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« s'assied sur la natte de feu /, partout sont les ennemis de votre « race. Ils ne sont plus ces temps où vous pouviez disposer de « toutes les solitudes» où tous les fleuves couloient pour vous « seuls. Vos tyrans ont demandé de nouveaux satellites ^ ils mé- « ditent une nouvelle invasion de nos foyers. Mais notre jeunesse « est florissante et nombreuse ^ n'attendons pas qu'on vienne nous « surprendre et nous égorger comme des femmes. Mon sang se « rallume dans mes veines, ma hache brûle à ma ceinturq. Nat- « chez , soyez dignes de vos pères! et le vieil Adario vous con- <« duit dès aujourd'hui aux batailles sanglantes. Puissent les fieu- « ves rouler à la grande eau les cadavres des ennemis de ma « patrie!. Puissiez-vous , ô terre trop généreuse descbairs rouges , « étoufler dans votre sein le froment empoisonné qu'y jeta la main « de la servitude! Puissent ces moissons impies épandues sur la « poussière de nos aïeux ne porter sur leur tige que les semences « de la tombe ! » .
Ainsi parla Adario. Les guerriers, les matrones, les vieillards même, troublés par sa mâle éloquence, s'agitent comme le blé dans le boisseau bruyant qui le verse à la meule rapide. Ondouré se lève au milieu de l'assemblée.
Le Grand Chef des Natehez, bien qu'il fût encore d'une force étonnante, touchoit aux dernières limites de la vieillesse; sa plus proche parente , la violent^ Akansie , éloit mère du jeune fils qui devoit hériter du rang suprême : ainsi l'a voit réglé la loi de l'État. Âkansie nourrissoit au fond de son cœur une passion criminelle pour Ondouré , un des principaux guerriers de la nation y mais Ondouré, au lieu de répondre à l'amour d'Akansie, brûloit pour Géluta, dont le cœur commençoit à Incliner vers l'étranger, hôte du vénérable Ghactas.
Dévoré d'ambition et d'amour, ayant contracté. tous les vices des Blancs qu'il détestoit , mais dont il avoit l'adresse de se foire passer pour l'ami, Ondouré avoit pris la ré^ution de se taire dans le conseil , afin de se ménager, comme à son ordinaire, entre les deux partis; mais son ^moyr pour Géluta et sa jalousie naissante contre René l'entraînèrent à prononcer ces paroles : «< Pères « de la patrie, qu'attendons-nous? Le grand Adario ne npus a-t-il « pas tracé la route? Je ne vois ici que le sage Ghactas qi^i puisse « s'opposer à la levée de la hache \ Mais enfin le vénérable fils « d'Outalissi montre un trop grand penchant pour les étrangers. « Falloit-il qu'il introduisit encore parmi nous cet hôte dont l'ar-
» Le midi. — « La guerre.
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<« ft*ivée a été marquée par des signes funestes? Chactaë , cette lil- N ihièrc des peuples , sentira bientôt que sa générosité remporte <t au delà des bornes de la prudence : il sera le premier à renier « ce fils adoptif, à lé sacrifier, s'il le faut, à la patrie. »
GOttitiie autrefois une bacchante que l'esprit du dieu avoit saisie cotiroit écherélée sur tels montagnes qu'elle faisoit retentir de ses hurlements , la jalouse mère du jeune Soleil se sent transportée de fùfeuT à ce^ paroles d'Ondouré : elle y découvre la passion de ce guerrier jpour une rivale. Ses joues pâlissent , ses regards lancent dëis éclalrd sur l'homme dont elle est méprisée : tous ses membres sont agités comme dans une fièvre ardente. Elle veut parler, et les mbts manquent à Ses pensées. Que va-t-elle dire? que ta-t^Ue proposer au conseil? là guerre ou la paix? Exigera-t-^lle la mort ou le banfaissenient de l'étranger qui augmente l'amour d'Ondouré pour là fille de Tabaniicâ? Demandera-t-elle au contraire l'adoption du nouveau fils do Ohactas, afin de désoler par là présence dé René l'ingrat qui la- dédaigne , afin de lui feire éprouver une partie des tourments qu'elle endure? Ces paroles tothbent de ses lèvres décolorées et tremblantes :
a Vieillards insensés ! n'avez-vous point songé au danger de la M présence deâ Européens parmi nous? Avez-vous des secrets pour li îrehdre le sein des femmes aussi fk*oid que le vôtre? Lorsque la M vierge trompée sera comme le poisson que le filet a jeté palpite tant sur le sable aride ; lorsque réponse aura trahi l'époux de « sa couche ; lorsque la ihère , oubliant son fils , suivra éperdue <c dans les forêts le guerrier qui l'enti^tne , vous reconn61lre:É , é faais trop tard , votre imprudence. Réveillez-vous de l'assoupie A itemënt dé vos années! Oui, il faut du sang aujourd'hui! La H guerre ! il faut du sang ! les Manitous l'ordonnent ! un fou dé- « vôrànt coule dans tous les cœurs. Ne consulter point les enté traînes de Tours sacré : les vœux , les prières , les autels sditt M inutiles à nos maux ! »
Elle dit : sa couronne de plumes et de fleurs tombe de sa tête. Comme tin pavot frappé des rayons du soleil se penche vers la terre , et laisse échapper de sa tige les gouttes amères du somirieil -, ainsi la fomme jalouse , dévorée par les feux de l'amour, baisse son Trbni dont la mort semble épancher des sueurs glacées. La confusion règne dans l'assemblée; une épaisse ftimée, répandiie paf les Esprits du mal , remplit la salle de ténèbres ; on entend les cris des matrones , les mouvements des guerriers , la voix des vieillards. Ainsi dans un atelier des ouvriers préparent les lai*