I.1VRE 11. - LES ALLEMANDS
dit le droit de succéder 1 , ôtant ainsi aux évêques, aux gouverneurs des pays. la puissance tyrannique de faire passer les héritages à qui ils voulaient. Les chrétiens d'Espagne, réfugiés dans les Marches, étaient dépouillés, par les grands et les lieutenants impériaux, des terres que Charlemagne leur avait attribuées; Louis rendit un édit qui confirmait leurs droits J. Il respecta le principe des élections épiscopales, constamment violé par son père : il laissa les Romains élire, sans son autorisation, les papes Étienne IV cl Pascal 1" *.
Ainsi, cet héritage de conquêtes et de violences était tombé aux mains d'un homme simple et juste qui voulait à tout prix réparer. Les barbares qui reconnaissaient sa sainteté se soumettaient à son arbitrage *. Il siégeait au milieu des peuples, comme un père facile et confiant. Il allait réparant, soulageant, restituant; il semblait qu'il eut volontiers restitué l’Empire.
Dans ce jour de restitution, l'Italie réclama aussi. Elle ne voulait rien moins que la liberté R. Les
villes, les évéques, les peuples se liguèrent; sous un prince franc, n’importe. Charlemagne avait fait roi d'Italie, Bernard, le fils de son atné I’epin. Bernard, élève d’Adalhard et Wala, longtemps gouverné par eux dans sa royauté d'Italie, croyait avoir droit à l’empire comme fils de l'aîné.
Cependant , le droit du frère puîné prévaut chez les barbares sur celui du neveu 6. Charlemagne d'ailleurs avait désigné Louis; il avait consulté les grands un à un , et obtenu leurs voix7. Enfin, Bernard lui-méme avait reconnu sou oncle Celui-ci avait pour lui l’usage, la volonté de son père, enfin l’élection.
Aussi, Bernard, abandonné d’une grande partie des siens, fut obligé de s’en remettre aux promesses de l’impératrice Hermcngarde, qui lui oiïrail sa médiation. Il se livra lui-même à Chàlons-sur-Saône, et dénonça tous scs complices, un desquels avait jadis conspiré la mort de Charlemagne *. Bernard et tous les autres lurent condamnés à mort. L'empereur ne pouvait consentir à l’exécution ,<). Hér-
on exigeât du peuple les approvisionnements militaires, 1 qu’on appelle vulgairement foderum. Les gens «le guerre furent mécontents; mais cet homme de miséricorde, 1 considérant et la misère de ceux qui payaient celte taxe, et la cruauté de ceux qui la percevaient , et la perdition des uns et des autres, aima mieux entretenir ses hommes sur 6un bien , que de laisser subsister un : impôt si dur pour ses sujets, A la même époque sa libéralité déchargea les Albigeois d’une contribution de vin et de blé... Tout cela plut tellement, dit-on, au roi { son père, qu'l son exemple il supprima en France l’im- ! pôt des approvisionnements militaires, et ordonna encore beaucoup d'autres réformes, félicitant sou fils de scs heureux progrès. » — f'oy. aussi Thegan. , de gestis, etc.
1 Aslronom.. c. 24. Saxonibus atquc Frisonibus jus paterne biereditalis , quod sub pâtre ob perfidiam legnliter perdideraut, imperatoriâ reslituit clementil... ) Post base easdem génies srinper sibi devotissimas | habuit.
3 Diplnmata Ludov. tmperat., ann. 816, ap. Scr. 1 fr., VI, 480, 487... juberous ut hi, qui vel nostrum vel ; domini et genitoris nnstri praeeptum acciprrc meruc- ! runt, hoc quod ipsi cutn suis hominibus de deserlu excoluerunt, per unstram coucessionem habeaut. Hi verô qui poste! vénérant, et se sut comitibus aut vassis uostris aul paribus suis se commendaverunt , et ab cis terras ad habitandum acceperunt, sub quali convenicu- J «il atquc conditionc acceperunt, tali eas in fuluruin et ipsi possideant, cl suas posteritati dereliuquant, etc.
• Astron., c. 26. Thegan., c. 18, ap. Scr. fr., VI, 77. Baronii annal., p. 630.
* II fut pris pour arbitre entre plusieurs chefs danois qui se disputaient l’héritage de Grxllried, et décida en faveur d’Harold.
N La tentative de Bernard contre 6on oncle, est le