‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 289 sur 398 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SCAN. BATAILLE DE KHTIE19. IS&O-tU*.

La peste de 1348 enleva, entre autres personnages célèbres, l'historien Jean Villani, et la belle Laure de Sades, celle qui vivante ou morte fut l’objet des chants de Pétrarque, i Laure, fille de messire Audibert, syndic du bourg de Noves. près d'Avignon , avait épousé Hugues de Sades, d’une vieille famille municipale de celte ville. Elle vécut honorablement à Avignon avec son mari, dont elle eut douze enfants. Cette union pure et fidèle , cette Relie image de la famille, au milieu d’une ville si décriée pour ses mœurs, est sans doute ce qui toucha Pétrarque. Ce fut le 6 avril 1327. que Laure apparut pour la première fois au jeune exilé florentin , le vendredi de la semaine sainte, dans une église , entourée , comme il est probable, de son époux et de ses enfants. Dès lors cette noble image de jeune femme lui resta devant l’esprit.

Qti'on ne nous reproche pas comme une digression le peu que nous disons d’une Française qui inspira une si durable passion au plus grand poète du siècle. L'bisloirc des mœurs est surtout celle de la femme. Nous avons parléd’Héloïscet de Beatrix. Laure n’est pas , comme Héloïse , la femme qui aime et se donne. O n’est point la Béalrix de Dante dans laquelle l’idéal domine et qui finit par se confondre avec l’éternelle beauté. Elle ne meurt pas jeune; elle n’a pas la glorieuse transfiguration de la mort. Elle accomplit toute sa destinée sur la terre. Elle est épouse, elle est mère, clic vieillit, toujours adorée 5. Une passion si fidèle et si désintéressée à celte époque de sensualité grossière, méritait bien de rester parmi les plus louchants souvenirs du quatorzième siècle. On aime à voir dans ces temps de mort une àme vivante, un amour vrai et pur, qui suffît à une inspiration de trente années. On rajeunit, à regarder cette belle et immortelle jeunesse d’àmc.

Il la vit pour la dernière fois en septembre 1347.

ipse... in bic civilité (quac malorum tuorura omnium nondicam causa, sed ullicina est), poslquam tibi couvaluisse videbaris... per vicos notos incedeus ac sol A locorum facic admonitos vclerum vanitatum, ad nullius occursum stupuisti , suspirasl i, substitisli, denique vis lacrymas tenuisti, et raox semisaucius fugiens dixisti iccum : Agnosco in hit locis adhuc laterc nescio quas antiqui hostis insidias; reliqui* mol lis hic habitant... Ibid., p. 360. — f'oj. aussi, entre autres ouvrages relatifs A Pétrarque, les Mémoires de l'abbé de Sades, 1’mivrage récent, intitulé, Viaggj di l'ctrarclia, IVxceltent article de la Biographie universelle, par M.Foissrt , etc.

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