‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 234 sur 398 · I.1VRE V. - VÊPRES SICILIENNES · texte numérisé non relu

I.1VRE V. - VÊPRES SICILIENNES

monde et la Sicile, conspirer et négocier, ('licourager l’une par l’autre la ligue cl l'insurrection ; il fallait soulever un peuple et le contenir, organiser toute une guerre, sans qu’il y parût. Cette entreprise, si difficile, était aussi de toutes la plus i&lc ; il s’agissait de chasser l’étranger.

La forte tête qui conçut cette grande chose et la mena à bout, une tête froidement ardente, durement opiniâtre et astucieuse , comme on en trouve dans le Midi , ce fut un Calabrois , un médecin '. Ce médecin était un seigneur de la cour de Frédéric 1 1. 1 1 était seigneur de File de Prochy la, et comme médecin, il avait été l’ami, le confident de Frédéric et de Manfred. Pour plaire à ees libres penseurs du treizième siècle, il fallait être médecin, arabe ou juif. On entrait chez eux par l’école de Salcrnc plutôt que par l’Eglise. Vraisemblablement, celte école apprenait à ses adeptes quelque chose de plus que les innocentes prescriptions qu’elle nous a laissées dans ses vers léonins *.

Après la ruine de Manfred , Procida se réfugia en Espagne. Examinons quelle était la situation des divers royaumes espagnols , ce qu'on pouvait attendre d’eux contre la maison de France.

D'abord, la Navarre, le petit et vénérable berceau de l’Espagne chrétienne, était sous la main de Philippe III. Le dernier roi national avait appelé contre les Castillans les Mores, puis les Français. Son neveu, Henri , comte de Champagne, n'ayant qu'une fille, remit en mourant cet enfant au roi de France, qui, comme nous l’avons dit, In donna à son fils. Philippe III, qui venait d'hériter de Toulouse, se trouvait bien près de l’Espagne. Il n’avait, ce semble, qu’à descendre des pors des Pyrénées dans sa ville de Pampclune , cl prendre le chemin de Burgos.

1 Procida était tellement distingue comme médecin , qu'un noble napolitain demanda h Charles II d’aller trouver Procida en Sicile, pour se faire guérir d'une maladie. Sism., Rép. il., 3, 457.

7 Par exemple :

Cur moriatur homo cui salvia (latauçe) crcscit in horto?

Contra vîm mords uon est mcdicamcn in hortis.

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