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1er quod in nobis , circà docendi rationes , aut in eligendo judicium, aut in exequendo ingenium desideraretur. Studium hujusmodi memoria incboat , ratio prosequitur , perfîcit excogitandi labor. Ad banc regulam professor conatus , ut ego banc oratiônis partem , accommodet.
In- pueri ingenium cadit magis verba retinere quàm prsecepta intelligere. Cùni partes oratiônis mutabiles habuerit perceptas ac cognitas , aut etiam ? si prima hsec studiorum impedimenta avidiiis prsetervolare cupit , statim in mediam abripiatur linguam 9 bac scriptâ interpretatione subnixus , quse cujusque verbi sensum , eu jusque verborum comprehensionîs ordinem detegens , quse cuncta sub ejus manu m congerens subsidia, in ris dissipata libris , quorum apparatu magis se deterreri quàm allevari sentit y eum ferè , m intelligences auetoribus ? ab investîgandi
( 27° ) duit presque l'intelligence d'une langue à une simple lecture , et par des restitutions adroites où elle reproduit , pour la clarté , les mots supprimés pour l'élégance, ne prolonge cette lecture que pour abréger le travail. En même tems , afin de remédier à cette bizarrerie de la mémoire humaine, qui peut aller si souvent d'un terme à un autre , sans revenir du second au premier ; qui peut , par exemple, nous suggérer les expressions françaises correspondantes au latin, sans nous redonner dans un autre moment les expressions latines correspondantes au français : cet ouvrage de la traduction consommé, ramenez votre élève par des transitions ménagées dans un ordre rétrograde , du français auquel il est arrivé , au latin d'où il est parti ; et alors par un effet qui semblera prodigieux , et qui cependant est naturel et se répète chaque jour dans les langues vulgaires , vous le verrez, presque sans aucune théorie, commençant à parler la
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molestiâ ad legendi facilitatem traducit ; verbaque ob coiicinnîtatem suppressa , ob perspicuitatem reponens , quantum adjicit lectioni , tantùni de labore detrahit. Simul , ut huic mémorise vitio medearis y quae in quemdam impulsa cursum vix regredi potest; quœ, ut exemplum proferam, gallica verba respondentia latinis , née rursùm fortassè latina respondentia gallicis subjicere poterit ; hâc interpretatione perfectâ , id est , cùm puer à latino sermone ad gallicum pervenerit, à gallico ad latinum gradatim referatur : tune , quod videbitur contra naturam , quod tamen et secundum naturam et secundum morem in linguis vulgaribus existit, ferè omni doctrinâ destitutus linguam latinam quam ex usu incœpit intelligere , ex imitatione incipiet loqui. Ne verô in iis proludiis consistas velim. Tarda usûs disciplina. Nonne etiam prsestantissimo ingenio homines in suâmet îinguâ barbari
( 272 ) langue latine par imitation , de même qu'il a commencé à l'entendre par habitude. Mais , ne vous arrêtez pas à ce premier essai. L'usage seul laisse trop long-temps flotter l'esprit. Ne voyons-nous pas même les hommes les plus heureusement organisés, mourir sans avoir pu parler avec pureté leur langue , parce qu'ils se sont bornés au seul usage ? D'ailleurs en écartant cette notion des principes , vous perdriez l'un des beaux avantages que puisse procurer l'étude d'une langue , celui de développer l'esprit de l'enfant par des considérations appropriées à sa faiblesse. Que ce premier succès, obtenusans les règles, ne soit donc pas une raison de les dédaigner ; qu'il soit plutôt un moyen d'y conduire. Offrez- les ces règles à un élève ainsi préparé , et elles ne se présenteront plus comme un fardeau à sa mémoire , ni comme une énigme à sa raison , mais comme la dernière lumière qui viendra dissiper tous les nuages que le précédent exer-
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sôepê reperiuntur, quod eam soîo usu ma-
