partie adverse. Le pape ne peut abdiquer le pouvoir d'absoudre
lades, cl d'attendre qu’ils fussent morts. Des partisans de Boniface avaient, disait-on, tué ou torturé ! des témoins; un de ceux-ci avait été trouvé mort 1 dans son lit. Le pape répond qu’il ne sait rien de tout cela; ce qu’il sait, c'est que pendant ce long procès, les affaires des rois, des prélats , du monde entier, dorment cl attendent. Un des témoins qui, dit-on, a disparu, se trouve précisément en France et chez Nogaret.
Le roi avait dénoncé au pape certaines lettres injurieuses. Le pape répond qu’elles sont, pour le ' latin et l'orthographe, manifestement indignes de la cour de Rome. Il les a fait brûler. Quant à en poursuivre les auteurs, une expérience récente a prouvé que ces procès subits , contre des personnages importants , ont une triste et dangereuse issue*.
Cette lettre du pape était une humble et timide i profession d'indépendance à l'égard du roi , une j révolte A genoux. L'allusion aux templiers qui la termine, indiquait assez l'espoir que plaçait le pape dans les embarras où ce procès devait jeter Philippe le Bel.
La commission pontificale , rassemblée le 7 août 1309, à l'évêché de Paris, avait été entravée longtemps. Le roi n’avait pas plus envie de voir justifier les templiers que le pape de condamner Boniface. Les témoins à charge contre Boniface étaient maltraités à Avignon, les témoins A décharge dans | l'affaire des templiers , étaient torturés à Paris. Les ! évêques n’obéissaient point à la commission ponli- ; ficalc, et ne lui envoyaient point les prisonniers.
| Chaque jour la commission assistait à une messe,
! puis siégeait; un huissier criait à la porte de In salle : Si quelqu’un veut défendre l’ordre de la milice du Temple, il n’a qu’à se présenter. Mais personne ne se présentait. La commission revenait le lendemain, toujours inutilement1 * * 4.
Enfin, le pape ayant, par une bulle ( 13 septembre 1309), ouvert l’instruction du procès contre Bonifuce, le roi permit, en novembre, que le grand maître du Temple fût amené devant les commissaires *. Le vieux chevalier montra d’abord bcau-
4 Processus cou ira Templorios ms. Les commissaires écrivirent une nouvelle lettre où ils disaient qu'appa- : remment les prélats avaient cru que la commission devait procéder contre l'ordre eu général, et non contre les membres; qu’il n'en était pas ainsi : que le pape lui avait remis le jugement des templiers.
* Le même jour, avant lui, le 22 novembre, se présenta devant les evéques un homme en habit séculier, lequel déclara s’appeler Jean de Mclot (et non Molay, comme disent Raynouard et Dupuy), avoir été templier dix ans et avoir quitté l'ordre, quoique, disait-il, il n'y eût vu aucun mal. Il déclarait venir pour i'Airc et dire tout cc qu’on voudrait. Les commissaires lui demau-