‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 198 sur 398 · LIVRE IV. — PREMIÈRE MOITIÉ · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — PREMIÈRE MOITIÉ

luysüquc des douze apôtres, cl sur les traditions poétiques des romajis carlovingicns , n'était point une institution fixe et régulière. Rien n'était plus commode pour les rois. Cette fois, les pairs se trouvèrent l'archevêque de Sens, les évêques de Chartres et de Paris, les comtes de Flandre, de Champagne , de Ncvcrs , de Blois , de Chartres , de Moulfort , de Vendôme , les seigneurs de Coucy et de Montmorency , et beaucoup d'autres barons cl chevaliers.

Leur sentence n'aurait pas fait grand’chose , si Mauclcrc eût été mieux soutenu par les Anglais et par les barons. Ceux-ci traitèrent séparément avec la régente. Toute la haine des seigneurs forcés de céder à Blanche , retomba sur le comte de Champagne; il fut obligé de se réfugier à Paris, et ne rentra dans ses domaines qu'en promettant de prendre la croix en expiation de la mort de Louis VIH ; c'était s’avouer coupable.

Tout le mouvement qui avait troublé la France du Nord, s'écoula pour ainsi dire vers le Midi et l'Orient. Les deux chefs opposés, Thibaut et Mauclerc , furent éloignés par des circonstances nouvelles, et laissèrent le royaume eu paix. Thibaut se trouva roi de Navarre par la mort du père de sa femme ; il vendit à la régente Chartres, Blois , Sancerre et Châteaudun. Une noblesse innombrable le suivit. Le roi d'Aragon, qui, à la même époque, commençait sa croisade contre Majorque et Valence, amena aussi beaucoup de chevaliers, surtout un grand nombre de faillit s provençaux et languedociens ; c'étaient les proscrits de la guerre des Albigeois. Peu après, Pierre Mauderc, qui u'était comte de Bretagne que du chef de sa femme, abdiqua le comté, le laissa à son fils , et fut nommé par le pape Grégoire IX général eu chef de la nouvelle cruisade d’Orieiil.

Telle était la favorable situation du royaume à l'époque de la majorité de saint Louis (1230). La royauté n'avait rien perdu depuis Philippe- Auguste. Arrêtons-nous un instant ici , cl récapitulons les progrès de l'autorité royale et du pouvoir central depuis l'avéncineul du grand-père de saint Louis.

Philippe- Auguste avait, à vrai dire, fondé ce royaume en réunissant la Normandie à la Picardie. Il avait en quelque sorte fondé Paris, en lui don-

1 II était parent par sa mère d'Alphonse X, roi de

Castille; celui-ci lui avait promis des secours pour la

croisade; mais il mourut en 1252, et saint Louis • en fut fort affligé. *• Math. Paris, p. 505. — • A son retour, il fit frapper, dit Villani, des monnaies ou les uns voient des menottes , en mémoire de sa captivité ; les autres, les tours de Castille. « Ce qui vient A l'appui de

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