SIMEUT
premier essai de l'Italie pour se délivrer des fcarAarr*.
• Omnrs ci vitales regni et principes I tali. c in Ii.tc ver lia conjuraveruut, sed et omnes aditus, quihtis in Italinm inlralur, posilis ohicibus et cuslodiis obserArunt. — Aslrouom., c. 29. — / «y. aussi Egiuh., Annal., ap. Scr. fr., VI, 177.
* Ils veulent pour roi un homme plutôt qu'un enfant, et ordinairement l'oncle est homme, est utile , comme on disait alors, longtemps avant le neveu.
7 Thegan. ,c. 6. Cùm iutellrxissetappropinquare sibi dicm obitûs suî, vocavit (ilium suum Ludnwicurn ad se cuin omni exercilu, cpiscopis, abhatihus, ducibus, comilibus, loco-positis... iiilcrrogaiis omnes 1 maximo usquè ad minimum, si cis plncui&scl ut nomen suum, id est imperatoris, (iliosuu Ludowico Iradidissct. llli omnes responderuiil Del esse ndmoiiitionem illiusrei. — Il avait aussi consulté Alcuin au tombeau de saint Martin de Tours : « Quo in loco tenens manum Albini, ail sécrété • Domine magister, quem de his tiliis mcis videtur tibi in isto honore quem indigno quanquam dédit mihi Deus, habere me succcssorcm '* At i lie vultum in Ludovicum dirigens, novissimum illorum, sed haraililatc clarissimum , oh quam 1 multis despicabilis notabatui, ail : Uabehis Ludovicum humilem successorem eximium. Acta S3. ord. S. Bened., sec. IV, p. 136.
8 Thegan., c. 12 : Venit Bcrnhardus... et lidelilalcm ei cuni juramento promisit.
* Bgiuh., Annal., ap. Scr. fr., VI, 177. Hujusconjurationis principes... et Reginkariut Meginharii comitis (ilius, cujus matcrnus avus Uardradus olira in Gcrmamâ cuin multis ex cl provinciâ nohilibus contra karolum imperalorem conjuravit.
10 Astron., c. 30. Cum lege judicioque Francurum deberent capital! invcctioue feriri , suppressà Irislion sententià , luminibus orbari consentit , licet multis obiiitriitibus , et adnimndvcrti in cos tolA aevenlalc
incngardc obtint du moins qu'on privât Homard de la vue; mais elle s’y pril de façon qu’il en mourut au bout de trois jours.
[819-20] L'Italie ne remua pas seule ; toutes les nations tributaires avaient pris les armes. LesSlaves du Nord avaient pour appui les Danois ; ceux de la Pannonie comptaient sur les Bulgares; les Basques de la Navarre tendaient la main aux Sarrasins 1 ; les Bretons comptaient sur eux -mêmes. Tous furent réprimes. Les Bretons virent leur pays complètement envahi, peut-être pour la première fois; les Basques furent défaits, et les Sarrasins repoussés; les Slaves vaincus aidèrent contre les Danois : un roi de cesderniers embrassa mêmele christianisme. L’archevêché de Hambourg fut fondé ; la Suède eut un évêque, dépendant de l'archevêque de Reims 3.
Il est vrai que ces premières conquêtes du christianisme ne tinrent pas : le roi chrétien des Danois fut chassé par les siens.
Jusqu'ici le règne de Louis était, il faut le dire , éclatant de force et de justice. Il avait maintenu l'intégrité de l'Empire, étendu son influence. Les barbares craignaient ses armes et vénéraient sa sainteté. Au milieu de ses prospérités, l'âme du saint mollit, et se souvint de l'humanité. Sa femme étant morte, il fit . dit-on, paraître «levant lui les filles des grands de ses États et chtnsilla plus belle3. Judith, fille du comte Wolf, unissait en elle le sang des nations les plus odieuses aux Francs ; sa mère était de Saxe; son père, Wclf, de Bavière, de ce peuple allié des Lombards, et par qui les Slaves et les Avares furent appelés dans l'Empire *. Savante 6, dit l’histoire, et plus qu’il n’eût fallu, elle livra son mari à l’influence des hommes élégants et polis «lu Midi. Louis était déjà favorable aux Aquitains, chez qui il avait été élevé. Bernard, fils de son ancien tuteur, saint Guillaume de Toulouse, devint .
son favori, et encore plus celui de l’impératrice. Belle et dangereuse Eve, elle dégrada, clic perdit son époux.
