‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 154 sur 398 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE BOt III PRAXCE ET LE BOI d'aKCLETKRHK. LOUIS LE JEIXE. HtltM 11 ( PLAXTAGEXKT ). — SECONDE CROI- SA»t; H CHILI ATI OX DE LOUIS. — TIOSAX DECRET, IIINILIATIOX DKRRXRI [ A ECO X DE MOITIE DE DOUZIÈME

siècle].

L’opposition de la France cl de l’Angleterre, commencée avec Guillaume le Conquérant au milieu du onzième siècle, n’atteignit toute sa violence qu’au douzième, sous les règnes de Louis le Jeune et de Henri II, de Richard Cœur-dc-Lion et de Philippe-Auguste. Elle eut sa catastrophe vers 1200, à l'époque de l'humiliation de Jean et de la confiscalion de la Normandie. La France garda l’ascendant pour un siècle et demi (1200-1346).

Si le sort des peuples tenait aux souverains , nul doute que les rois anglais n’eussent vaincu. Tous, de Guillaume le Bâtard à Richard Cœur-de-Lion, furent des héros , au moins selon le monde. Les héros furent battus; les pacifiques vainquirent. Pour s’expliquer ceci , il faut pénétrer le vrai caractère du roi de France et du roi d’Angleterre, tels qu’ils apparaissent dans l’ensemble du moyen âge.

Le premier, suzerain du second, conserve généralement une certaine majesté immobile *. Il est calme cl insignifiant en comparaison de son rival.

nage qui en avait été détaché, et jamais un État indépendant. Si nous voyons aujourd’hui dea membres de la même famille siéger eu même temps sur plusieurs trônes, c’est que, tandis que l’un suit la loi salique, tous les autres ont admis dea femmes à la succession. Aucune circonstance n’aurait pu donner à un Français la couronne ou d'Espagne ou de Naples, si cette couronne n’avait pas été ôtée aux Espagnols et aux Napolitains par une femme. Ce n’eat pas la loi salique de France, mais la loi contraire adoptée k Madrid et à Naples, qui a fait naître le dauger européen d'une réunion de trois couronnes, le danger pour rEs|>agne ou pour Naples de perdre leur indépendance; le danger pour la France de faire une conquête qui pourra luicoôtrr sa liberté. • Sismondi, Histoire des Français, V, 189. 3 Cela est très-frappant dans leurs sceaux. Le roi j (l’Angleterre est représenté sur une face assit , sur i l’autre à cheval , et brandissant son épée. Le roi de France est toujours assis. Si Louis VII est quelquefois 1 représenté à cheval (1 137, 1 138, Archives du royaume, I K. 40 ) , c’est comme Du t Jquitanorum. L’exception conGrme la règle.

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