‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 318 sur 398 · And Océan, ’mid his uproar wild · texte numérisé non relu

And Océan, ’mid his uproar wild

Speaks aafety to his island-child.

v L'Océan qui la garde, en son rauque murmure, dit * amour et salut à son île, A son enfant! • Colcridge.

9 Le sire de Laval dit au duc de Bretagne : « Il n’y n «urnit en Bretagne chevalier ni écuyer, cité, chaste I » ni bonne ville, ni homme nul, qui ne vous hait à » mort, et ne mit peine A vont déshériter. Ni le roi r d’Angleterre ni son conseil ne vous en sauroient nul « gré. Vous voulez vous perdre pour lavie d'un homme.» Froissart, t. X, c. 60, p. 433.

nous chercha de l'occupation en Allemagne. Il y avait force petits princes nécessiteux qu'on pouvait . acheter à bon marché. Le duc de Gueldre, qui avait plus d’un différend avec les maisons de Bourgogne et de Blois, se vendit anx Anglais pour une pension de vingt-quatre mille francs ; il leur lit hom- 1 mage 1 ; et d'autant plus hardi qu'il avait moins à perdre*, il défia majestueusement le roi de France.

Ce duc de Bourgogne fut charmé, pour l’extension de son influence, de faire sentir dans les Pays-Bas et si loin vers le Nord , ce que pesait le grand royaiime.il fit faire contre cet imperceptible duc de Gueldre presque autant d'cflbrls qu’il en aurait fallu pour conquérir l’Angleterre. On rassembla quinze mille hommes d’armes, quatre-vingt mille fantassins 3. La difficulté n’était pas de lever des hommes, mais de les faire arriver jusque-là. Ce duc de Bourgogne, pour qui on faisait la guerre, ne voulut pas que celle grande et dévorante armcc passât par son riche Brabant, dont il allait hériter. Il fallut tourner par les déserts de la Champagne, s'enfoncer dans les Ardennes, par les basses, humides cl boueuses forêts, en suivant, comme on pouvait, les sentiers des chasseurs. Denx mille cinq cents hommes armés de haches allaient devant pour frayer la route, jetaient des ponts, remblaient les marais. La pluie tombait; le pays était triste et monotone. On ne trouvait rien à prendre , personne, pas même d’ennemis. D’ennui et de lassitude, on finit par écouter les princes qui ! intercédaient, l’archevêque de Cologne, l’évêquc de Liège, le duc de Julicrs. Charles VI fut louché ! surtout des prières d’une grande dame du pays, ! qui sc disait éprise d’amour pour l’invincible roi de France4. Sous cc doux patronage, le duc de Gueldre fut reçu à s’excuser; il parla à genoux, et affirma que les défis n’avaieut pas été écrits par lui,

« Rymrr, VIII, 433.

* Et plus à gagner : « Plus est riche et puissaut le I

• duc de Bourgogne , tant y vaut la guerre miculx...

* Pour une bufl'e que je recevrai, j’en donnerai six. « Froissai t , t. XI , fl. 90, p. 173.

3 Ou renvoya, il est vrai, le plus grand nombre comme impropre au service. Ceux qu’on garda n’eurent point à souffrir du manque de vivres. Le même Colin Routard , dont nous avons parlé, pourvut aux approvisionnements. Il envoya ses agents avec cent mille écus d’or sur le Rhin; ils furent partout bien reçus, sur le renom de leur maître. » Ob magistri uolitiam. » Les mariniers du Rhin s'employèrent avec beaucoup de zèle à faire descendre ces provisions jusqu’aux Pays-Bas. Religieux de Saint-Denis , liv. IX, c. 7, p. 532. ^

4 Quod acccptahilius régi fuit, insignis domina muni- ! cipii A maria , casto nmorr succensa , ad cum personalitcr accessit. Religieux de Saint-Denis, ibid., p. 538.— j Y ey les traités originaux des princes des Pays-Bas, et j

que c’étaient scs clercs qui lui avaient jonc ce tour [1388].

Le résultat était grand pour le duc de Bourgogne, petit pour le roi. Deux mots d’excuscs pour payer tant de peines et de dépenses, celait peu. Au reste, les autres expéditions n’avaient pas mieux tourné. La France avait envahi l'Italie, menacé l’Angleterre, louché l'Allemagne. Elle avait fait de grands mouvements , elle avait fatigué cl sué , et il ne lui en restait rien. Elle n’était pas heureuse; rien ne venait à bien. Le roi, gâté de bonne heure par la bataille de Roosebckc, avait cru tout facile,

I et il ne rencontrait que des obstacles *. A qui i pouvait-il s’en prendre , sinon à ceux qui l'avaient i jeté dans les guerres? A ses oncles, qui l’avaient toujours conseillé à son dam et à leur profit.

Les pacifiques conseillers de Charles Y prévalurent à leur tour, le sire de la Rivière, l’cvéque de Laon, Montaigu, et Clisson. Charles VI, tout enfant qu’il était, avait toujours aimé ces hommes. Il avait obtenu de bonne heure que Clisson fût connétable. Il avait sauvé la vie au doux et aimable sire de la Rivière , que les oncles voulaient perdre. La Rivière était l’ami cl le serviteur personnel de Charles Y ; il a été enterré à Saint- Denis, aux pieds de sou maître.

Le roi avait atteint vingt et un ans. Mais les oncles avaient le pouvoir en main. Il fallait de l’adressepour le leur ôter. L'affaire fut bien menée6. Au retour de leur triste expédition de Gueldre, un grand conseil fut assemblé à Reims, dans la salle de l’archevêché. Le roi demanda les moyens de rendre au peuple un peu de repos , et ordonna aux assistants de donner leur avis. Alors l’évèquc de Laon se leva , énuméra doctement toutes les qualités du roi, corporelles et spirituelles, la dignité de sa personne, sa prudence et sa circonspection 7;

leur» excuses au roi. Archives, Trésor des chartes, J,

5 Une expédition, sollicitée par les Génois, et commandée par le duc de Bourbon, alla échouer eu Afrique (1390). Le comte d’Armngtiac , ramassant tous tes soldats qui pillaient la France, passa les Alpes, attaqua les Visconli, et se fit prendre ( 1391 ). Le roi lui-raéme projetait une croisade d'Italie; il aurait établi le jeune Louis d'Anjou à Naples , et terminé le schisme par la prise de Rome.

4 Elle était préparée de langue date. On uc perdait pas une occasion d'indisposer le roi contre ses oncles: u ... Leur eu ay oy aucune foiz tenir leur cousaulz , et dire au roy : Sire, vous n’avez mais à languir que VI ans, et l'autre fois que V ans, et ainsi chascutic année, si comme le temps s'a prochoit... • Instruction de Jean de Berry dans les Analectcs List, de M . le Gla y. Lille, 1 838, p. 159.

7 Rrfulgcns dignitas... vigilantissimus auimus... ntl

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