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çois à l'imitation complète de Jésus, ne se contenta pas de le jouer dans sa vie et sa naissance ; il lui fallut aussi la Passion. Dans ses dernières années on le portait sur une charrette, par les rues et les carrefours, versant le sang par le cùté, et imitant, par ses stigmates, ceux du Seigneur
Ce mysticisme ardent fut vivement accueilli par les femmes , et en revanche , elles eurent bonne part dans la distribution des dons de la grâce. Sainte Clara d’Àssise commença les Clarisses *. Le dogme de l'immaculée conception devint de plus en plus populaire 8. Ce Ait le point principal de la religion, la thèse favorite que soutinrent les théologiens, la croyance chère et sacrée pour laqaelle les franciscains, chevaliers de la Vierge, rompirent des lances. Une dévotion sensuelle embrassa la chrétienté. Le monde entier apparut à saint Dominique dans le capuchon de la Vierge, comme l'Inde l’a vu dans la bouche du Crishna, ou comme Brairma reposant dans la fleur du lotos. «La Vierge ouvrit son capuchon devant son serviteur Dominique qui était tout en pleurs, et il sc trouvait, ce capuchon, de telle capacité et immensité qu'il contenait et embrassait doucement toute la céleste patrie 4. »
* l'oyez aussi Barthélemy de Pise, Liber couformitatum B. Francisci ad vitam Jesu-Christi , ed. 1501, fol. 337. sqq.— L’auteur comrarnce par établir la possibilité de la transformation du sujet aimant en l'objet aimé, de saint François en Jésus-Christ. Puis il imagine nn arbre allégorique , divisé en dix branches, portant chacune pour fruits quatre conformités; savoir : deux attributs de Jésus • Christ , et deux ressemblances de saint François.
3 Cet ordre obtint de saint François , en 1324 , une règle particulière. Agnès de Bohème l'établit en Allemagne.—Et multac fili.nr ducum, romitnm, bnmnura et aliorum nobilium de AlatnaniA , mundum deserentes, exempta beat. t Clara et Xgnetia, sponso ctrlesli sunt junctx*. Liber cooformitatum (ed. 1501), fol. 85.
8 L'Église de Lyou l'avait instituée en 1134. Saint Bernard lui écrivit une longue lettre pour la lancer de cette nouveauté ( epist. 174). Elle fut approuvée par Alain de Lille cl par Petrus Col tenais (L. VI, epist. 53; IX, 9 et 10). Le concile d’Oxford la condamna en 1323. — Les dominicains sc déclarèrent pour saint Bernard , l’Université pour l’ Église de Lyon, Bulæus, Hist. Universelle. Paris, II, 138 ; IV, 018, 004. Voy. Duns Scot, Seutentiarum liber lit , dist . 3, qu. I , et dist. 18, qu. I. Il disputa, dit- un, pour l’immaculée Conception, contre deux cents dominicains , et amena l’Université b décider : • Ne ad ullos gradus scholaslicos admitteretur u 1 1 us, qui priûs non jura ret sc drfensurum B. Virginem A noxA originariA. « Waddiug., Ann. Hinorum, non. 1304. BuI.tus, IV, p. 71.
4 Acta 89. Throdor. de AppoldiA, p. 583. Totam nelestein patrinm amplexando duleiter continebat.—
Nous avons remarqué déjà à l'occasion d’Héloïse, d’Éléonore de Guicnne, et des Cours d'amour, que, dès le douzième siècle , la femme prit sur la terre une place proportionnée à l'importance nouvelle qu’elle avait acquise dans la hiérarchie céleste. Au treizième , elle se trouve , au moins comme mère et régente, assise sur plusieurs des trônes d’Occident. Blanche de Castille gouverne au nom de son fils enfant, comme la comtesse de Champagne pour le jeune Thibaut , comme celle de Flandre pour son mari prisonnier. Isabelle de la Marche exerce aussi la plus grande influence sur son 61s Henri III, roi d'Angleterre. Jeanne de Flandre ne se contenta pas du pouvoir, elle en voulut les honneurs et les insignes virils ; elle réclama au sacre de saint Louis le droit du comte de Flandre, celui de porter l’épée nue , l’épée de la France *.
Avantd’cxpliquer comment une femme gouverna la Fraoce et brisa la force féodale au nom d’un enfant , il faut pourtant sc rappeler combien toate circonstance favorisait alors les progrès du pouvoir royal. La royauté n'avait qu'à sc laisser aller, le (il de l’eau la portait. La mort de Philippe-Auguste n’y avait rien changé (1223). Son fils, le faible et maladif Louis V1U, nommé, ce semble ironi-
Picrrc Damiani disait que Dieu lui-même avait été enflammé d’amour pour la Vierge. Il a’écrie dans un sermon (Scrmo XI, de Annont. B. Mar., p. 171 ) :*0 venter diffusinrcœlis, terris amplior, capacior elementisl etc.* — Dans un sermon sur la Vierge, de l'archevêque de Kenlcrbury, Étienne Langton , ou trouve ces vers : Bele Alix matin leva ,
Sun cors veiti et para,
Ens un verjyirr s’eu entra ,
Cink fleurette* y truva;
Un chapelet fit en a De bele ro«c flurie.
Pur Dcu traitez vus en là,
Vus ki ne antex mie !
Ensuite il applique mystiquement chaque vers A la mère du Sauveur, et s'écrie avec enthousiasme ;
Ccxle est la belle Alix,
Cestc e*t ta flur,
Cote est le lis.
( HoersroaT, Poésies du xir» et du xiii* siècle.)
On a attribué au franciscain saint Bonaventure le Psalterium minus et le Psalterium msjns B. Marisa Virginia. Ce dernier est une sorte de parodie sérieuse où chaque verset est appliqué h la Vierge. Psalra. 1 : ... Universas enim fermions vincis pulehritudinecarnis!
* Par une singulière coïncidence, en 1350, une Tomme succédait, pour la première (bis, A un sultan (Cliegger-Bddour A Almoadan). On n’avait jamais vu le nom d'une femme gravé aur les monnaies , et prononcé dans les prières publiques. Le calife de Bagdad s'éleva contre le scandale de cette innovation. IBiehaud . Ilist. des Croisades, IV, 357.