gistro didicerunt ? Prœtereà ; hâc prœcepto-
rum notioue sublatâ , pucherrimum illud
evanesceret, quod è linguarum studio ex-
surgit, ese scilicet exercitationes , qure in
puero judicandi prudentiam , citrà ejus vexa-
tionem , acuunt ac corroborant. Primuni
hune ergo successum, ad quem sine prae-
ceptorum adjumento pervenit , non is exïtus
consequatur , ut prœcepta ipsa respuat îti-
solentiùs, sed ut illa arripiat celeriùs. Om-
nis haec regularum séries discipulo sic pa~
rato offeratur , neque ejus memoriam obruet
aut intelligentiam obcœcabit , sed ut novum
affulgebit lumen , quod caliginem puerili
ingenio adhuc offusam discutiet. Intentus
ergo in primos humanœ iutelligentiœ co-
natus -, in praecipua linguse latînae funda-
menta ; in partes illas difficiliores quibus
a gallicâ recedit ac discrepat , suam co^i-
tandi facuïtatem exploret, ex ipsâ oratione
cice devait nécessairement laisser encore. Que dans une suite d'aperçus qui aient pour objets les opérations les plus simples de l'entendement , les principes les plus généraux de la langue latine , considérée en elle-même, les difficultés particulières de cette même langue , considérée relativement à la française , l'élève apprenne successivement à étudier son esprit, dans les premiers développemens qu'il reçoit paria parole ; à le soumettre avec rigueur à des règles invariables; à le plier avec souplesse aux formes nouvelles , aux caprices multipliés de la langue étrangère. Dans ce dernier travail , où son objet est de transmettre sesidées de la langue maternelle dans l'idiome ancien> il ne suffit pas que la théorie l'éclairé sur les écueils qu'il doit craindre ; il faut encore qu'une praticme persévérante , opiniâtre , rompant en quelque sorte son esprit aux directions que prescrit la règle pour éviter ces écueils , le mène par une suite d'efforts , au point de les
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( s7^~ ) vires ac penè initia sumentem ; eâm ad omneni praeceptorum. ratïonem constante?
applicet ; ad variôs linguœ externse liberioresque lusus solerter inflectat. UJtimo in hoc labore , ubi animi serisus è lin «rua vernaculâ in alteram traducere conatur , prsescriptum iîer è loiiginquo videre parùm est : îd ingrediatur , id sibi usu pertinaci muniat oportet; per repetitos deniquè conatus assequatur ut sine conatibus vincat. Seniper ergo ad maximas hujus linguœ diflicultatesperdomandasanbelans trahatur. Semper sibi aut obsfaculum perrumpendum aut insidias declinandas rentiat. ïpse professor ne intempestivam eleganliam aucupetur ; ne eas reformidei locutiones , si non ad docentis laudem insignes 3 eertè ad discentis progressus necessarias. Id conetur imprimis , non ut ipse aliquid gallîcè concinnum , sed ut discipulus aliquid latine emendatum reperiat. Cùm dicendi vénères sic refugere
( »fi )
éviter sans efforts. Que je le voie donc sans cesse en action pour subjuguer cette langue dans les points où elle est le plus rebelle ; qu'à chaque instant il heurte contre une difficulté,que sa route soit semée de pièges ; que le professeur lui-même se préserve d'une fausse délicatesse ; qu'il ne s'effarouche pas de la bizarrerie des phrases, auxquelles il faudra bien qu'il se condamne pour mieux exercer l'élève. L'objet du maître ne peut pas être ici de trouver une phrase élégante en français , mais de faire trouver une phrase correcte en latin; et si dans cette partie de son travail il fait momentanément divorce avec les grâces , c'est pour mieux hâter l'époque où son élève pourra leur sacrifier avec lui-même. Soumis à une direction aussi sévère , cet élève sortira réellement en triomphe de la poussière des élémens , et n'aura pas à porter dans tout le cours de ses études , le pénible fardeau de son ignorance , comme tant d'autres , qui ne sont
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