[822] Depuis cette chute, Louis, plus faible, parce qu’il avait cessé d'être pur, plus homme et plus sensible, parce qu'il n'était plus saint , ouvrit son cœur aux craintes, aux scrupules. Il se sentait diminué, une vertu était sortie de lui. Il commença à se repentir de sa sévérité à l'égard de son neveu Bernard , à l'égard des moines Wala et Adalhard qu’il s’etait pourlant contenté de renvoyer aux devoirs de leur ordre. Il lui fallut soulager son cœur. Il demanda, il obtint d’étre soumis à une pénitence publique. C’était la première fois depuis Théodose qu’on voyait ce grand spectacle de l’humiliation volontaire d’un homme tout-puissant. Les rois Mérovingiens, après les plus grands crimes, se contentent de fimdcr des couvents. La pénitcncede Louis est comme Père nouvelle de la moralité, l'avénemeot de la conscience.
[821-30]Toulcfois l’orgueil brutal des hommes de ce temps rougit pour la royauté, de l’humble aveu qu’elle faisait dosa faiblesse et de son humanité. Il leur sembla que celui qui avait baisse le front devant le prêtre , ne pouvait plus commander aux guerriers. L'Empire cil parut , lui aussi , dégradé, désarmé. Les premiers malheurs q ui commencèrent une dissolution inévitable, furent imputés à la faiblesse d'un roi pénitent. En 820. treize vaisseaux normands coururent trois cents lieues de cAles, et se remplirent de tant de butin, qu'ils furent obligés de relâcher les captifs qu’il avaient faits *. En 824, l’armée des Francs ayant envahi la Navarre, fut battue comme à Ronccvaux. En 829, on craignit que ces Normands, dont les moindres barques étaient si redoutables, n’envahissent par terre, et les peuples reçurent ordre de sc tenir prêts à mar-
Icgali cupicntibus. Tliegan., ibid. 70. Judicium mortaie imperalor excrccic uoluit ; acd consiliarii Bcrnhardum lumiuibus priviruut... Bernhardus okiil. Quod audiens imperalor, magno cum dolorc flevitmullo tempore.
1 Aatron., c. 57. Eginli., Annal., ap. Scr. fr., VI,
3 S. Anscharii vita , ibid., 505. In civitate llammabarg sedem conslituit archiepiscopalem.— Ibid., 300. — Ebo (archiep. Remenais) quenadam... ponlificali insignitum honore, ad partes direxit Suconum, etc.
3 Aatron., c. 80. Undecumquc adductas procerum (ilias inspiciens, Judith... — Thrgan., c. 20. Accepit liliam Welfi ducis, qui erat de nubilissimà slirpe Bavarorum, et nomen Virginia Judith, quæ erat ex parte raatris noLilissimi gcncris Saxonici , ea nique reginam « oustituil.Er.-it cnim pulchra valdè. — L’évêque Friculfe lui écrit : Si agitur de venustate corpori». pulchi itu-
dine superas omnes, quas visus vel anditus nostræ parvitatis comperit, régions. Scr. fr., VI, 355.
* V'otf. plus haut. En outre, ils avaient été alliés de ('Aquitain Hunald.
3 / oy. les épitres dédicatoires du célèbre Raban de Fulde, et de l’cvcque Friculfe. Celui-ci lui écrit : In divinisetlibcralibu8studiis,ut luæ erudilionis cognovi facundiano, obstupni. Script, fr., VI, 355,350. — Walafridi versus, ibid., 208 :
Orjjoni dulcisono pcrcurrit pectine Judith.
O si Sappho IcHjuax, vel no» inviscrcl Holda ,
Ludcrc jànn pedihus...
Quidquid enim lihimet sexfts sulitraxit egesta» ,
Rcddidit ingenii» culta atque cxcrcila vita.
Annal. Met., ibid., 212. Pulchra nimis et sapientiæ floribus optimè instructa.
* Astronom.,c.53.Eginh., Annal., ap.Ser.fr., VI, 180.