LIVRE IV. — PREMIÈRE MOITIÉ
rn Orient. Une aile de la prodigieuse armée des Mongols avait poussé vers Bagdad (1938); une autre entrait en Russie, en Pologne, en Hongrie *. Les Karisni iens. précuseurs des Mongols, avaientenvahi la terre sainte ; ils avaient remporté à Gaza (1944), malgré l’uniondcs chrétiens et des musulmans, une sanglante victoire. Cinq cents templiers y étaient restés ; c'était tout ce que l'ordre avait alors de chevaliers à la terre sainte ; puis les Mongols avaient pris Jérusalem abandonnée de scs habitants ; ces barbares, par un jeu pcrfîdc, mirent partout des croix sur les murs; les habitants, trop crédules, revinrent et furent massacrés
Saint Louis était malade, alité, et presque mourant, quand ces tristes nouvelles parvinrent en Europe. Il était si mal qu’on désespérait de sa vie, et déjà une des dames qui le gardaient voulait lui jeter le drap sur le visage, croyant qu'il avait passé*. Dés qu'il alla un peu mieux, au grand étonnement de ceux qui l’entouraient, il fit mettre la croix rouge sur son lit et sur ses vêtements. Sa mère eût autant aimé le voir mort. Il promettait, lui faible et mourant, d'aller si loin, outre mer, sous un climat meurtrier, donner son sang et celui des siens, dans cette inutile guerre qu’on poursuivait depuis plus d’un siècle. Sa mère, les prêtres eux -mêmes le pressaient d’y renoncer. Il fut inflexible ; cette idée qu'on lui croyait si fatale, fut, selon toute apparence, ce qui le sauva ; il espéra, il voulut vivre, et vécut en efTet. Dès qu'il fut convalescent, il appela sa mère , l’évêque de Paris , et leur «lit : « Puisque vous croyez que je n’étais pas parfaitement cri moiméme quand j’ai prononcé mes vœux, voilà ma croix que j'arrache de mes épaules ; je vous la rends... Mais à présent, continua-t-il , vous ne pouvez nier que je ne sois dans la pleine jouissance de toutes mes facultés ; rendez-moi donc ma croix; car celui qui sait toute chose sait aussi qu’aucun aliment n’entrera dans ma bouche jusqu’à ce que j'aie été marqué de nouveau de son signe. » — « C’est le doigt de Dieu , s'écrièrent tous les assistants ; ne nous opposons plus à sa volonté. « Et personne, dès ce jour, ne contredit son projet.
Le seul obstacle qui restât à vaincre, chose triste
> Malh. Paris, p. 438.
9 Id., p. 490. Signa christianorum qui subit A fugam inierant, super propugnacola murorum civitat is in prnpatulo clevaveront,
* Joinville, p. 94.
* Math. Paris, p. 445-447, sqq. — Écrasons d’abord le dragon , disait -il, et nons écraserons bientôt ces vipères de roitelets. « Dixit in iracundiA raagnà, voce susurrà, oculos obliquandoet mires corrugando : Expcdit ut componamus cnn» principe vestro : contrito cuira j