LIVRE VI. - (/ANGLETERRE
saiciil pour les étouffer. On en jeta treize mille par terre, cl le comte, rentrant dans ses États, en fil périr dix mille en trois jours
C'était certainement alors un grand roi que le roi de France. II venait de replacer la Flandre j dans sa dépendance. Il avait reçu l'hommage du ! roi d'Angleterre pour ses provinces françaises. Scs I cousins régnaient a Naples et en Hongrie. Il pro- / légeait le roi d'Écosse. Il avait autour de lui 1 comme une cour de rois, ceux de Navarre, de / Majorque, de Bohème, souvent celui d'Ecosse. Le ! fameux Jean de Bohême, de la maison de Luxembourg. dont le fils fut Empereur sous le nom de Charles IV, déclarait ne pouvoir vivre qu’à Paris, te séjour te plus chevaleresque du monde. Il voltigeait par toute l’Europe , mais revenait toujours à la cour du grand roi de France. Il y avait là une fête éternelle, toujours des joutes, des tournois, la réalisation des romans de chevalerie, le roi Arthur cl la Table ronde.
Pour se ligurer celte royauté, il faut voir Vincennes, le Windsor des Valois. Il faut le voir non tel qu’il est aujourd’hui , à demi rasé ; mais comme il était quand ses quatre tours, par leurs pontslevis, vomissaient aux quatre vents 2 les escadrons panachés, blasonués, des grandes armées féodales, lorsque quatre rois, descendant en lice, joutaient par-devant le roi très-ehrétien ; lorsque celle noble scène s’encadrait dans la majesté d'une forêt, que des chênes séculaires s'élevaient jusqu’aux créneaux, que les cerfs bramaient la nuit au pied des tourelles, jusqu’à ce que le jour et le cor vinssent les chasser dans la profondeur des bois... Vincennes n'est plus rien, et pourtant, sans parler du donjon , je vois d’ici la petite tour de l'horloge qui n'a pas moins encore de onze étages d'ogives.
Au milieu de toute cette pompe féodale , qui charmait les seigneurs, ils eurent bientôt lieu de s'apercevoir que le fils de leur ami Charles de Valois ne régnerait pas autrement que les fils de Philippe le Bel. Ce règne chevaleresque commença
1 Cont. G. de Nangis, p. 00. Ondeghcrst, e. 154, f. 359. — Je regrette de n'avoir pas eu entre lea mains l'important ouvrage de H. Warnkocnig, lorsque j’ai imprimé le récit dfc la bataille de Courtrai : Histoire «le la Flandre et de ses institutions civiles et politiques, jusqu’à l’année 1505, par M. Warukoenig, trait, de l’allemand, par H. Ghucldorf, 1835. /'"oy. particulièrement aux pages 305 , 308 , du premier volume , quelques circonstances intéressantes qui complètent mon récit.
2 Les châteaux, comme les églises du moyen âge,
comme les cités antiques, sont, je crois, généralement
orienté*. Voy. mon Histoire romaine, et ma Symbolique du droit.
5 Un arrêt de la cour «le Franc»1 , prononcé ru plein