LIVRE IV
ceut lit), semblaient ranimer la chrétienté. La mort de Henri VI rassurait l'Europe alarmée de sa puissance. La croisade préchée par Foulques de Neuilly fut surtout populaire dans le uord de lu France. Un comte de Champagne venait d’étre roi de Jérusalem; son frère, qui lui succédait en France, prit la croix , et avec lui la plupart de ses vassaux ; ce puissant seigneur était à lui seul suxerain de dixhuit cents fiefs1. Nommons en tête de scs vassaux son maréchal de Champagne , Geoffroy de Ville- Hardouin, l'historien de celte grande expédition, le premier prosateur, le premier historien de la France en langue vulgaire; c'est encore un Champenois, le sire de Joinville, qui devait raconter l'histoire de saint Louis et la fin des croisades. Les seigneurs du nord de la France prirent la croix cil foule, les comtes de Brienne, de Saint-Paul, de Boulogne, d'Amiens, les Dampierre, les Montmorency, le fameux Simon de Moulfort, qui revenait de la terre sainte , où il avait conclu une iréve avec les Sarrasins au nom des chrétiens de la Palestine. Le mouvement sc communiqua au Hainaut, à la Flandre ; le comte de Flandre, beaufrère du comte de Champagne, sc trouva, par la
1 Gibbon, XII, 24. Ducange, observ.. p. 254.
* Willelm. Tyr., 1. XXII, c. 11,12,15. Dn légat fat massacré, et sa télé traînée à la queue d'un chien par les rues de la ville. On passa au fil de l’épée jusqu'aux malades de l'hâpital Saint-Jean (ad Xenodochium... quotquot in eo repercrunt languidos, gladio peremerunt). On n'épargna que quatre mille des Latins, qui furent vendus aux Turcs. Voy. aussi la lettre encyclique de Beaudoin, 1204 (ap. Scr. fr., XVIII, 524 ).
3 Ce fut Ville-Hardouin qui porta la parole; quand il eut fini, dit-il loi-même : • Maintenant li six messages s'agcnoillciit à lcfr pic/, mult plorant; et li Dax et tuil li autre s'escrièrcut tuit à une voix, et tendent lor mains en liait, et distrent : nos l'otrions, nos l'otrions. Enki ot si grant bruit et si grant noise que il sembla que terre fondit. • — I.c Doge parla alors au peuple, et l'ou rédigea les chartes du traité. « Et quant li Duc lor livra les socs Chartres, si s'agenoilla mult plorant, et jura sor sains & bouc foy, h bien tenir les couvons qui èreut ès Chartres, et toz ses conseils ausi, qui ère de xlvj. Et li messages rejurèrent les lor Chartres h tenir, et les sermons à lor seignor, et les lor que il les tenroient à bonne foy. Sachiez que la ot maint terme plorée de pitié. • Ville-Hardouin (édit. Petitot), c. 17.
4 Nie., in Al.Comn., III, c. 9, p. 347 : AâvJov/oç, àvhp cmpài pfa v à« fyttf , xal tm Xffa'* nifiittXof, im- €aw&iraT0y ot ap&yftu Ytajialotç xoti ÿBovtp&Tctro-* , ©« cra<ffxAi)/ta ûv iyvprtlctf, xal fpovtft&Ttpov vwv fpo*i/ioiv iau-rov ivoa«^4*y...
5 • Lors furent assemblé à un dimanche à l'église Saint-Marc. Si ère une mult feste, et i lu li pueple de la terre, et li plus des barons et des pèlerins. Devant ce que la grant messe commcnçast, et li dux de Venise