‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 230 sur 398 · DIT LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

DIT LIVRE QUATRIEME

Les documents qui devaient terminer ce livre sont rejetés aux livres suivants. Ils sont tirés en grande partie des Archives du royaume. Un mot seulement sur ces Archives, sur les fonctions qui ont fait à l'auteur un devoir d'approfondir rhistoire de no» antiquités, sur le paisible théâtre de ses travaux , sur le lieu qui les a inspirés. Son livre, c’est sa vie; c’est le résultat presque nécessaire des circonstances où il s'est trouvé placé. Cette considération lui vaudra peut-être quelque indulgence i auprès d'un lecteur équitable.

Employé aux archives du royaume et professeur à , l'École normale, il a depuis plusieurs années concentré ses études dans l'histoire nationale. Les faits, les idées recueillies dans ce riche dépôt des actes officiels de la monarchie, étaient. grâce à cette double position, enseignés aux jeunes professeurs, qui ont pu les répandre à leur tour sur tous les points de la France.

Le noyau des archives est le Trésor des chartes et la Collection des registres du parlement. La série des monuments judiciaires , â laquelle appartiennent ces registres, remplit la Sainte-Chapelle et les combles du palais de justice. Le Trésor des chartes, et la partie de beaucoup la plus considérable des Archives (sections historique, domaniale et topographique , législative et administrative), occupent au Marais le triple hôtel de Clisson, Guise et Soubise; antiquité dans l’antiquité, ; histoire dans l'histoire. Une tour du quatorzième siècle garde l'entrée de la royale colonnade du palais des Soubise. On s'explique, en entrant, la Hère devise des Itohan, leurs aïeux : > Roi je ne suis, prince ne daigne, llohan je suis. *

Le Trésor des chartes contient dans ses registres la suite des actes du gouvernement depuis le treizième | siècle, dans ses chartes les actes diplomatiques du | moyen âge, entre autres ceux qui ont amené la réunion \ des diverses provinces, les litres d'acquisition de la j monarchie, ce qui constituait, comme on le disait, les ! droits du rot. C'était le vieil arsenal dans lequel nos ! rois prenaient des armes pour battre en brèche la féo- I

dalité. Fixé à Paris par Philippe-Auguste, ce dépôt fui confié tantôt au garde des sceaux , tantôt à un simple clerc du roi, à un chanoine de la Sainte -Chapelle , en dernier lieu au procureur général. Parmi et» trésoriers des chartes, il faut citer un Budé, deux de Tliou *, Les destinées de ce précieux dépôt ne furent autres que celles de la monarchie. Chaque fois que l’autorité royale prit plus de nerf et de ressort, on s'inquiéta du Trésor des chartes; véritable trésor en effet où l’on trouvait des litres â exploiter, où l’on | léchait des terres, des châteaux, mainte fois des provinces. Les fils de Philippe le Bel, cette génération avide, firent faire le premier inventaire. Charles Y, bon clerc et vrai prud'homme, quand la France, après les guerres des Anglais, se cherchait elle-même, visita le trésor, et s’affligea de la confusion qui s'y était mise ( 1371 ); le trésor était comme la France. Sous Louis XI nouvel inventaire, autre sous Charles VIII. Sous Henri 111 , le désordre est au comble. De savants hommes y aident : Brisson cl du Tillet , qui travaillent jwur le roi , emportent et dissipent les pièces. Du Tillet écrivait alors son grand ouvrage de la France ancienne , dont H a imprimé diverses parties. Mais cet inventaire des droits de la monarchie ne fut fait que sous Richelieu. Personne ne sut comme lui enrichir et exploiter les archives : par toute la France il rasait les châteaux et il rassemblait les litres ; ce fut un grand et admirable collecteur d’antiquités en ce genre. Les limiers qu'il employa à cette chasse de diplomatique, les du Puy, les Godefroy, les Galand, les Marra, poursuivirent infatigablement son œuvre, réunissant, cataloguant, interprétant. In des principaux fruits de ce travail est le livre des Droits du roy , de Pierre du Puy. C’est un savant et curieux livre , étonnant d'érudition et de servilisme intrépide. Vous verrez là que nos rois sont légitimes souverains de l'Angleterre, qu'ils ont toujours |iossédé la Bretagne, que la Lorraine, dépendance originaire du royaume français d'Auslrasie et de Lotharingie , n’a passé aux empereurs que par usurpation , etc. Une telle érudition

• f'og. la notice de du Puy, sur l'histoire du Trésor de* charte*, mannwru in-4" de la Bibliothèque du Roi; imprimé

à U fin de «on livre sur les Droits du Roy (IBS.*»)- / 'oy. aussi Booamy , dans les Mémoires de l'Académie des inscription»,

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