I. II ). Les magistrats de Dunkerque supplièrent vaine
ment la reine Aune ; ils essayèrent de prouver que Ica Hollandais gagneraient plus que les Anglais à la démolition de leur ville. 11 n'est point de lecture plus douloureuse et plushumilianlc pour un Français. Cherbourg n’existait pas encore; il ne resta plua un port militaire d’Ostende à Brest.
1 • J'ai là , disait Bonaparte, un pistolet chargé au
glais. La France n’a qu’un saint, la Pucclle; et le ; nom du grand Guise qui leur arracha Calais des j dents , le nom des fondateurs de Brest, de Dunkerque cl d’Anvers s, voilà, quoi que ces hommes aient fait du reste , des noms chers et sacrés. Pour moi , je me sens personnellement obligé envers ces glorieux champions de la France et du monde, envers ceux qu’ils armèrent, les Duguay-Trouin , les Jean-Hart , les Surcouf, ceux qui rendaient pensifs i les gens de Plymouth , qui leur faisaient secouer tristement la tète à ces Anglais , qui les liraient de leur laciturnité, qui les obligeaient d'allonger leurs monosyllabes.
Et croyez-vous qu’ils n'aient pas non plus mérité de la France, ces braves prêtres irlandais, ces jésuites. qui, sur tous nos rivages, dans les monastères de Sainl-Colomban , à Saiul-Waasl , Saint-Berlin , Saint-Omer, Saint-Amand, à Douai, à Dunkerque, à Anvers 4, organisèrent les missions d’Irlande ? orateurs populaires , ardents conspirateurs , lions et renards, qui savaient indifféremment ruser et combattre, mentir, mourir pour la patrie !
La lutte contre l’Angleterre a rendu à la France un immense service. Elle a confirmé , précise sa . nationalité. A force de se serrer contre l’ennemi ,
| les provinces sc sont trouvées un peuple. C’est en voyant de près l’Anglais, qu'elles ont senti qu’elles ; étaient France. Il en est des nations comme de l’iudividu, il connaît et distingue sa personnalité par la résistance de ce qui n’est pas elle, il remarque le moi par le non-moi. La France s’est formée ainsi sous l’influence des grandes guerres anglaises, par opposition à la fois, et par composition. I/opposition est plus sensible dans les provinces de l’Ouest et du Nord, que nous venons de parcourir. La composition est l’ouvrage des provinces centrales dont il nous reste à parler.
Pour trouver le centre de la France , le noyau autour duquel tout devait s'agréger, il ne faut pas prendre le point central dans l’espace; ce serait vers Bourges, vers le Bourbonnais , le berceau de la dynastie ; il ne faut pas chercher la principale séparation des eaux , ce seraient les plateaux de Dijon ou de Langres, entre les sources de la Saône, de la Seine et de la Meuse; pas même le point de
cœur de l'Angleterre. » « La place d'Anvers , disait-il k Sainte-Hclcne , est une des grandes causes pour lesquelles je suis ici ; la cession d’ Anvers est un des motifs qui m'avaient déterminé h ne pas signer la paix de Cbâtillon. »
3 II faut entendre ici Richelieu , Louis XIV et Bonaparte.
4 La vicliracdc l'Angleterre, Marie Stuart, a laissé son portrait à Sainl-Andréd’Ainers.oûoii l'admire encore.