce offrent de semblables ouvrages.
Le docteur Daniel Drake dit , dans la Description de Cincinnati : « Il n'y a « qu'une seule excavation ; elle a douze pieds de prorondeur, son diamètre en a « cinquante; elle ressemble à un puits A demi rempli. »
On a trouvé quatre pyramides ou monticules dans la plaine : la plus considérable est à l'ouest de l'enclos, à la distance de cinq cents janls (aunes); elle a aujourd'hui trente-sept pieds de hauteur ; c'est une ellipse dont les axes sont dans la proportion de 1 à 2 ; sa base a cent cinquante pieds de circonférence; la terre qui l'entoure étant de trente ou quarante aunes de distance plus basse que la plaine , il est probable qu'elle a été enlevée pour sa conslrucUou : ce qui, d'ailleurs, est confirmé par sa structure intérieure. On a pénétré presque jusqu'au centre, composé de marne et de bois pourri; on n'y a trouvé que quelques ossements d'hommes, une partie d'un bois de cerf et un pot de terre renfermant des coquilles. A cinq cents pieds de cette pyramide , au nord-ouest , il y en a une nutre d'environ neuf pieds de hauteur, de forme circulaire , et presque aplatie au
sommet; on ii*y-a trouvé que quelques ossements et une poignée de grains de cuivre qui avoient été enfilés. Le monticule qui se voit à l'intersection des deux rues dites Tbiri et Main , est le seul qui coïncide avec les lignes fortifiées que nous avons décrites : il a huit pieds de hauteur, cent vingt de longueur et soixante de largeur; sa figure est ovale, et ses axes répondent aux quatre points cardinaux. Sa construction est bien connue , et tout ce qu'on y a trouvé a été soigneusement recueilli. Sa première couche éloit de gravier élevé au milieu ; la couche suivante , formée de gros cailloux , étoit convexe et d'une épaisseur uniforme ; sa dernière couche consistoit en marne et en terre. Ces couches étoient entières , et doivent avoir été construites après que l'on eut déposé dans ce tombeau ces objets que l'on y a trouvés. Voici le catalogue des plus remarquables :
1** Des morceaux de jaspe, de cristal de roche, de granit, cylindriques aux extrémités, et rebombés au milieu , terminés par un creux, en forme d'anneaux.
2^ Un morceau de charbon rond , percé au centre comme pour y introduire un *manche, avec plusieurs trous régulièrement disposés sur quatre lignes.
3* Un autre d'argile , de la même forme , ayant huit rangs de trous , et bien poli.
4<^ Un os orné de plusieurs figures , que l'on présume des hiéroglyphes.
5*" Une figure sculptée , représentant la tête et le bec d'un oiseau de proie (qui est peut-être un aigle).
6<> Un morceau de mine de plomb {gaiena ) , comme on en a trouvé dans d'au* très tombeaux.
7<* Du talc ( mica membranacea ).
S"* Un morceau ovale de cuivre avec deux trous.
9** Un plus grand morceau du même métal avec des creux et des rainures.
Ces objets ont été décrits dans Iss quatrième et cinquième volumes des Tran--
sactions philosophigurs américaines Le professeur Barton présume qu'ils
ont servi d'ornements , ou qu'on les employoitdans les cérémonies superstitieuses.
M. Drake a découvert depuis , dans ce monument :
IQo Une quantité de grains ou de fragments de petits cylindres creux, qui paroissent faits d'os ou d'écaillés.
11" Une dent d'un animal Carnivore, qui parott ^tre celle d'un ours.
12<> Plusieurs coquilles , qui semblent du genre buccinurrif taillées de manière à servir aux usages ordinaires de la vie , et presque calcinées.
13" Plusieurs objets en cuivre , composés de deux plaques circulaires concavesconvexes , réunies par un axe creux , autour duquel il a trouvé le fil ; le tout est tenu par les os d'une main d'homme. On en a trouvé de semblables dans plusieurs endroits de la ville. La matière dont ils sont faits est du cuivre pur et de la rosette ; ils sont couverts de vert de gris. Après avoir enlevé ce carbonate , on a trouvé que leur gravité spécifique étoit de 7,545 et de 7,857. Ils sont plus durs que les feuilles de cuivre ordinaire; mais on n'y voit aucune figure, aucun ornement.
1 4<> Des ossements humains. On n'a pas découvert plus de vingt ou trente squelettes dans tous ces monuments ; quelques-uns étoient renfermés dans de grossiers cercueils de pierre, et généralement entourés de cendres et de chaux.
Ces ouvrages ne me [laroissent pas avoir été des fortifications construites dans un but militaire; leur site n'est point une raison suffisante; on sait que la plupart des lieux destinés au culte religieux , en Grèce , à Rome , en Judée , étoient situés
lY. 16
sur les hauteurs. M. Drake croit que les anciens ouyrages que Toa trouve dans le pays de Bliami sont les vestiges des villes qu'habitoient ces peuples dont nous ne retrouvons plus d'autre trace , et son opinion me parolt très-protMble.