‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 368 sur 398 · MIC RELÛT · texte numérisé non relu

MIC RELÛT

* L'entrée magnifique du vainqueur, au milieu de ses ruines, fit un contraste cruel. L'honnête et humain M. Turner en est lui -mémo blessé. Hisl. of England , t. II, p. 405.

* Monstrclet, t. IV, p. 143.

7 Rymer, t. IV, pars II, p. 99, 15 febr. 1419.

8 Par exemple, en 1415, il engage à l’archevêque de Cantorbéry et aux évêque» de Winchester, etc. ; Exitus et proficus de wardis et maritagiis... ac etiam foris facturas... Id., ibid., pars l , p. 150 , 98 nov.

8 Par exemple, le 94 juillet 1415, le 99 juin 1417. Id., ibid., p. 136; pars II, p. 4.

10 Prndatorum, semper «fri assittentium, ronsilio... Religieux, ms., fol. 199, anno 1418.

" Super spoiisalibus inter Bedfordium etfiliam uni-

«le l’Empire l'encourageait sans doute ; un frère du roi d’Angleterre, celait bien assez pour faire un Empereur; témoin , le frère de Henri III, Richard de Cornouailles. Déjà Henri V marchandait l'hommage des archevêques et autres princes du Rhin.

Autre folie, et plus folle. Il voulait faire adopter son jeune frère, Glocester, à la reine de Naples, et provisoirement se faire donner le port de Brindes et le duché de Calabre *. Brindes était un lieu Rembarquement pour Jérusalem ; l'Italie était pour Henri le chemin de la terre sainte; déjà ses envoyés prenaient des informations en Syrie. En attendant, ce projet lui faisait un ennemi mortel du roi d’Aragon. Alphonse le Magnanime, prétendant à l'adoption de Naples ; il mettait d’accord contre lui les Aragonais 3 cl les Castillans, deux puissances maritimes. Dès lors la Guienne 8 , l’Angleterre même étaient en péril. Naguère, les Castillans conduits par un Normand, amiral de Castille, avaient gagné sur les Anglais une grande bataille navale4. Leurs vaisseaux devaient sans difficulté, ou ravager les eûtes d’Angleterre, ou tout moins aller en Écosse, chercher les Ecossais et les amener comme auxiliaires au Dauphin.

Henri V voyait si peu son danger du côté du Dauphin, de l’Écosse et de l’Espagne, qu’il ne craignit pas de mécontenter leduede Bourgogne. Celuici, misérablement dépendant des Anglais pour les trêves de Flandre , avait essayé de fléchir Henri. Il lui demanda une entrevue, et lui proposa d'epouser une fille de Charles VI , avec la Guienne et la Normandie; mais il voulait encore la Bretagne comme dépendance de la Normandie , et de plus

ram Fr.burgrnvii NurcmburicnMS, filiam unicamducis Lotoringiæ, aliquam consanguineam imperatoris. Rymer, t. IV, pars 11, p. 100, 18 mart. 1419.

1 Cum Jnhanna, rrgina A pale» , de adoptions Joliannisdocis Bedford ix. Dux initiât quinqoaginta milita ducatorum , quousque fortalitia civitatis Brandusii erint ci consigna la... Dux teneatur, tut ra octo menses, venir* persoualiter cum mille hominibus armatis , 2000 sagittarioa. Non intromittet se de régi raine regui, excepte ducatu Calabviœ quem gubernabit ad beneplscitum suum. Rvmcr, t. IV, pars. Il, p. 98, 13 mart.

3 Les Anglais s’étaient fort maladroitement mêlés des affaires intérieures de l'Aragon, dès 1413. Ferreras, t. VI de la trad., p. 190.

5 Lea gens de ilayonne écrivent au roi d'Angleterre que >* un balcnrr armé a pris un clerc du roy de Castille • et qu’on a su par lui que quarante vaisseaux castillans allaient chercher des Écossais en Écosse, les troupes du Dauphin à Bcllc-Isle, et amener toute cette armée devant Bayonne. Rymer, t. IV, pars II, p. 128, 22jul. 1419. Les gens de Bayonne écrivent plus lard

; le Maine, l’Anjou et la Touraine. Le duc de Bour- 1 gogne n'avait pas craint d’amener à celte triste j négociation la jeune princesse, comme pour voir si elle plairait. Elle plut, mais l’Anglais n’en fut pas moins dur, moins insolent; cet homme, qui ordinairement parlait peu et avec mesure , s’oublia jusqu'à dire : « Beau cousin , sachez que nous j aurons la fille de votre roi, et le reste, ou que nous vous mettrons , lui et vous , hors de ce j royaume 6. » •

Le roi d’Angleterre ne voulait pas traiter sérieusement ; et le duc de Bourgogne avait près de lui des gens qui le suppliaient de traiter avec eux . les gens du Dauphin, deux braves qui commandaient ses troupes, Barbazan et Tannegui Duchàtel. Il était bien temps que la France se réconciliât, si près de sa perte. Le parlement de Paris , et celui de Poitiers y travaillaient également; la reine aussi, et plus efficacement, car elle employait près du duc : de Bourgogne, une belle femme, pleine d’esprit et de grâce, qui parla, pleura 6, et trouva moyen de toucher celte âme endurcie.

Le 1 1 juillet , on vit au ponceau de Pouilly ce spectacle singulier : le duc de Bourgogne, au milieu des anciens serviteurs du duc d’Orléans, parmi les frères et les parents des prisonniers d'Azincourl et des égorgés de Paris. Il voulut lui-mèuie s'agenouiller devant le Dauphin. Un traité d’amitié, de secours mutuel, fut signé, subi par les uns et les autres. Il fallait voir aux preuves ce que deviendrait celte amitié entre gens qui avaient de si bonnes raisons de se haïr.

Les Anglais n’étaient pas sans inquiétude7. Sept jours après ce traité, le 18 juillet, Henri V dépécha

que les Aragonais vont se joindre aux Castillans pour assiéger leur ville. Rymer, t. IV, p. II, p. 132, 5 sept.

4 Le Normand Robert de Braquemont, amiral de Castille. Religieux, ms., folio 159. Je reviendrai sur ' cette famille illustre et sur les Béthencourt, alliés et parents des Braquemont, à qui ceux-ci cédèrent leurs droits sur les Canaries, i'oy. Histoire de la conqueste des Canaries, faite par Jean de Béthencourt, escritc du temps même par P. Bon lier et J. Leverrier , près 1res , 1630. Paris, in-12.

8 Monslrelet, t. IV, p. 157.

6 Le bon Religieux de Saint-Denis l’appelle : La retpec table et prudente dame de Giac... folio 137. Ce qui est sûr, c’est qu’elle était fort habile. Sou mari, le sire de Giac, ne devinant pas pourquoi il réussissait dans tout , croyait le devoir au diable, à qui il avait voué une de ses maios.

1 7 Nous ne savons plus, écrivait un agent anglais h

\ Henri V, si nous avons la guerre ou la paix ; mais dans 1 six jours. ..Itis not knowen whethir we shall have werre or pees... But withynne six dayes... Rymer, t. IV, p. II, p. 126, 14 jul. 1419.

Page 1