‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 126 sur 398 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

OVZlfeMK S1ÈC1.E. — GREGOIRE VTl. — ALLIANCE DES SOR-

MA5DS ET DE l’ÊGLISE. — CONQrfcTES DES DE( X-SICII.E*

ET DI l'a>GLETERRE.

Ce n’est pas sans raison que les papes ont appelé la France la fille aînée de l’Église. C’est par elle qu'ils ont partout combattu l’opposition politique et religieuse au moyen âge. Dès le onzième siècle, à l'époque où la royauté capétienne, faible et inerte, ne peut les seconder encore, l’épée des Français de Normandie repousse l'empereur des murs de Rome, chasse les Grecs et les Sarassins d’Italie et de Sicile, assujettit les Saxons dissidents de l’Angleterre. Et lorsque les papes parviennent à entraîner l’Europe à la croisade, la France a la part principale dans cet événement, qui contribue si puissamment à leur grandeur, cl les arme d'uue si grande force dans la lutte du Sacerdoce et de l’Empire.

Au onzième siècle , la querelle est entre le saint pontificat romain, elle saint empire romain. L’Allemagne qui a renversé Rome par l’invasion des barbares, prend son nom pour lui succéder ; non-seulement elle veut lui succéder dans la domination temporelle (déjà tous les rois reconnaissent la suprématie de l’empereur) mais elle affecte encore ■ une suprématie morale ; elle s’intitule le Saintj Empire; hors de l’Empire, point d’ordre ni de sainteté. De même que là-haut les puissances célestes. trônes, dominations, archanges, relèvent les unes des autres ; de même l’empereur a droit -Hir les rois, les rois sur les ducs, ceux-ci sur les margraves et les barons. Voilà une prétention snperbe, mais en même temps une idée bien féconde dans l’avenir. Une société séculière prend le titre de société sainte, et prétend réfléchir dans la vie civile l’ordre céleste et la hiérarchie divine, mettre le ciel sur la terre. L’empereur lient le globe dans sa main aux jours de cérémonies ; sou chancelier ’ appelle les autres souverains les roi» provinciaux *, ; ses jurisconsultes le déclarent la loi virante * ; il

demanda des secours i l'empereur. Albcric., 390, ap. Kaumrr, die Hohenstaufen , V, 05.

3 Impcrator est , animata lex in terris. Urk. in Mriclielb. Ilistor. Frising., II, 1.7.

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