‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 193 sur 398 · LIVRE IV. — PREMIÈRE MOITIÉ DU TREIZIÈME SIÈCLE. LOUIS IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — PREMIÈRE MOITIÉ DU TREIZIÈME SIÈCLE. LOUIS IX

Simon do Monlfort avait donnés pour être régis selon la Coutume de Paris, pouvaient être arrachés aux nouveaux possesseurs s'il ne s'assuraient un puissant protecteur. Les vaincus , qui avaient vu en plusieurs occasions le roi de France opposé au pape, espéraient de lui un peu plus d'équité et de douceur.

Si nous jetons à celle époque un regard sur l'Europe entière, nous découvrirons dans tous les États une faiblesse, une inconséquence de principe et de situation qui devait tourner au profit du roi de France.

Avant l'effroyable guerre qui amena la catastrophe du Midi, don Pedro et Raymond V avaient été ennemis des libertés municipales de Toulouse et de (‘Aragon. Le roi d'Aragon avait voulu être couronné des mains du pape , et lui rendre hommage pour être moins dépendant des siens. Le comte de Toulouse, Raymond V, avait sollicité lui-raéme les rois de France et d'Angleterre, de faire une croisade contre les libertés religieuses et politiques de la cité de Toulouse. Représentant du principe féodal, il eût voulu anéantir le principe municipal qui gênait son pouvoir. Le roi d'Angleterre continuait, contre Kenterbury, contre scs barons, la lutte de Henri 11. Enfin, l'empereur Othon de Brunswick, fils de Henri le Lion, sorti d’une famille toute guelfe, tout eonemie des empereurs, mais Anglais par sa mère, élevé à la cour d'Angleterre, près de scs oncles Richard et Jean, se souvint de sa mère plus que de son père, tourna des Guelfes aux Gibelins, tandis que la maison gibeline des princes de Souahe était relevée par les papes, par Innocent III, tuteur du jeune Frédéric II. Othon, abandonne des Guelfes, abandonné des Gibelins, se trouvait renfermé dans ses Etats de Brunswick, et recevait une solde de son oncle Jean pour combattre l'Église et Philippe-Auguste qui le défit à Bouvines. Telle était l'immense contradiction de l'Europe. Les princes étaient contre les libertés municipales pour les libertés religieuses. L’Empereur était guelfe et le pape gibelin. Le pape , en attaquant les rois sous le rapport religieux , les soutenait contre les peuples sous le rapport politique. Il sacra le roi d'Aragon , il annula la grande Charte, et blâma l’archc-

riae nostræ ailevalionis , qoôd videliecl place! cclsitudinis vestr® magniticenti® , convocatia prælatis et baronibus regni vestri apud Melodunum, ad tractandum saper rrmedio et saccursu terras, qu® facta eat in horrendam tlesolalionem et in sibilum serapiternum , niai Dominas ministerio régi® de*terx vestr® citiùa succurrat , saper quo, tanto mtrrore scalidi , tantA lugubratione deferti respirantes, gratias primtim,elevatis oculis ac manihus in cn*lum. referimii» allissitno, 3. aicntL'KT.

véque de Kenterbury, de même qu\ Alexandre 111 avait abandonné Bcckel. Le pape renonçait ainsi à son ancien rôle de défenseur des libertés politiques et religieuses. Le roi de France, au contraire, sanctionnait à celte époque une foule de chartes communales. Il prenait part à la croisade du Midi, mais seulement autant qu'il fallait pour constater sa foi. Lui seul, en Europe, avait une position forte et simple; à lui seul était l'avenir.

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