I. XII, e. 108, p
5 Chronique en vers de 1341 k 1381, par maftrcGuill. de Saint-André, licencié en décret, scolastique de Dot, notaire apostolique et impérial, ambassadeur, conseiller et secrétaire du duc Jean IV :
Les François csloienl lestonaés,
Kl leurs airs tout efféminés;
A voient beaucoup de perlcries,
Et de nouvelles broderies.
Ils estoient frisquet et mi^notr ,
Chantaient comme des syrenolz ;
F.n salles d'Iierbettes jonchées.
bulle aux soupçons du roi , lui renvoya l'épée de connétable, disant qu'il s’en allait en Espagne, qu'il était aussi connétable de Castille. Les ducs d'Anjou et de Bourbon furent envoyés pour l'apaiser. Charles V sentait bien qu’il ne pouvait rien faire sans lui. Mais le vieux capitaine était trop avisé pour aller se casser la tête contre celte furieuse Bretagne. Il valait mieux pour lui rester brouillé avec le roi , et gagner du temps. Selon toute apparence, il ne consentit pas à reprendre l'épée de connétable. Ce fut comme ami du duc de Bourbon et pour lui faire plaisir, qu'il alla assiéger dans le château de Raudon, près du Puy en Yélay, une compagnie qui désolait le pays. Il y tomba malade, cl y mourut4. On assure que le capitaine de la place, qui avait promis de se rendre daus quinze jours s'il n’clail secouru , tint parole cl vint mettre les clefs sur le lit du mort5. Cela n’est pas invraisemblable. Duguesclin avait été l’honneur des compagnies , le père des soldats ; il faisait leur fortune, il se ruinait pour payer leurs rançons.
Les états de Bretagne négociaient avec le roi de France, le duc avec celui d'Angleterre. Charles V n’ayant voulu entendre à aucun arrangement, les Bretons laissèrent venir l'Anglais. Un frère de Richard II, le comte de Buckingham, fut chargé de conduire une armée en Bretagne, mais en traversant le royaume, par la Picardie, la Champagne, la Beauce, le Blaisois cl le Maine. Charles Y les laissa passer. Le duc de Bourgogne lui demanda en vain la permission de combattre.
Duguesclin était mort le 15 juillet (1380). Le roi mourut le 16 septembre. Ce jour même, il abolit tout impêt non consenti par les étals. C’était revenir au point d’où son règne avait commencé.
Il recommanda aussi en mourant de gagner à tout prix les Bretons *. Il avait déjà ordonné que Duguesclin fût enterré à Saint-Denis, à côté de son tombeau. Son fidèle conseiller, le sire de la Rivière, le fut à ses pieds.
Dansoicnl, porloical barbes fou reliées;
... Les vieux ressembloient aux jeunet;
Et tous prenoient terrible nom,
Pour faire paour aux Bretons.
4 Ab ! doutée France amie, je te loiray briefment !
Or veille Dieu de Gloire, par von commandement ,
Que si bon coneslable aies prochainement
l>e roi vous vaillirs miculx en bonour piaulement!
(Poème de DuGuesclin.m*. de la Rihliot. royale, n* 7224, 142 verso.)
6 l'excellent article Charles V, de M. Laeabanc ( Dicl. de la Conversation ).
6 F roi as., VII. 500.