‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 138 sur 398 · LIVRE IV. - LA -CROISADE · texte numérisé non relu

LIVRE IV. - LA -CROISADE

haine du Christ; ils proclament celle d'Ali Ils ont condamné le magisme, le règne dc.la lumière; et ils enseignent que Mahomet est la lumière incrcéc 3; selon d’autres. Ali est celte lumière; les imans, descendants et successeurs d’Ali, sont des rayons incarnés. Le dernier de ces imans, Ismai'l, a disparu de la terre ; mais sa race subsiste,. inconnue ; c’est un devoir de la chercher. Les califes fntemites d’Égypte étaient les représentants visibles de celte famille d’Ali cl de Fatema. A vaut eux, ces doctrines avaient prévalu dans les montagnes orientales de l’ancien empire persan, où l’islamisme n’avait pu étouffer le magisme s. Elles éclatèrent au huitième et au neuvième siècle, lorsque les fanatiques Rarmalhicns ,

1 Aujourd’hui encore , des provinces entières , en Perse et eu Syrie, sont dans la même croyance. » Ceux même des Schyytos qui n’ont pas osé dire qu'Jli fiait Dieu, ont été persuadés que peu s’en (pliait : et le* Persane disent souvent : o Je ne pensé pas qu’AIi soit Dieu; mais je ne crois pas qu’il en soit loin. • — Les Schyyles disent à ce sujet que tel était l’éclat qqi reluisnft sur la personne d’Ali, qu'il était impossible de soutenir ses regards. Dès qu’il paraissait, le peuple lui criait : Tu es Dieu. — A ces mots , Ali les faisait mourir : ensuite il les ressuscitait, et eux de crier encore plus fort : Tu es Dieu , tu es Dieu ! De là ils l’ont surnommé le Dispensateur des lumières; et, quand ils peignent sa ligure, ils lui couvrent le visage. • Reinaud, II, 165.

3 Suivant quelques docteurs, au moment de la création, l’idée de Mahomet était sous l’oeil de Dieu, et cette idée, substance & la fois spirituelle et lumineuse, jeta trois rayons; du premier. Dieu créa le ciel ; du second, la terre ; du troiaième. Adam et toute sa race. Ainsi la Trinité rentre dans l’islamisme, comme l’incarnation. — Les Occidentaux crurent y voir aussi la hiérarchie chrétienne. «Ces nations, dit Guibert de Nogcnt, ont leur pape comme nous. « L. V, ap. Bongars, p. 212-15.

3 11.1m mer , Histoire des Assassins, traduction de MM. Ilellcrt et Lanourais, p. 58, sqq.

4 Ici., ibid., p. 4. — La maison de la sagesse n’est peutêtre qu’une même chose avec ce palais du Caire, dont Guillaume de Tyr nous a laissé une si pompeuse description. La progression de richesses et de grandeur semblerait correspondre à des degrés d’initiation. Quoi qu’il en soit, nous donnons la traduction de ce précieux monument :

• Hugues de Ccsaréeet Geoffroy, de la milice du Temple, entrèrent dans la ville du Caire , conduits par le Soudan , pour s'acquitter de leur mission ; ils mnnlèrent au palais, appelé Casher dans la langue du pays, avec une troupe nombreuse d’appariteurs qui marchaient en avant l’épée à la main et h grand bruit; on les conduisit à travers des passages étroits et privés de jour, et h chaque porte, des cohortes d'Éthiopiens armés rendaient leurs hommages au Soudan par îles saluts répétés. Après avoir frauchi le premier et le second poste, introduits dans un local plus vaste, où pénétrait le soleil, et exposé au grand jour, ils trouvent

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