U VIVE IX. - L'ANGLETERRE. L’ÉTAT. L'ÉGLISE. - AZINCOURT
capitaine, loger «ut logis marque, suus peine d’être emprisonne et de perdre son cheval, elc.
L'année anglaise partit d'HarOeur le 8 octobre. Elle traversa le pays de Gaux. Tout était hostile. Arques tira sur les Anglais ; mais quand ils eurent fait la menace de brûler tout le voisinage, la ville fournit la seule chose qu'on lui demandait, du pain et du vin. Eu fit une furieuse sortie ; même menace, même concession ; du pain , du vin , rien de plus.
Sortis enfin de la Normandie, les Anglais arrivèrent le 13 à Abbeville, comptant passer la Somme à la Blanche-Tache, au lieu même ou Édouard III avait forcé le passage avant la bataille de Crécy. Henri V apprit que le gué était gardé. Des bruits terribles circulaient sur la prodigieuse armée que les Français rassemblaient; le défi chevaleresque du roi d'Angleterre avait provoqué la furie française 1 ; le duc de Lorraine à lui seul amenait, disait-on, cinquante mille hommes *. Le fait est , que quelque diligence que inlt la noblesse, celle surtout du parti d'Orléans, à se rassembler, elle était loin de l'être encore. On crut utile de tromper Henri V, de lui persuader que le passage était impossible. Les Français ne craignaient rien tant que de le voir échapper impunément. Un Gascon, qui appartenait au connétable d'Albret, fut pris, peut-être se fit prendre; meneau roi d'Angleterre, il afiirma que le passage était gardé et infranchissable. «-S'il n'en est ainsi, dit-il. coupez-moi la tête. * On croit lire la scène où le Gascon Mont lue entraîna le roi et le conseil , et le décida à permettre la bataille de Cérisoles.
Retourner ù travers les populations hostiles de la Normandie, c'élait une honte, un danger; forcer le passage du gué était difficile, mais peut-être encore possible. Lefebvre de Saint- Remy dit lui-
1 La noblesse était animée par la honte d'avoir laissé prendre Harflcur. Le Religieux exprime ici avec une extrême amertume le sentiment national : « La noblesse, dit-il, en fut moquée, silïlée. cliatisonnée, tout le jour chez les nations étrangères. Avoir sans résistance laisse le royaume perdre son meilleur et son plus utile port, avoir laissé prendre honteusement ceux qui s’étaient si bien défendus! • Religieux, ms., folio 945, verso.
3 Lettre du gouverneur de Calais Haniolf, au duc de Bedford : Plaise à vostre Seignurie savoir, que par les eiitreveiiaus divers et bonnes amis, repairans en cesle ville et marche, aussi bien hors des parties «te Fraunce, comme de Flaundret , rue soit dit et rapporté piaillement «|ue sans faulte le Roi, nostre Seignur... ara bataille... au pluis tarde, deins quinszc jours... que le duc de Lorenne ait assemblcie... bien einqnunl mille hommes, et que , mes qu'ils soient tous assemblées , ilz ne seront meius de cent mille, ou pluis. Rymer, t. IV, p. I, p. 147, 7 octobre 1413.
* Lorsqu’on voit un de ces Picards, l'historien L«r-